Aller au contenu principal

Maîtriser l’oxygène lors du conditionnement des vins

La qualité d’un vin ne tient parfois qu’à quelques milligrammes d’oxygène. Le conditionnement, dernière manipulation avant l’arrivée au consommateur, est une étape cruciale. Voici les clefs pour conserver au mieux le potentiel de son vin.

Bruno EyguEsier a travaillé avec Inter Rhône et la cave de Rasteau pour développer un conditionnement des bag-in-box sous azote et améliorer le vieillissement du vin.
Bruno Eyguesier a travaillé avec Inter Rhône et la cave de Rasteau pour développer un conditionnement des bag-in-box sous azote et améliorer le vieillissement du vin.
© X. Delbecque

Un client insatisfait, voilà ce qui a fait réagir la cave coopérative de Rasteau (Vaucluse). En impliquant son prestataire de service et en allant chercher l’expertise d’Inter Rhône, elle a décidé d’améliorer le conditionnement de ses bag-in-box de rosé. Ensemble, ils ont réduit la prise d’oxygène due à la bulle d’air emprisonnée dans le BIB. « Il nous est arrivé d’avoir des phénomènes d’oxydation sur des bag-in-box de fin de stocks, explique Jean-Christophe Peyre, directeur d’exploitation de la cave de Rasteau. Notre cave ne peut pas se permettre ce genre d’approximation. En plus de la mauvaise image, ce sont potentiellement des clients bag-in-box perdus. » Il a alors demandé à son prestataire pour la mise en BIB, avec qui il travaille depuis plus de dix ans, de se pencher sur la question. Bruno Eyguesier, gérant de l’entreprise PacaVin, a tout de suite été partant. « J’étais d’autant plus d’accord que c’était une demande grandissante de la part de plusieurs clients, explique-t-il. Il fallait y venir ».

 

Des teneurs en oxygène dans les bulles problématiques

 

Ils ont contacté Sophie Vialis, ingénieur chargée d’études à Inter Rhône, connue pour ses nombreux travaux sur l’oxygène au conditionnement, afin de déterminer les axes d’amélioration et d’apporter des solutions techniques. Sur l’installation mobile de PacaVin, elle a tout mesuré : les concentrations d’oxygène dissous depuis la cuve d’avinage jusqu’au BIB en passant par les filtres ; les volumes des bulles d’air après remplissage ; les teneurs en oxygène dans les bulles… Ce dernier point était le plus critique.
Bruno Eyguesier a donc commandé à sa société de maintenance un système d’injection de gaz, simple boîtier composé de deux petites électrovannes. Pour l’adapter à la machine existante, il a changé le piston de remplissage, en en mettant un conçu pour le passage du gaz. Résultat : dès que la quantité de vin souhaitée s’est écoulée dans la poche, une injection d’azote a lieu juste avant que le piston ne se relève et que le robinet soit posé. Les valeurs d’oxygène gazeux mesurées par Sophie Vialis parlent d’elles-mêmes : 0,83 microgramme par litre dans la bulle, soit 40 % de moins qu’avant.
Très vite, Bruno Eyguesier a équipé son deuxième camion. « L’avantage des installations mobiles c’est qu’elles sont souples, on peut faire évoluer le matériel à la demande. L’investissement a été très raisonnable, il m’a fallu compter entre 3500 et 4000 euros par camion. » Il ne l’a d’ailleurs pas répercuté sur le prix de la prestation. Pour les grosses caves avec qui il travaille, l’inertage à l’azote est devenu systématique.



Pour une amélioration de la durée de vie des produits


De son côté, Jean-Christophe Peyre est satisfait de ce résultat qui lui a permis de gagner en sérénité. « Nous avons gardé la même dose de SO2 qu’auparavant, soit 35 microgramme par litre de libre avant la mise en BIB, car nous sommes sur des rotations longues, ajoute-t-il. Dans la région, il n’est pas raisonnable de faire la mise en été avec les grosses chaleurs, or c’est le moment où nous réalisons le plus de ventes. L’inertage est notre sécurité. » L’installation mobile de PacaVin a été la première de ce type dans la région. Aujourd’hui, rares sont encore les caves qui inertent les bag-in-box à l’azote. Pourtant, Sophie Vialis l’affirme : « la filière dispose de leviers pour améliorer la durée de vie des produits ».

Les plus lus

Cave Arnaud de Villeneuve dans les Pyrénées-Orientales
Pyrénées-Orientales : deux importantes caves coopératives de vinification en redressement judiciaire

À court de trésorerie, la cave Arnaud de Villeneuve et le GICB, qui représentent 20 % des volumes de la coopération…

Plan d’arrachage des vignes 2026 : le guichet sera ouvert au plus tard à partir du 6 février

Annoncé au Sitevi par la ministre de l’Agriculture, le plan d’arrachage doté d’un budget de 130 M€ sera lancé début…

[Vidéo] Rentabilité en Gironde : « Mon meilleur investissement sur mon exploitation viticole est une double trémie Sepeba pour semer mes couverts végétaux »

Victor Moreaud, viticulteur à la SCEA Les Joualles de Cormeil-Figeac, à Saint-Émilion, en Gironde, a investi dans une double…

[Vidéo] Rentabilité en Savoie : « Mon meilleur investissement sur mon exploitation viticole est une brosse de désherbage multiclean »

Laurent Reynaud, vigneron coopérateur à Ruffieux, en Savoie, a investi dans une brosse multiclean Clemens il y a 3 ans, qui…

VIDEO. Pellenc – L’Optimum XXL80, la récolte en grande taille

Pellenc complète par le haut son catalogue d’automotrices de récolte avec l’Optimum XXL 80, pour le raisin, les olives et les…

<em class="placeholder">Souches de vigne en tas sur une parcelle de vigne qui vient d&#039;être arrachée.</em>
Quelle couverture sociale pour le vigneron après l’arrachage de ses vignes ?
À quelques années de la retraite, il peut être envisageable d’arracher les vignes et de vivre de l’écoulement des stocks. De…
Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 96€/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Vigne
Consultez les revues Réussir Vigne au format numérique sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters des filières viticole et vinicole