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Nettoyage du matériel : gagner du temps et améliorer la cote

De plus en plus d’entreprises spécialisées dans le nettoyage des machines émergent dans nos campagnes. Leurs objectifs : faire durer le matériel et leur donner un nouvel éclat pour la vente.

Ils sont de plus en plus nombreux à essaimer dans les campagnes. Ces nouveaux acteurs dans le nettoyage, le lustrage, la rénovation et la protection de la carrosserie connaissent un succès croissant auprès des exploitations agricoles et viticoles, ainsi que des concessionnaires.

Le lavage du matériel est chronophage et fastidieux, de plus en plus de viticulteurs et de concessions délèguent cette tâche à des prestataires spécialisés. « Si on s’y prend mal et qu’on emploie les mauvais produits, on peut passer beaucoup de temps à laver une machine », explique Julien Beaufils, à la tête de l’entreprise languedocienne Ecoclean 34, qui réalise des prestations de nettoyage et surtout de protection à travers toute la France. Commercialisant sa propre gamme de produits d’entretien, ce carrossier de formation s’est forgé, depuis douze ans (7 000 machines réalisées), une solide réputation auprès des viticulteurs des quatre coins de la France. En partenariat avec un laboratoire, il a développé une gamme de produits de lavage biodégradables, adaptée aux contextes de salissement en viticulture notamment (produits phytos, travaux en vert, sucre, tartre, etc.).

Les bons gestes et les bons produits

Si le marché regorge de bon nombre de produits de lavage, tous ne sont pas efficaces ni économiques. « Souvent, les produits de nettoyage vendus en concession sont peu efficaces et acides, ce qui abîme carrosserie, caoutchouc et plastique », confirme Fabien Lorans de la société Phénix Agri. Il utilise pour sa part les produits allemands Sonax, dont il assure la distribution en France sur le réseau agricole. Outre le choix des produits, la technique de nettoyage impacte fortement le temps passé et les quantités de produits et d’eau employées pour le nettoyage. « Il m’est arrivé d’échanger avec des personnes qui mettaient près de cinquante heures pour nettoyer une machine à vendanger, avec un résultat en deçà de celui obtenu par mes soins au bout de quatre heures », cite pour exemple Julien Beaufils. Et ce qui vaut pour l’extérieur vaut aussi pour l’intérieur. Nettoyer un circuit de pulvérisateur avec un dégraissant efficace évite à de nombreuses pièces d’accumuler les dépôts et d’accélérer les risques de casse.

Un bon nettoyage peut augmenter la cote de 3000 à 4000 euros

« Employer du papier essuie-tout en réalisant des mouvements circulaires est tout sauf productif, poursuit Fabien Lorans. Il est préférable d’utiliser successivement deux microfibres en faisant des gestes linéaires. » Faute d’une technique appropriée, dans les concessions agricoles, la préparation du matériel d’occasion n’est pas toujours réalisée avec méthode et sérieux. Elle est souvent confiée aux stagiaires, qui sont la plupart du temps inexpérimentés. « Or c’est un travail qui, bien réalisé, peut être très rémunérateur pour une concession, comme pour un agriculteur ou un viticulteur », souligne Fabien Lorans.

Il constatait, il y a encore quelques années, une différence importante entre les pays nord européens et la France quant au soin apporté au nettoyage et à la mise en valeur d’un matériel d’occasion. « Un bon nettoyage et lustrage d’un tracteur interligne peuvent tout de suite en augmenter la cote de 3 000 à 4 000 euros, pour une prestation en deçà de 1 000 euros. Et sur une machine à vendanger, le gain peut se compter en dizaines de milliers d’euros », donne pour exemples Julien Beaufils. Lors des démonstrations, ce dernier prodigue ses conseils et techniques (les bons gestes, le bon dosage pour ne pas gaspiller le produit) auprès de ses clients. Hormis lors les prestations, Ecoclean34 diffuse ses conseils au travers du catalogue, de sa chaîne Youtube ou de sa page et son groupe Facebook.

Appliquer une protection après nettoyage

Les conseils de lavage peuvent se montrer précieux. Ils se soldent par des économies de main-d’œuvre, d’eau et de produits de lavage. Mais une autre technique permet de gagner encore plus de temps : l’application d’une protection après nettoyage. Fabien Lorans utilise une laque antirouille permanente. Appliqué après un ponçage, ce revêtement transparent agit comme un vernis, empêche les zones sans peinture de s’oxyder et crée un effet déperlant lorsqu’on projette de l’eau dessus. « L’eau, comme la saleté, tient beaucoup moins sur le support ainsi protégé, ce qui réduit les temps de lavage par la suite », indique Fabien Lorans. Il met en garde contre le fioulage encore très pratiqué dans les campagnes. « À une époque, pour le remisage hivernal, on pulvérisait un mélange d’huile et de fioul sur le matériel, ce qui était efficace. Aujourd’hui, ce n’est plus du fioul mais du GNR, qui est additivé avec des agents détergents, donc agressifs. Au lieu de protéger, on abîme », met en garde le dirigeant.

Des coûts de lavage divisés par quatre

De son côté, Julien Beaufils propose deux types de produits de protection, applicables sans ponçage sur carrosserie, mais aussi sur vitres, flexibles, caoutchoucs, etc. Le premier est un produit qui peut être appliqué par le viticulteur et assure une protection pour trois-quatre mois. Réduisant l’accroche, cette solution réduit le salissement de la machine et facilite le nettoyage.

Julien Beaufils pratique également la protection sur du matériel neuf avec un produit dont la tenue est garantie cinq ans pour un viticulteur, trois ans dans le cadre d’un prestataire de services. Anti-UV, Eco Protect évite aux plastiques de ternir et/ou de blanchir, conservant au matériel son aspect neuf, sans en changer l’aspect.

Réalisée par Ecoclean34, la prestation est facturée 560 euros HT par exemple pour un tracteur vigneron, hors frais de déplacement. « C’est un budget, mais le gain de temps, d’eau, de produit de lavage et d’électricité rentabilise tout de suite l’investissement. Certaines grandes maisons de champagne, ayant plus d’une centaine de machines en parc, ont vite compris l’intérêt, explique Julien Beaufils. Plusieurs entreprises de travaux viticoles ont évalué que les coûts de lavage avaient été divisés par quatre. » Pour les maisons de champagne, l’économie d’eau et de produits de lavage contribue également à améliorer l’impact environnemental et l’image de viticulture propre.

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