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Vignes en pente : le robot Black Shire peut travailler jusqu’à 58 % de pente

Commercialisé depuis deux ans en Italie, le robot hybride Black Shire débarque dans l’Hexagone.

Créée en 2020, l’entreprise italienne Black Shire a développé un robot à chenilles et à motorisation diesel-électrique. Baptisé RC 3075, il reçoit un moteur Kubota quatre cylindres de 3,3 litres délivrant 75 ch, animant une génératrice électrique, ainsi que deux pompes hydrauliques, l’une basse pression pour les circuits de refroidissement, l’autre haute pression pour les besoins hydrauliques, dont les relevages. Le relevage arrière affiche une capacité de 4 tonnes, tandis que l’équipement avant soulève 2,2 tonnes. Le robot est doté de quatre points d’accroche sur la partie supérieure pour accueillir au besoin différents équipements.

Délivrant un courant de 780 volts, la génératrice sert à animer les outils (jusqu’à 55 kW) et les deux moteurs électriques entraînant les deux chenilles en caoutchouc. Ces dernières sont disponibles en différentes largeurs (320 à 520 mm) et différents profils plus ou moins agressifs. Offrant une longueur d’empreinte de 1,35 m, elles sont montées sur pivot, maximisant le contact avec le sol et donc la traction. Elles bénéficient d’un brevet prévenant tout risque de déchenillage, même si une pierre vient à se loger entre les galets et la bande de roulement : la chenille se raccourcit en attendant que la pierre soit expulsée.

Un réservoir de 85 litres qui permet 12 à 14 heures d’autonomie

 

 
<em class="placeholder">Robot viticole Black Shire avec cultivateur</em>
Le robot viticole Black Shire est annoncé au tarif de 275 000 euros. © L. Vimond

Avec une consommation affichant au maximum 6 litres par heure, le réservoir de carburant de 85 litres lui procure 12 à 14 heures d’autonomie  (18 h avec le réservoir additionnel de 30 l). Le responsable d’exploitation reçoit une première notification dès que le réservoir est redescendu à 15 % de sa capacité, une seconde à 10 %. L’appareil s’arrête lorsque le niveau chute à 5 %, une marge de sécurité qui permet d’avoir suffisamment de carburant pour charger au besoin l’appareil sur un plateau de transport.

Évoluant à une vitesse maximale de 7,2 km/h, le robot Black Shire RC 3075 intervient dans les pentes jusqu’à 30 degrés (58 %), aidé par son poids à vide de 4,4 tonnes, son centre de gravité bas et ses chenilles. Les antennes GNSS reçoivent un signal RTK depuis une antenne de base généralement située au siège de l’exploitation. Cela lui procure une précision de positionnement de 7 mm.

Les outils sont toujours centrés grâce à un double système de déport

 

 
<em class="placeholder">Robot viticole Black Shire avec broyeur et épampreuse</em>
Lors des demi-tours, le robot pilote les déports hydrauliques des relevages avant et arrière pour faciliter les manœuvres et ne pas cogner les piquets de tête. © L. Vimond

Les deux relevages proposent un système de déport, par translation (course de 50 cm) à l’avant et par pivotement (+/- 7,5 degrés) à l’arrière. Ces mécanismes servent à recentrer au besoin les outils, si un glissement de l’automoteur dans les dévers est détecté, mais également à faciliter les manœuvres notamment dans les tournières courtes.

Côté équipements de sécurité, le robot est doté de radars et de pare-chocs qui ralentissent voire arrête le véhicule en cas d’impact. À cela, s’ajoutent les caméras avec IA en mesure de reconnaître la présence humaine : dans ce cas, le robot d’abord ralentit, puis s’arrête, avant de repartir si la situation se désengorge.

Pour ce qui est de la programmation, une plateforme web permet de paramétrer rapidement le parcours du robot dans la parcelle, une fois les extrémités de rangs arpentées.

 

 
<em class="placeholder">Caméras de surveillance du robot viticole Black Shire </em>
En option, il est possible de visualiser à distance ce que voit le robot (dans les quatre directions). © L. Vimond

 

 
<em class="placeholder">Radiocommande du Robot viticole Black Shire </em>
Un radiocommande permet de piloter le robot lors des changements de parcelles notamment. © L. Vimond

Un retour sur investissement en moins de trois ans

Déjà 25 robots Black Shire ont été commercialisés en Italie, affichés à un tarif de 275 000 euros. « Dans le Piémont, un tractoriste coûte annuellement entre 60 000 et 70 000 euros, explique Roberto Conterno, viticulteur piémontais (Barolo) et concepteur du robot. Avec les aides à l’achat en Italie (50 %), le retour sur investissement avec ce robot s’effectue sur deux à trois ans. » Une surface de 25 à 30 hectares et une utilisation de 400 à 500 heures sont les prérequis pour une utilisation rentable du robot. Un des modèles vendus affiche déjà 2 000 heures au compteur en 2,5 années d’utilisation.

En France, la distribution est assurée par Olivier Augier (Vitisat), ainsi que par Philippe Zucchini et son fils Alessandro, au sein d’une structure appelée Black Shire France.

fiche technique

Moteur : Kubota diesel de 75 ch

Capacité de relevage avant/arrière : 2,2/4 t

Pompe hydraulique : 60 l/min

Largeur au niveau de la carrosserie : 1,12 m

Largeur minimum au niveau des chenilles : 1,348 m

Longueur hors tout : 2,75 m

Hauteur hors tout : 1,85 m

Longueur et largeur d’empreinte des chenilles : 1 350/320 à 520 mm

Poids à vide : 4,4 t

« S’il peut faire la pulvérisation, il peut faire le reste »

 

 
<em class="placeholder">Cédric Cosset</em>
Cédric Cosset, directeur technique des Vignobles Chevron-Villette, dans le Var : « Le robot Black Shire est d'une fluidité et d'une précision impressionnantes dans les bouts de rang. » © C. Cosset

Gérant 500 hectares de vigne dans le Var, le directeur technique des Vignobles Chevron-Villette, Cédric Cosset, a pu tester le robot Black Shire RC 3075 au Château Reillanne. « Je suis confronté à des problèmes de pénurie de main-d’œuvre qualifiée et compétente, explique-t-il. Aussi, je cherche à mobiliser mes salariés sur des opérations à forte valeur ajoutée. C’est pourquoi je souhaite confier certaines tâches répétitives à des robots. Jusqu’à maintenant, aucun ne m’avait convaincu. Avec sa robustesse, son relevage arrière de 4 tonnes, ses systèmes de surveillance et de contrôle à distance, le Black Shire m’a séduit. On peut lui atteler tous les outils de l’exploitation. Je l’ai vu manœuvrer avec un pulvérisateur traîné de grande capacité dans nos vignes : il est d’une fluidité et d’une précision impressionnantes lors de manœuvres en bout de parcelle. Ses chenilles sont un atout pour traiter en conditions de sol humides. Son autonomie de 12 à 14 heures est aussi un point positif. Le seul défaut, c’est l’absence de prise de force. » Une lacune que le constructeur italien a depuis corrigée.

En réflexion concernant l’acquisition du robot, Cédric Cosset a déjà pensé aux travaux qu’il souhaite lui faire réaliser. « J’envisage de le faire traiter de nuit, au niveau du siège de l’entreprise. Il y a 90 hectares d’un seul tenant sans route à traverser, contextualise-t-il. Aujourd’hui, c’est compliqué de demander à mes salariés de travailler de nuit. Je le vois bien également attelé à un broyeur, à des griffes ou à des disques ou à l’un des deux porte-outils interceps double rang Forge Boisnier. »

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