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Volailles : Actualité agricole et agroalimentaire des filières poulets, poules pondeuses, canards, dindes, œufs, foie gras dédié

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Dans la Drôme, après leur père producteur en label rouge, deux frères s’installent en poulet standard.

Jeunes agriculteurs, Cyril et Maxime Dochier ont inauguré à Crépol, le 20 septembre dernier, leurs deux nouveaux bâtiments de 2 000 m² chacun, destinés à élever des poulets standard.

Fils d’agriculteur éleveur, Maxime et Cyril Dochier se sont installés en février dernier en tant qu’éleveurs de volailles de chair sur les terres de leur père, Franck. Ce dernier, agriculteur depuis 1980 sur la commune drômoise de Crépol, gère aussi trois bâtiments de poulets label rouge depuis le début des années 2000. L’exploitation en l’état ne permettant pas d’assurer le revenu de trois personnes, les deux frères ont souhaité créer un nouveau site d’élevage à proximité, en construisant deux bâtiments. Après un bac pro (conduite et gestion de l’exploitation agricole) et un BTS Acse, Cyril Dochier, 32 ans, a été salarié de l’EARL de La Limone, dirigée par son père. « À ce moment-là, nous avons porté une réflexion sur le développement de notre activité afin de rendre pérenne l’exploitation pour deux personnes, détaille Cyril. Puis Maxime nous a rejoints en cours de route. Il s’est avéré plus intéressant de s’installer, chacun en nom propre, sur une nouvelle exploitation avec chacun un bâtiment », explique-t-il.

Trois ans pour mener le projet à son terme

C’est en cours du projet que Maxime a été séduit par l’élevage avicole. Après un bac STAV au lycée agricole de Valence et des études à l’Isara de Lyon, le jeune ingénieur agronome a travaillé pour la coopérative agricole Valsoleil. Il était notamment en charge du suivi des résultats technico-économiques des éleveurs de volailles. Et depuis 2015, Maxime était commercial pour la société Sobac (Solutions agronomiques pour le développement des techniques de fertilisation en adéquation avec l’environnement). « À force d’être en contact avec des éleveurs, des agriculteurs, j’ai pris du recul sur la production, la transformation et la commercialisation », raconte le nouvel éleveur, âgé de 28 ans.
Les frères Dochier se sont tournés vers l’élevage de poulets standard destinés à l’abattoir Royal Bernard Dauphiné, en contractualisation avec Valsoleil. « Vu les volumes produits, les revenus sont plus intéressants en standard qu’en label rouge et le métier un petit peu plus technique », avoue Maxime. Après trois ans de réflexion, de démarches administratives et d’enquête publique, puis de travaux, les deux bâtiments d’élevage, de 2 000 m² chacun, sont sortis de terre en février 2019 pour un investissement global de 1,65 million d’euros (1) hors photovoltaïque.

Quarante-quatre mille poulets par bâtiment

Ces bâtiments au sol bétonné — construits par BFC Constructions sur un concept C-Lines et équipés en Big Dutchman par AS Élevage — peuvent accueillir jusqu’à 44 000 poulets standard chacun. La ventilation Big Dutchman est bien entendu dynamique, en mode transversal ou longitudinal, et automatisée. Cela facilite leur quotidien et octroie un rythme de vie agréable. « C’est dans l’ère du temps ! Des capteurs sont reliés à l’ordinateur ou au téléphone, afin de nous permettre de prendre des décisions plus rapidement. » De plus, les trois silos d’aliment de chaque poulailler sont équipés d’un système de pesage. « Cela nous apporte un gain de temps et de la flexibilité », souligne Cyril Dochier. Pour la fourniture de litière, les frères s’appuient sur les terres paternelles cultivées par les deux entités. Un essai est en cours avec l’Itavi Sud sur des bouchons composés de paille broyée finement. « Même si cela a un surcoût, le but est d’améliorer les taux de pododermatites », précise Cyril Dochier. Les effluents sont totalement valorisés sous forme de compost obtenu après l’avoir ensemencé d’un complexe bactérien et épandu sur les parcelles des trois éleveurs. Cette mutualisation des moyens et des compétences (matériel et salarié en commun) permet à la famille Dochier, père et fils de s’y retrouver financièrement. À cette double construction s’ajoutent un hangar de 1 200 m² abritant une chaufferie double (gaz et bois), un espace de stockage de la biomasse (bois pour alimenter la chaudière et paille) et supportant une installation photovoltaïque de 100 kWc.

(1) Sans le hangar qui est loué et les panneaux photovoltaïques.

« Ce que nous recherchons, c’est la performance »

Environnement et bien-être animal, un duo gagnant

Éleveurs depuis le début de l’année 2019, Cyril et Maxime Dochier ont fait le pari de conjuguer le bien-être animal avec le respect de l’environnement. Dans le local technique figurent deux petites chaudières au gaz (Atlantic Guillot de 190 kW chacune), qui viennent en appoint d’une chaudière à bois de 300 kW de marque Pelletech. « Notre objectif était d’être autonome en énergie. Nous avons des parcelles de bois que nous pouvons valoriser. Avec la hausse des tarifs du gaz, nous devions trouver des solutions plus durables. De plus, ce système de chauffage est plus homogène, ce qui est positif pour le bien-être animal », note Cyril Dochier. Ce système de chauffage, c’est en réalité l’installation d’une chaudière biomasse de 300 kW. De là partent 700 mètres de réseaux d’eau chaude vers les quatre aérothermes (marque Multiheat) installés dans la ligne centrale de chaque bâtiment. Ces derniers diffusent de la chaleur par échange eau/air et contribuent à l’amélioration de la santé animale. Un aspect non négligeable pour les éleveurs, qui ont également une sonde à CO2 pour mieux gérer la ventilation. « Ce que nous recherchons, c’est la performance », conclut l’aîné de la fratrie.

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