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Grippe aviaire : la lutte préventive monte encore d’un cran en Bretagne, Pays de Loire et Deux Sèvres

  Une instruction technique de la direction générale de l‘alimentation (DGAL) renforce la biosécurité et la surveillance des élevages bretons, ligériens et deux-sévriens vis-à-vis des virus influenza aviaires hautement pathogènes.

Il faut bien plus que des panneaux et chaines pour empêcher les contaminations des élevages par l'avifaune sauvage
© A. Puybasset

Dans une instruction technique à paraitre au Bullletin officiel agricole, et datée du 31 octobre, l’Etat met en place des mesures renforcées pour adapter la prévention et la lutte contre l’influenza aviaire et éviter ainsi le démarrage d’une épizootie.

Pour l’instant, elles ne concernent que la Bretagne, les Pays de la Loire et le département des Deux Sèvres, mais elles augurent de ce qui pourrait s’appliquer ailleurs dans les jours ou semaines à venir.

Interrogée par la DGAL, l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l (alimentation (Anses) considère comme probable en Bretagne la contamination par H5N1 de l’avifaune sauvage résidente, laquelle pourrait constituer un réservoir permanent.  Cette même avifaune sauvage porteuse de virus circule intensément dans les Pays de la Loire, avec le risque d’épizootie en cas d’extension des foyers détectés dans les zones denses en élevages (Zones à risques de diffusion : ZRD).

Des mesures de routine

Déjà placées en Zones de contrôle temporaire faune sauvage (ZCT FS), la Bretagne, les Pays de la Loire et les deux Sèvres le resteront tant que l’avifaune présentera un risque d’introduction en élevage. Autant dire plusieurs mois ...

Le statut ZCT FS signifie que les mises en place de volailles ne sont possibles que dans des élevages adhérant à la charte sanitaire salmonelles (filière ponte et reproducteurs) ou ayant un audit biosécurité favorable (élevages de chair).

D’autre part, les élevages de palmipèdes sont soumis à deux autocontrôles hebdomadaires (écouvillons et chiffonnette) ; ainsi qu’à l’autocontrôle avant mouvement dans les 48 h précédentes.

Des mesures en cas de suspicion ou foyer

En cas de suspicion, une zone réglementée temporaire (ZRT) est établie sur un rayon minimal de 3 km. Tous les mouvements d’animaux et de produits sont interdits et aucun animal ne peut être mis à mort.

En cas de confirmation, la ZRT devient une zone réglementée : Zone de protection sur 3 km et Zone de surveillance sur 10 km, durant 3 semaines en ZP et 4 semaines en ZS. La biosécurité est renforcée avec des autocontrôles 2 fois par semaine en palmipèdes (écouvillons cloacaux sur cadavres, chiffonnette sèche) et reproducteurs (écouvillons cloacaux et trachéaux sur vivants et morts, prises de sang, chiffonnettes à chaque collecte d’œuf). Les mises en place sont interdites, ainsi que la sortie d’animaux des élevages sauf dérogations. Le vide sanitaire sera à prolonger de 3 semaines après la levée des zones réglementées. Les activités cynégétiques (transport d’appelants, transport et chasse de gibier) sont interdites.

Fait nouveau, un dépeuplement préventif, ou une réforme anticipée, est appliqué pour les lots situés autour des foyers (sauf les reproducteurs), lorsque ces derniers se trouvent en ZRD ou à moins de 30 km d’une ZRD.

Toutes les espèces sont abattues dans le rayon de 1 km ; seulement les dindes et les palmipèdes entre 1 et 3 km ; entre 3 à 10 km les palmipèdes sont réformés par anticipation et les dindes sous réserve. Dans tous les cas, l’enlèvement est réalisé en une seule fois.

Appliqué avant de connaître le statut sanitaire des lots vis-à-vis des virus H5, le dépeuplement préventif aura un fort effet " dédensificateur "propice à la réduction du risque d’emballement épidémique. A condition qu’il soit réalisé rapidement, avec des moyens humains et matériels adaptés aux circonstances.

 

Obligation de surveillance dès 250 volailles

Un arrêté paru au Journal officiel le 29 octobre  élargit la surveillance liée à l’influenza aviaire aux élevages de 250 volailles, contre 1000 précédemment. Les trois nouveaux critères d’alerte devant inciter à faire une déclaration au vétérinaire sanitaire sont introduits. Il s’agit de :

  • La multiplication par trois de la mortalité quotidienne normale ;

  • La baisse de la consommation quotidienne d’eau ou d’aliment de plus de 25% ;

  • Toute chute de ponte de plus de 15% sur une journée ou de plus de 5% par jour pendant trois jours consécutifs

En cas de risque « modéré », cet arrêté étend aussi à ces petits élevages situés dans les bassins d’élevage les plus denses (zones à risque de diffusion) les mesures de biosécurité renforcées déjà appliquées dans les zones humides propices aux oiseaux migrateurs (zones à risque particulier). Notamment l’obligation de mise à l’abri des volailles.

L’arrêté permet le transport et le lâcher des gibiers à plumes (après analyse clinique et dépistage sérologique) en cas de risque « modéré » ou « élevé », alors qu’ils étaient auparavant interdits.

 

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