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Lutter contre le mildiou de la vigne par confusion sexuelle ?

Un groupe de chercheurs français vient de faire une découverte importante sur les gènes du déterminisme sexuel du mildiou, ce qui laisse imaginer des moyens de lutte complètement novateurs.

Le mildiou produit ses œufs en associant deux types sexuels différents et utilisent une hormone pour y arriver. Cela ouvre la voie à une potentielle lutte par confusion. © Inra
Le mildiou produit ses œufs en associant deux types sexuels différents et utilisent une hormone pour y arriver. Cela ouvre la voie à une potentielle lutte par confusion.
© Inra

Imaginez que pour lutter contre le mildiou vous n’ayez qu’à poser des diffuseurs d’hormones, tout comme cela se fait dans la lutte contre les vers de la grappe. Cette idée vous semble totalement farfelue ? Et pourtant, des chercheurs de l’Inrae, du Centre national de recherche scientifique (CNRS) et de l’université Paris Saclay ont récemment identifié le groupe de gènes responsable du type sexuel chez le mildiou de la vigne. En effet, ce micro-organisme produit ses œufs (les oospores, capables de survivre à l’hiver et responsables des contaminations primaires) en associant les gamètes de deux individus « mâle » et « femelle ». Et pour se retrouver, les deux individus communiquent par une hormone émise dans le milieu.

Dans les faits, les scientifiques ont ni plus ni moins découvert comment distinguer un mildiou « mâle » d’un mildiou « femelle ». Si cela paraît anecdotique, la portée de cette découverte pourrait en fait se révéler immense, car « un nouveau moyen de lutte contre le mildiou de la vigne pourrait être envisagé, consistant à cibler la phase sexuée du pathogène », révèle l’Inrae.

Saturer le milieu avec des hormones spécifiques pour faire diminuer la pression globale

Cette stratégie ne peut être que partielle dans la lutte contre Plasmopara viticola, car le mildiou se reproduit également de manière asexuée pendant la saison. Mais limiter le succès de la reproduction sexuée revient toutefois à diminuer l’intensité des épidémies de l’année suivante. Ce serait en clair un moyen de faire durablement baisser les niveaux de pression du pathogène. Les scientifiques ayant mené ces travaux souhaitent poursuivre les recherches dans ce sens et espèrent trouver un jour le moyen de mettre au point un procédé permettant de perturber la phase sexuée. « Par exemple en saturant le milieu avec les hormones spécifiques de la reconnaissance des types sexuels », laisse entendre l’institut.

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