Coup de chaleur « J’ai l’esprit plus tranquille avec les panneaux pad cooling installés dans mes bâtiments de poulets »
Pour faire face aux épisodes de fortes chaleurs, Florian Aymard, éleveur de poulets dans la Drôme, a équipé ses deux bâtiments neufs d’un système pad cooling. Il ne constate pas de baisse de performance entre les lots d’été et d’hiver.
Pour faire face aux épisodes de fortes chaleurs, Florian Aymard, éleveur de poulets dans la Drôme, a équipé ses deux bâtiments neufs d’un système pad cooling. Il ne constate pas de baisse de performance entre les lots d’été et d’hiver.
« Dès 2018, lorsque je me suis installé pour mon premier bâtiment je n’ai pas hésité entre les panneaux pad cooling et la brumisation. Dans notre région, les périodes de hautes températures de 38 à 44 degrés durant plusieurs jours se sont multipliées ces dernières années. Nous sommes obligés de prévoir un système de refroidissement. L’expérience de mon grand-père qui vendait des bâtiments d’élevage en Afrique, équipés de panneaux pad cooling, a pesé dans ma décision. Il a pu constater que c’était efficace dans des pays où ces équipements fonctionnaient jusqu’à six mois par an », explique Florian Aymard, éleveur à Soyans dans la Drôme avec un atelier de deux poulaillers abritant 39 000 et 36 000 poulets Ross 308 sous la marque « poulets du quotidien ».
Quatre ans plus tard, lorsqu’il a construit son second bâtiment de 1 800 m², il a investi dans le même équipement. Le coût du système pad cooling s’est élevé à 25 000 euros, pour un investissement global de 500 000 euros (278 euros par m2). La circulation de l’air est réglée par une ventilation dynamique longitudinale avec extraction au pignon. « Il faut adapter la structure du bâtiment pour fixer à l’extérieur les modules de carton face aux entrées d’air sur 60 % de la longueur. Les panneaux pad cooling occupent une place importante sur la façade. De ce fait, il est plus compliqué de faire entrer de la lumière naturelle dans le bâtiment », précise Florian Aymard.
Pas de modification de la conduite du lot
L’élément décisif en faveur du système pad cooling pour Florian Aymard est de lui permettre de conserver sa tranquillité d’esprit lors des coups de chaleur. « L’avantage est de me permettre de ne rien modifier à la conduite d’élevage. On met les poulets dans l’obscurité l’après-midi, c’est tout. Depuis 2018, deux fois par an le système pad cooling fonctionne pour des lots entre 25-28 jours et 35 jours. Je le mets en route avant la période de chaleur afin de maintenir la température. Le flux d’air et la température sont ensuite gérés automatiquement. Nous ne descendons pas en dessous de 28-30°C sachant que le flux d’air ventilé qui passe au-dessus des animaux est ressenti à 26-27°. Et c’est ce ressenti qui compte », explique l’éleveur.
Il a appris aussi que si le bâtiment est refroidi trop vite, l’air est chargé en eau et peut détériorer la litière. En 2018, il a fallu du temps avec le premier lot pour adapter les réglages d’hygrométrie et de température à la qualité de l’air locale et au site. Depuis, une routine s’est installée. Florian Aymard est catégorique : « les animaux ne ressentent pas la chaleur extérieure, et j’ai pu vérifier qu’il n’y a pas de baisse de performance entre les lots d’été et d’hiver. »
Un coût de fonctionnement inférieur
Enfin, autre avantage comparé entre panneaux et brumisation : le coût de fonctionnement. Celui du système pad cooling dépend essentiellement de la consommation d’eau soit 7 à 8 m³ par jour et par bâtiment (volume équivalent pour la brumisation). Si le réglage est bon, il y a peu de retours d’eau, qui est de plus récupérée et recyclée. Quant à la consommation électrique pour les pompes à eau qui ne génèrent pas de pression, elle est très faible, à la différence de ce qui est nécessaire pour la brumisation.
Le choix de l’éleveur n’a pas encore fait école dans la région. Toutefois, Sylvain Vérité, responsable technique volailles de chair pour la coopérative Valsoleil et Marius, qui a soutenu la démarche de l’éleveur, encourage les investisseurs à opter pour les panneaux pad cooling. Dans la vallée de la Drôme, six bâtiments d’élevage de volailles de chair en sont désormais équipés. « Actuellement, le montant de l’investissement pour la brumisation ou le système pad cooling est quasiment équivalent. Dans notre région où nous connaissons généralement une chaleur sèche, les panneaux évaporant sont efficaces. L’entretien est minimal, un nettoyage des cartons par an, une mise hors gel des pompes pour l’hiver et l’on sait que les panneaux sont renouvelés tous les sept à huit ans en Afrique. Ici leur durée de vie est plus importante s’il n’y a pas d’attaque de rongeurs. »
Dans cette région, Sylvain Vérité note qu’il n’y a plus que trois ou quatre bâtiments sans système de refroidissement. Quant aux autres équipés de brumisation, il souligne quelques difficultés : « l’entretien des circuits avec une eau calcaire est difficile, on ajoute des compléments dans l’eau de boisson, les volailles passent plus de temps dans le noir, et certains lots ont pu connaître des étouffements ; même s’il n’y a pas de mortalité on constate une perte sur la prise de poids lors des coups de chaleur ».
À retenir
Le système pad colling est composé d’un panneau évaporant en feuilles de cellulose ondulées et collées ensemble. Il doit être placé aux entrées d’air. Une circulation d’eau par gravité est créée dans les panneaux. L’air chaud et sec venu de l’extérieur en traversant est redistribué en air froid et humide à l’intérieur du bâtiment d’élevage.