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Volailles : Actualité agricole et agroalimentaire des filières poulets, poules pondeuses, canards, dindes, œufs, foie gras dédié

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Huttepain Bretagne veut redorer l’image de la dinde

À l’image d’Erwan Thépault, qui vient d’investir dans un bâtiment de 1 500 m2, Huttepain Bretagne encourage ses éleveurs à produire de la dinde. À travers un dispositif d’aides et des pratiques améliorant le confort de travail.

En organisant une porte ouverte chez Erwan Thépault, Huttepain Bretagne, l’organisation de volaille chair du groupe LDC, veut montrer qu’il est possible de rentabiliser un poulailler neuf en dinde. Âgé de 40 ans, l’éleveur vient de terminer son premier lot, élevé dans le nouveau bâtiment de 1 500 m2, construit fin 2015 à Plougonver, dans les Côtes-d’Armor. Avec un ancien poulailler de 1 000 m2, il totalise 2 500 m2 en dindes. S’y ajoutent deux bâtiments Label en location sur un second site qu’il va prochainement racheter. L’éleveur, motivé et expérimenté en dinde, a dû patienter cinq ans pour que son projet se concrétise. Celui-ci a été mis en suspens pendant deux années, en attendant un contexte plus favorable aux investissements et avant de rejoindre Huttepain Bretagne. « La dinde fait pleinement partie du plan de développement de LDC, aux côtés du poulet lourd et du canard », indique Guénaël Le Sourd, responsable de Huttepain Bretagne. « Pour progresser sur de nouveaux marchés, le groupe investit dans ses outils d’abattage et notamment dans sa filiale bretonne SBV. L’amélioration de la compétitivité nécessite aussi de renouveler le parc avec des bâtiments plus performants. » Le poulailler d’Erwan Thépault rentre dans le cadre d’un nouveau programme avec une ventilation dynamique et une lumière naturelle. Seule l’option sol bétonné n’a pas été retenue pour limiter l’investissement. Destiné à produire essentiellement de la dinde, le bâtiment est néanmoins équipé de matériel mixte. « Nous avons toujours prôné la polyvalence », souligne le directeur. "Cela permet de mieux s’adapter aux fluctuations de marchés (et de casser le microbisme si besoin). »

Équipé pour un démarrage à densité supérieure

Dans ce bâtiment, l’accent a été mis sur l’économie d’énergie et le confort de travail (voir ci-contre), grâce notamment au démarrage à densité supérieure. Les 17 000 dindonneaux du site sont répartis en quatre parcs dans le bâtiment neuf, soit 11,6 têtes par m2. Ils sont démarrés sur une litière de copeaux avec un chauffage en ambiance (une ligne de radiants complétés par deux canons Best). Le transfert d’une partie des mâles et des femelles (engraissement mixte) vers le poulailler de 1 000 m2 est réalisé à 35 jours. « Lors du premier lot, les dindes ont été déplacées à l’aide d’une remorque, précise Erwan, mais j’ai prévu de construire un tunnel de transfert entre les deux poulaillers, distants d’une dizaine de mètres (couloir de 1,2 mètre avec cloisons en bois et toit en plexiglas). » Mâles et femelles sont ensuite engraissés à une densité moyenne de sept dindonneaux par m2. « La baisse des densités est une tendance générale (de 0,5-1 d/m2 en moyenne depuis un an et demi), souligne Guénaël Le Sourd. Dans chaque élevage où elle a été pratiquée, cela a généré de la marge. »

La pailleuse, équipement de base de l’éleveur de dinde

« La pailleuse fait désormais partie de l’équipement de base de tout éleveur de dinde. » Erwan ajoute de la paille broyée au moins deux fois par semaine. Il vient d’investir dans une pailleuse automotrice Dussau pour remplacer un modèle porté avec gros tuyaux de soufflerie. « Je compte passer une heure à chaque paillage (3/4 d’heure pour le bâtiment de 1000 m2), soit un temps de travail et une pénibilité divisés par deux. »

L’éleveur a investi 417 000 euros(1) soit 280 euros par m2, avec un amortissement sur quinze ans. Il a bénéficié de 65 000 euros d’aides à l’investissement (subvention PCAEA, aides « construction » et « dinde » de LDC) ainsi qu’une aide au tonnage de 7,5 euros par tonne de vif pendant cinq ans. Une fois son outil performant bien pris en main, il vise une marge poussin aliment d’au moins 25 euros par m2 et par lot. Il lui reste à optimiser la période de transition de la ventilation progressive à longitudinale, concomitante avec les transferts des dindonneaux et les changements de matériel d’abreuvement.

(1) Dossier d’autorisation compris, hors pailleuse.

Des bandeaux lumineux de chaque côté

Avec une largeur de 17,3 mètres et une longueur de 88 mètres, la coque Le Couillard est entièrement isolée avec 60 millimètres de mousse de polyuréthane. Pour éviter les ponts thermiques, les longrines sont fabriquées à partir d’un composant argileux. Elles sont bordées d’un trottoir bétonné intérieur et extérieur. Les baies lumineuses sont en PVC double vitrage (3 % de la surface au sol). Elles sont occultables par des panneaux extérieurs isolés. Sous concept Tuffigo-Rapidex, la ventilation est de type bilatéral progressif puis longitudinal tout ou rien en seconde phase d’élevage. Au démarrage, l’extraction se fait par cinq ventilateurs Climwell avec système de récupération de chaleur (EC Blue 450 bridés à 4 000 m3/h). Ils sont complétés par deux ventilateurs progressifs VT 360 de 11 000 m3/h, puis par sept turbines en pignon et en mode tout ou rien. La transition de la ventilation Climwell à la ventilation pignon, vers 35 jours, est gérée par une régulation Avitouch. Le bâtiment dispose de trois lignes de mangeoires mixtes Multibeck Le Roy (dont une centrale relevée après le démarrage) et de quatre lignes de pipettes 100 % multidirectionnelles Lubing. Au transfert, elles sont remplacées par des abreuvoirs Plasson. Les deux rangées de luminaires Led sont fournies par l’installateur Élevage service. Deux plateaux de pesée (Tuffigo-Rapidex), deux rampes de brumisation, trois silos Brigant et une caméra 360° complètent le dispositif.

Une aide spécifique « dindes »

Face au déficit de surfaces, le pôle Amont du groupe LDC a mis en place un plan d’actions pour motiver ses éleveurs à produire de la dinde, les novices comme les expérimentés qui ont pu être échaudés par l’espèce par le passé. L’un des volets est surtout destiné aux éleveurs spécialisés en poulets. Il comprend des visites d’abattoirs, la découverte du commerce de la dinde et des visites techniques en élevages.

En plus des aides à l’investissement, intégrées dans le plan de développement 2015-2020 (rénovation, construction et reprise), LDC Amont a mis en place une « aide dinde ». L’objectif est de soutenir les investissements nécessaires pour produire de la dinde (lignes d’alimentation et d’abreuvement polyvalentes, pailleuse…). L’apport est de 20 % du montant investi avec un plafond de quatre euros par m2. En contrepartie, l’éleveur s’engage à élever cinq lots de dindes durant les huit prochaines années.

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