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Des parcours de canards gras avec agroforesterie et culture de maïs

Rémy Poey ne voit que du positif à combiner sur ses parcours, l’élevage de canards prêts à gaver et la production de bois énergie et de maïs.

À Ozenx-Montestrucq dans les Pyrénées-Atlantiques, Rémy Poey élève, depuis 2010, 25 000 canards prêts à gaver label rouge par an. Après le démarrage en canetonière, les palmipèdes sont transférés sur un site comprenant deux tunnels de 300 m2 avec chacun deux parcours : trois d’entre eux servent également à la culture de maïs tandis que le quatrième est aménagé dans un bois naturel, soit 7,2 ha au total. L’éleveur a su tirer parti de la géographie du site et ne voit que des points positifs à ces aménagements. Exposé sud, l’élevage se situe sur une colline, sous des bois le protégeant des vents dominants. Les parcelles en légère pente se trouvent sur une terre assez caillouteuse qui ressuie bien. Au départ, le site ne comprenait que trois parcours de prairies de 1,85 ha, tous exposés est et découpés dans le sens de la longueur. « Les canards n’utilisant qu’à peine la moitié du parcours, le fond était vite envahi d’herbes et demandait de l’entretien. D’où l’idée d’y implanter du maïs à chaque printemps. L’intérêt est d’avoir deux productions sur une même parcelle, et à moindre coût », explique l’éleveur, qui dispose de dix ans de recul. « Aujourd’hui je n’apporte pratiquement plus de fertilisant, le sol est plus facile à travailler, le maïs est plus beau. Et surtout, cette culture apporte de l’ombre aux canards durant les chaleurs d’été."

80 % de surfaces ombragées l’été

C’est ce qui a amené l’éleveur à créer en 2015 un parcours supplémentaire, de 1,73 ha, dans le bois jouxtant l’un des tunnels. Exposé plein sud, il a été aménagé dans une forêt naturelle, composée majoritairement de châtaigniers et de chênes. « Il a été préalablement nettoyé des arbres morts. Certains arbres ont été abattus afin de créer des zones de friches mieux ensoleillées, pour favoriser la pousse d’herbe. » Mis en vide sanitaire pendant les mois d’hiver, ce parcours est accessible durant les bandes de printemps et d’été. « L’endroit est visiblement très apprécié pendant les périodes de chaleur, les canards y cherchent de l’ombre. Ils se regroupent dans les zones ensoleillées en début de matinée puis vont au frais sous les arbres dès la montée des températures. » L’impact sur le bien-être animal mesuré par la méthode Ebene confirme que les parcours bois et maïs favorisent les déplacements. Lors des observations, il n’y avait pas d’animaux à l’intérieur des cabanes et leur répartition sur le parcours était homogène. En été, la zone ombragée représente 80 % de la surface de parcours. En plus du bien-être animal, l’agroforesterie a un impact positif sur la biodiversité animale et végétale. Pour l’éleveur, il contribue à améliorer les performances des lots d’été. « Quand il fait chaud, j’ai moins de difficultés à faire manger les canards en agroforesterie que sur les parcours de maïs. Ils poussent plus vite et sont mieux emplumés », a remarqué l’éleveur. « La configuration idéale serait d’avoir deux parcours d’été en agroforesterie et deux parcours d’hiver sur prairie (et culture de maïs). »

Le temps de travail et les ressources mesurées

Le temps annuel passé à l’entretien des parcours (hors récolte, coupe et taille) est de 6 h pour la parcelle de bois et de 3 h par parcelle de maïs. Toutes sont réensemencées après chaque lot pour ne pas avoir de sol nu. Lors du semis de maïs, une clôture est installée pour protéger les plans des canards. Elle est retirée dès que le maïs atteint le stade 10 feuilles. Le rendement des parcelles de maïs est en moyenne de 130 q/ha soit une valorisation économique de 390 €/ha. Une partie du maïs est autoconsommée par les canards. La production en bois énergie est de 2,9 stères/ha.

Pour Nelly Tescari, du Cepso, qui a suivi l’élevage dans le cadre du projet Bouquet, l’agroforesterie en élevage de canards à de multiples atouts et mériterait d’être davantage déployée. « Elle est très valorisante, pour l’éleveur mais aussi pour l’image de la production. »

D’ici l’été, l’élevage de palmipèdes de Rémy Poey sera agrandi pour passer en bande unique avec une nouvelle canetonière et quatre parcours supplémentaires. Il n’y aura pas d’agroforesterie, le site ne s’y prêtant pas, mais l’éleveur y plantera assurément des arbres isolés pour garder le bénéfice des zones d’ombrage pour les canards.

 

Les principaux services rendus par les parcours

Protection contre le vent et le soleil

Production de ressources et de valeur

Biodiversité animale

Stockage de carbone

Surfaces d’intérêt écologique (indice élevée pour le bois : forte densité d’habitat)

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