« Avec mon matériel, je gagne du temps et j’améliore mon confort de travail »
Aidé de son père ancien menuisier, l’éleveur Stéphane Barré utilise un ensemble de matériel astucieux pour élever ses poulets de chair en Bretagne dans le Finistère.
Aidé de son père ancien menuisier, l’éleveur Stéphane Barré utilise un ensemble de matériel astucieux pour élever ses poulets de chair en Bretagne dans le Finistère.
Seul à la tête de son élevage de 3 600 m² de poulets lourds Princior sur un site de trois bâtiments, Stéphane Barré a mis en place tout un arsenal de matériel pour gagner du temps et soulager les efforts physiques. Le caisson réfrigéré attenant au bâtiment améliore la gestion des animaux morts ; le godet pailleur et la brouette distributrice, l’astreinte de la litière ; le container à poussins et la distributrice d’aliment sur papier, le temps de mises en place… « La réflexion et la mise en œuvre de ces outils – l’installation du caisson froid, l’adaptation de la distributrice de papier et d’aliment sur mon tracteur-tondeuse autoporté et plein de petites astuces qui facilitent la vie, ont été réalisées avec l’aide de mon père ancien menuisier – charpentier à la retraite », précise Stéphane Barré.
Moins de manipulations avec la trappe à cadavres
L’éleveur a recherché une solution pour réduire la pénibilité du ramassage des cadavres et les transferts entre le bâtiment, le sas et le bac d’équarrissage. « Avant j’avais beaucoup de manutention car les seaux restent dans le bâtiment. Je devais transférer les animaux dans les seaux au niveau du sas avant de les décharger dans le bac d’équarrissage. » Pour remédier à cela, l’éleveur repère sur internet une chambre froide équipée d’une trappe sur le dessus et pouvant contenir le bac d’équarrissage. Dans le bâtiment au milieu de la zone des mâles, une porte transformée en fenêtre PVC isolée ouvre sur la trappe. Les cadavres ramassés avec une pince tombent du seau dans le bac placé à 4°C dans le caisson réfrigéré attenant au bâtiment. Testé depuis 2023, l’éleveur veut en équiper ses deux autres bâtiments. « Je n’ai plus de seaux à porter, plus de poids sur les épaules et ni les transferts à réaliser. En plus, l’hygiène et le sanitaire sont meilleurs », conclut l’éleveur, prêt à débourser 8 000 à 10 000 euros par caisson réfrigéré par bâtiment.
Une litière rapidement installée
Afin de réduire le temps consacré à la litière, Stéphane Barré a rapidement opté pour des dalles bétonnées dans chacun des trois bâtiments et investit dans un godet pailleur neuf AG Dispenser FS200 d’un montant de 5 000 euros à l’époque. La primolitère se compose de sciure : l’équivalent de quatre godets de 2 m3 par bâtiment (1 kg/m²) est apporté. « J’ajoute un godet en plus, une fois les femelles parties », précise l’éleveur qui s’est équipé également d’une brouette distributrice par bâtiment de marque La Buvette pour le paillage des lots en cours. Il distribue de la miette de bois sous la ligne de pipettes tous les jours entre le douzième et le vingt-septième jour soit l’ajout de 1,5 kg par mètre carré en hiver (deux demi-lignes par jour). « L’ajout de litière est plus physique en présence des animaux. Avec la brouette, le paillage est régulier et me prend 10 minutes par bâtiment. »
Le container à poussins réduit la main-d’œuvre
L’achat d’un container en 2022 a profondément modifié le travail de mise en place des lots de poussins. Au début, 250 caisses de 100 poussins par bâtiment étaient déchargées à la main, soit un total de 750 caisses à chaque mise en place. « Cela demandait la présence de 5 à 6 personnes travaillant 45 minutes à une heure par bâtiment. C’était contraignant », reconnaît Stéphane Barré. Puis l’usage de chariots après le passage en dalle bétonnée a réduit la main-d’œuvre « mais il y avait encore beaucoup de manutention de caisses ». Depuis trois ans, le container à poussins transporte jusqu’à 20 000 poussins et la mise en place ne dure que 40 minutes par bâtiment à deux personnes. « Le travail se fait sans effort et sans mal de dos, tout en préservant les poussins », décrit l’éleveur satisfait, et ce, pour un montant investi de 5 000 euros. En amont, l’éleveur a aussi bricolé une distributrice d’aliment sur papier à partir d’un tracteur tondeuse autoporté. Ainsi la trémie de 200 kg dépose sur le papier biodégradable les 600 kg d’aliment avec régularité. Simple et efficace, il ne faut plus que 40 minutes par bâtiment avec ce système conçu à moindre coût, au lieu d’une journée à deux personnes pour une distribution à la main.
Bien gérer sa litière fait gagner du temps
Améliorer l’état de la litière permet d’en réduire la quantité et donc le travail au quotidien. C’est ce que le groupement Gaévol et Sanders Bretagne conseillent à leurs éleveurs. « Nous ne voulons pas qu’un éleveur arrête après dix ans à cause de la pénibilité de son travail. Et puis, c’est un métier où beaucoup de femmes sont présentes », explique Vincent Hillaireau de Sanders Bretagne. « Déjà il vaut mieux installer une dalle bétonnée, changer les pipettes (bas débit) et régler la ventilation ». Pour Thibaud Nicolas, il n’y a pas d’intérêt à mettre trop de litière, « les animaux ne travaillent pas plus et on isole aussi bien. » Enfin le système de chauffage a son importance. Les aérothermes sont conseillés pour leur chaleur modérée et bien diffusée à 360 ° dans le bâtiment diminuant l’humidité. « Entre le gain en quantité de litière et la moindre pénibilité, en dix ans, le surcoût des aérothermes est compensé », estime le technicien. L’amélioration du bien-être des éleveurs fait partie de la démarche RSE de Sanders Bretagne avec le bien-être des animaux et la décarbonation.