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Yanmar robotise la pulvérisation viticole

Le constructeur japonais Yanmar a dévoilé au salon champenois Viteff un robot dédié à la pulvérisation viticole.

Le robot de pulvérisation viticole Yanmar YV01 a fait ses premières armes dans le vignoble champenois.
Le robot de pulvérisation viticole Yanmar YV01 a fait ses premières armes dans le vignoble champenois.
© Yanmar

Il s’appelle YV01. Dévoilé au Viteff, le robot enjambeur de pulvérisation de Yanmar est un engin autonome motorisé par un bloc essence de 800 cm3 délivrant 27 ch et animant des chenilles. Offrant un dégagement sous châssis de 1,40 m, l’engin pèse une tonne à vide et se transporte sur une remorque ou une camionnette de moins de 3,5 t. Le YV01 peut évoluer dans les pentes jusqu’à 45 % et les dévers jusqu’à 19 %. Pour se guider, le robot est doté de deux lidars, de deux sonars, d’antennes GPS RTK, et de pare-chocs pourvus de capteurs pour détecter les éventuels obstacles. Toute l’intelligence est logée la partie supérieure, le moteur et l’avancement dans le flanc gauche et la cuve de pulvérisation de 200 litres dans le flanc droit, soit de quoi traiter un hectare. Son réservoir de 19 l lui assure une autonomie de 4 heures de travail environ, selon la pente.

Du fait de la réglementation, une télécommande est fournie pour l’opérateur qui doit rester à une distance suffisamment proche, sans quoi le robot stoppe. Il est programmable et pilotable depuis une application sur smartphone. Ne dépassant pas pour l’instant 4 km/h, l’engin est doté de deux descentes de pulvérisation traitant un rang complet et deux demi-rangs. Compter deux heures pour travailler un hectare. Yanmar a fait le choix d’électriser la solution appliquée, tablant notamment sur l’électrostatisme pour réduire la dérive et améliorer la dépose des gouttes sur les feuilles.  

A terme, il sera possible de démonter les deux descentes, ainsi que la cuve, et d’atteler d’autres outils tels que des outils de travail du sol intercep.

Le constructeur nippon a déjà posé ses valises dans le vignoble champenois, avec un bureau à Epernay. Toute la saison 2021, des prototypes ont été testé dans les vignes. Yanmar entend peaufiner le développement de l’engin en 2022, avant une commercialisation en 2023 limitée à 30 machines. Son prix ne devrait pas dépasser 100 000 euros. A plus long terme, une version à animation électrique pourrait voir le jour.

Témoignage de Michel Jacob, du champagne Serge Mathieu, à Avirey-Lingey (Aube)

Le vigneron champenois Michel Jacob estime que le robot de Yanmar a une bonne portance.
© M. Jacob

« Un robot abouti, avec un guidage parfait »

« Le robot de Yanmar est venu tourner chez nous en juin ou juillet. Il était en condition de forte pente (40 %), de dévers, de sol humide et de pointe. Il n’a pas travaillé le sol vu qu’il était humide et comme je menais d’autres essais sur la parcelle, nous n’avons pas vraiment testé la pulvérisation. Mais au niveau guidage dans le rang, c’était parfait ; malgré les conditions difficiles, le robot n’a pas dévié d’un centimètre.

Il est abouti, a une bonne adhérence et une très bonne maniabilité. Il peut tourner dans des tournières de trois ou quatre mètres. Il est pratiquement trois fois moins imposant que le robot Bakus. Son seul défaut est de ne faire qu’un rang à la fois. Je suis en bio sur 18 hectares. C’est impossible d’intervenir sur tout le domaine pour traiter après une pluie avec ce robot, le débit de chantier est trop faible. Autre bémol : la réglementation. Tant qu’il faudra quelqu’un sur la parcelle pour surveiller les robots, je suis assez dubitatif quant à leur déploiement. » Propos recueillis par Clara de Nadaillac

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