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Avec son pseudonyme « Jolies Rousses », la productrice d’œufs Lucie Gantier communique sur les réseaux sociaux

Nouvelle éleveuse de poules pondeuses en plein air, Lucie Gantier communique sur les réseaux sociaux afin d’échanger avec d’autres éleveurs et parler de son métier au quotidien.

« Au départ, j’étais plutôt « papier-crayon », raconte Lucie Gantier, 31 ans, éleveuse de poules pondeuses plein-air en Vendée. Puis, j’ai découvert le numérique et les réseaux sociaux. Aujourd’hui, je prends beaucoup de plaisir à y montrer mes poules et à parler de mon métier. » Installée en œuf de consommation depuis août 2019, avec son conjoint céréalier, Lucie explique son cheminement. Elle a passé un BEP en Maison familiale rurale (MFR), puis un Bac littéraire option Arts plastiques, une licence de philosophie, un master d’enseignement et un autre en ingénierie de la formation. Ce parcours achevé, un enseignant de la MFR où elle avait étudié lui propose un poste. Pendant cinq ans, elle y enseigne le français, la biologie, la cuisine, la communication… « Mon travail me plaisait. Et comme je suivais des élèves en formations agricoles, j’ai visité beaucoup d’exploitations et rencontré des agriculteurs formidables. » C’est aussi à la MFR qu’elle découvre l’intérêt des réseaux sociaux au plan professionnel. « C’est le collègue qui m’avait recrutée qui m’y a formée ! Tous les moniteurs devaient avoir un compte Twitter. Je tenais aussi un blog de classe pour mettre en valeur les élèves et les faire collaborer. » Elle participe également à une expérimentation nationale sur une plate-forme numérique du réseau MFR. Toutefois en 2018 la naissance de sa fille la décide à changer de métier pour avoir plus de temps. Elle choisit de s’installer en volaille. « J’aurais aimé faire de la volaille de chair label rouge, Mais l’exploitation était hors zone de reconnaissance. En revanche, quand j’ai découvert les pondeuses, ça a été une révélation ! »

Sa chaîne YouTube « Plein les Y’œufs »

Depuis le mois d’août 2019, Lucie Gantier élève des poules pondeuses en mode plein-air avec l’organisation vendéenne Volinéo. Ses 15 000 poules l’occupent de 7 h 30 à 13 h. Et elle a ses après-midi pour faire autre chose. Dès le début, elle a commencé à communiquer sur les réseaux sociaux. « Je n’imaginais pas m’isoler et ne plus parler qu’à mes poules ! J’ai besoin d’échanger, de voir ce que pensent les autres éleveurs, de partager ce que je vis au quotidien. » Elle s’est créé un compte Twitter – @JoliesRousses – sur lequel elle poste des photos, de courtes vidéos, échange des idées. « Twitter est un très bon réseau professionnel. On y apprend beaucoup de choses sur la filière. Et on peut échanger avec des éleveurs de toute la France. » À l’image de ce qui s’est fait en porc, elle a été sollicitée par des éleveurs pour lancer un « #jeudiphoto #MesPoulesEtMoi », une journée où les éleveurs peuvent poster une photo d’eux avec leurs poules. « Plusieurs éleveurs ont posté des photos qui ont été très regardées. »

 

 
À l’automne, elle a aussi créé sa chaîne YouTube « Plein les Y’œufs ». « La vidéo où j’annonçais le lancement avait déjà 1 100 vues mi-décembre. Il y a des attentes, car il y a peu de communication sur l’élevage des volailles. » La deuxième, qui porte sur le bien-être animal, a eu plus de 600 vues en trois jours. « Je ne montre que du factuel, les poules, les pondoirs, les caillebotis, l’automatisation qui répond aux besoins des animaux, les xylophones métalliques (1) pour éviter le picage. Je filme aussi à l’intérieur car je ne veux rien cacher, sauf ce qui n’a pas d’intérêt comme l’infirmerie. C’est un peu compliqué de se voir en vidéo, mais on s’y habitue ! » Lucie a aussi un blog où elle met des mots sur ce qu’elle vit et ressent. Elle poste parfois des photos sur Instagram. Elle n’a par contre pas de compte Facebook, « trop voyeuriste et inadapté au monde professionnel ».

 

Connaître les codes des réseaux sociaux

« Chaque réseau a son public et ses codes, explique Lucie. Twitter est très professionnel. Instagram montre de belles photos et permet de toucher les jeunes. Les vidéos attirent beaucoup de vues et nécessitent du rythme. » Selon elle, il y a tout intérêt à communiquer sur les réseaux sociaux. « Mon but n’est pas de répondre aux attaques, mais de montrer la réalité de façon positive. » Jusqu’à présent, elle a eu beaucoup plus de retours positifs que négatifs. « Twitter peut être très violent. J’ai été plutôt préservée, peut-être grâce au plein air, qui est la première revendication des animalistes. Le tweet avec les xylophones m’a quand même attiré quelques retours haineux de végans revendiqués comme tels. J’ai bloqué leurs comptes. Mon objectif n’est pas de convaincre les antiélevages, mais d’être transparente avec les consommateurs. » Elle est consciente qu’elle doit être prudente, parce que la communication de la filière volaille sur les réseaux sociaux est peu développée et parce qu’elle est nouvelle dans la profession. « Mon plus grand regret serait d’être en contradiction avec la filière. Je prends donc tous les avis. Les premiers retours sont positifs. D’autres éleveurs, notamment en canard, se disent désormais plus disposés à communiquer. Tout le monde peut filmer avec un smartphone qui fait le montage ou poster des photos. »

(1) Le xylophone est en bois (du grec xylos = bois). Celui avec des lames en métal est un « glockenspiel ».

« Mon but n’est pas de répondre aux attaques »

"Projet en bio mais installation en plein air "

 

 
Installée en partenariat avec la coopérative Cavac et son OP Volinéo, Lucie Gantier élève 15 000 pondeuses avec un bâtiment type Louisiane de 2000 m² et 6 ha de parcours. « En 2018, mon projet était d’être en bio, mais pendant l’été, le marché bio s’est rétracté. Comme le bâtiment prévu répondait au cahier des charges plein-air, j’ai pu évoluer sur le plein-air. La seule différence est que j’ai 15 000 poules au lieu de 9000. La surface de parcours a été agrandie, la partie accessible étant de 4 m2 par poule dans les deux cas. J’utilise la même prophylaxie qu’en bio. J’ai aménagé l’intérieur (séparations, pondoirs cloisonnés) et le parcours pour avoir quatre lots, ce qui fait que je pourrais facilement passer en bio. De plus petits lots permettent une observation plus fine, limitent les mouvements de panique et les effets de domination. J’ai aussi instauré des repas d’homogénéité, avec un rappel 30 minutes après le repas principal qui permet aux dominées de manger. J’ai ainsi une bonne homogénéité. » Globalement, l’éleveuse a obtenu un taux de ponte de 94 % entre début septembre et mi-décembre, avec moins de 1 % de mortalité.

 

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