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Revenir à une économie circulaire

Pour limiter les déchets et le gaspillage... Si nous revenions à un fonctionnement d’économie circulaire ? C’est l’une des pistes explorées par de nombreux organismes. Voici les nouveaux projets en la matière.

L’unité de Marnay Énergie, au sud de Sancerre, méthanise 
des marcs distillés. 
Le méthane qui s’en dégage est transformé 
en co-génération pour produire de l’électricité
et de la chaleur.
L’unité de Marnay Énergie, au sud de Sancerre, méthanise
des marcs distillés.
Le méthane qui s’en dégage est transformé
en co-génération pour produire de l’électricité
et de la chaleur.
© Marnay Energie

La vie étant un éternel recommencement, l’un des enjeux de demain sera sans doute de ré-intégrer des réflexes et des modes de fonctionnement ancestraux. L’économie circulaire, puisque tel est son nom, est un modèle bien connu des agriculteurs et des viticulteurs, fonctionnant sur le recyclage et l’entraide. L’objectif est de ré-utiliser tous les sous-produits au lieu de les jeter et de mutualiser au lieu d’acheter. Si de nombreuses voies explorées enfoncent des portes ouvertes, de réelles innovations voient également le jour. Lors d’un séminaire bourguignon dédié à cette problématique, trois intervenants ont présenté de nouvelles solutions.


1- Un Biochar restituant de l’eau et des minéraux


Une fois n’est pas coutume. L’un des projets les plus intéressants émane… de l’Union des distilleries viticoles (UNDV) en partenariat avec le centre technique des distilleries, l’Union nationale des groupements de distillateurs d’alcool (UNGDA). Intégrées dans la boucle viti-vinicole depuis plus de cent ans, les distilleries sont en effet aux premières loges pour transformer les sous-produits de la filière. À partir des lies de vins et marcs de raisin, elles ont longtemps produit de l’alcool de bouche. Mais à présent, elles se diversifient et transforment nos « résidus » en biocarburant, huile de pépins de raisins, tanins, biogaz, tartrate de chaux, pulpes de raisins et divers engrais normés. Et peut être aussi bientôt en « biochar ». Cette sorte d’éponge en charbon est issue de la pulpe pyrolysée, elle-même extraite de marc distillé. Et elle a pour propriété de retenir l’eau en cas d’humidité, puis de la restituer en conditions sèches. « Les recherches bibliographiques ont aussi mis en avant que le biochar pourrait capter l’azote, le phosphore et le potassium (NPK) du marc distillé, pour les restituer progressivement à la vigne », s’enthousiasme Claire Douence, directrice de l’UNDV. Additionné de marc distillé, ce biochar pourrait donc être épandu comme amendement dans les vignes. Les premiers essais seront menés cet hiver. Rendez-vous dans dix-huit mois pour vérifier l’efficacité de ce produit…


2-Un amendement et du biogaz à base de marcs distillés


Autre projet en cours au sein des distilleries vinicoles : méthaniser les marcs épuisés (après distillation) afin de produire du biogaz qui sera transformé en énergie électrique et en chaleur ; et d’obtenir un digestat qui servirait d’amendement organique.
Une distillerie à Gaillac planche sur le sujet, tandis qu’à Sancerre, une autre a déjà franchi le pas. Cette dernière alimente une unité de méthanisation depuis début 2014, avec 40 % de marcs distillés, 40 % d’issues de céréales (céréales abîmées, impropres à la consommation humaine ou animale) et 20 % de résidus autres. Le méthane qui s’en dégage est transformé en co-génération pour produire de l’électricité et de la chaleur. Quant au digestat, il est épandu sur des terres agricoles.
À Gaillac, le projet est similaire mais moins avancé. Le marc distillé, additionné de paille, d’herbe et de fumier serait méthanisé. Le méthane en résultant serait injecté dans le réseau de gaz, et l’amendement ainsi obtenu serait commercialisé aux viticulteurs à prix coûtant (environ 50 euros par tonne) ou aux agriculteurs.


3-Des étiquettes qui changent de couleur en viellissant


Créer des matières « sexy » à partir des sous-produits viti-vinicoles. La promesse est alléchante. Et en passe de déboucher. Caroline Grellier, designer, a en effet conçu quatre objets à partir de sarments de vigne, de marc de raisin épuisé, de lie de vin épuisée et de bourbe. Le premier consiste en une étiquette de bouteille haut de gamme, mi-papier, mi-plastique, qui change de couleur au fil du temps. Cela permettrait au consommateur de savoir depuis quand le vin est dans la bouteille. Cerise sur le gâteau : la créatrice a mis au point une colle 100 % viticole pour la fixer sur la bouteille, à base de lie de vin.
Autres créations au catalogue de cette toute jeune créatrice : un coffret premium pour bouteille de vin, issu de sarments recyclés, des intercalaires pour cartons de vin et un nouveau medium également à base de sarments, ou encore des rondelles de marc de raisin pour amortir les chocs et remplacer le polystyrène.


4-Le retour des bouteilles consignées


On les croyait remisées depuis 50 ans. Mais c’était sans compter sur la jeune génération. Gérard Bellet, fondateur de l’entreprise Jean Bouteille, prône bel et bien le retour aux bouteilles de verre… consignées ! L’objectif est clair : « permettre aux gens de consommer sans générer de déchets », même si sa réalisation semble compliquée. En pratique, l’entrepreneur met à disposition de magasins (Biocoop, cavistes, etc) des fontaines à vin et des bouteilles consignées. La fontaine est composée d’une pompe automatique et d’un réceptacle où l’entreprise dispose un BIB de grand volume (10 à 200 litres). Le client achète sa bouteille en verre, puis la remplit et la ferme via une capsule à cidre. Une fois qu’il a consommé son vin, le client ramène la bouteille à l’établissement où il a effectué son achat, et se voit restituer sa consigne d’un euro. Jean Bouteille ramasse ensuite les bouteilles, les lave et les ramène. Si cet objectif est louable, il n’en reste néanmoins pas simple à mettre en place dans la filière. Le tirage devra être suffisant pour que le vin dans la fontaine conserve ses qualités organoleptiques. De même, une fois « embouteillé », le vin devra être rapidement consommé pour éviter toute déviation. Ce système semble donc plus approprié au vin de table quotidien, qui est de moins en moins consommé dans l’Hexagone.

L’économie circulaire, c’est aussi :


. La mutualisation des aires de lavage, des matériels (Cuma par exemple) ou encore des outils de vinification (caves coopératives).
. La création de chais éco-conçus.
. Le recyclage des sarments en bois ou granulés de chauffage ou leur restitution au sol par broyage ou après compostage.
. Le recyclage du gaz carbonique issu de la fermentation alcoolique, notamment avec le Valecarb d’Alcion Environnement. L’appareil mélange le CO2 à de la lessive de soude pour obtenir du bicarbonate de soude.
. Le recyclage des emballages de produits phytosanitaires ou œnologiques et des bouchons.
. Le recours à des emballages allégés (bouteilles, cartons, étiquettes) ; à des colles, encres et vernis biodégradables.

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