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Les exportations de vins et spiritueux vers les États-Unis menacées par le retour de taxes

Le cauchemar vécu par la filière vins et spiritueux lors du premier mandat de Trump semble se profiler à nouveau. Les annonces de taxation douanière sur les produits européens se multiplient depuis que le président américain a entamé son deuxième mandat. Le 26 février, il a évoqué un taux de 25 %.

Un porte-container au départ du port du Havre.
Après avoir évoqué des taxes sur les produits européens importés aux Etats-Unis entre 10 et 20 %, Donald Trump a annoncé le 26 février, les fixer prochainement à 25 %.
© A. Conté

L’automobile est le premier secteur visé par l'annonce, le 26 février, par Donald Trump, de droits de douane de 25 % sur les produits de l'Union européenne exportés vers les États-Unis. Mais le président américain a aussi évoqué les « autres produits ». 

« Ils n’acceptent pas nos voitures, ils n’acceptent pas nos produits agricoles. Ils avancent toutes sortes d’arguments pour ne pas accepter nos produits et nous acceptons tout d’eux », a-t-il notamment asséné.

Lire aussi : Taxes Trump de 25 % sur l’Europe : qui est concerné dans l’agroalimentaire

Avec un chiffre d’affaires 2024 à l'export de 2,3 milliards pour les vins et de 1,5 milliard pour les spiritueux (soit un total de 3,8 milliards), les vins et spiritueux sont de loin les premiers produits agroalimentaires français exportés vers les États-Unis.

Tous les pays de l'Union européenne visés

« Le contexte du nouveau mandat n’a rien à voir avec celui du précédent », a souligné Nicolas Ozanam, directeur général de la Fédération des exportateurs de vins et spiritueux de France (FEVS), lors de la conférence « Exporter aux États-Unis sous Trump II », organisée par FranceAgriMer au SIA 2025, la veille de l’annonce américaine. Plus question cette fois-ci de rétorsion aéronautique. L’objectif poursuivi par le président réélu est de diminuer le déficit de la balance commerciale, en réduisant les importations et en augmentant les exportations. La taxe de 25 % imposée* d’octobre 2019 à mars 2021 avait ciblé uniquement la France, l’Espagne, l’Allemagne et le Royaume-Uni, alliés dans le consortium Airbus. Cette fois-ci, tous les pays européens seraient visés, donc également l’Italie.

Effet d’annonce ou menace réelle ? Les taxes annoncées fin janvier pour le Mexique et le Canada ont été suspendues mais sont désormais programmées pour début avril.

Négocier des droits réciproques 

La FEVS suggère de négocier des droits réciproques. Aujourd’hui, il n’y a aucune taxe sur les spiritueux dans les deux sens. En revanche, un vin européen exporté vers les États-Unis est moins taxé qu’un vin américain exporté vers l'Union européenne. Un différence de l'ordre de 13 cents contre 6 cents, selon Nicolas Ozanam. Mais du fait de leur prix élevé, les vins américains ne menacent pas le marché européen. Le marché américain, lui, importe les deux tiers de sa consommation de vins et spiritueux.

« Côté américain comme européen, les deux secteurs professionnels sont alignés pour garder un marché ouvert », positive Nicolas Ozanam. Il évoque une étude menée sur le secteur de la restauration montrant que grâce à la chaîne de valorisation, 1 dollar importé produit 4 dollars de richesse. Pas sûr que le président Trump soit sensible sur ce point à l'argument business.

Une perte de 11 points de part de marché sur octobre 2019-septembre 2020

Le bilan réalisé par les Douanes sur un an de taxation américaine, publié en mars 2021, constatait un recul de part de marché de 11 points pour les vins français du segment concerné par la taxe, au profit de l’Italie et de la Nouvelle-Zélande sur la période octobre 2019-septembre 2020 par rapport à octobre 2018-septembre 2019. Elle évaluait à 41 % en valeur et 27 % en volume, la baisse des exportations françaises de vin tranquille en bouteille d’une teneur en alcool inférieure à 13 %. Le report vers des qualités moins chères n'a pas compensé en volume. 

L'étude signalait également que les taxes n'avaient pas induit une augmentation de la consommation de vins produits aux États-Unis sur la période.

*Le 18 octobre 2019, les États-Unis ont mis en place une taxe de 25 % sur les vins tranquilles en bouteille de moins de 2 litres et d'un degré d’alcool inférieur à 14 % originaires de France, Espagne, Allemagne et
Royaume-Uni. Son champ avait été étendu à tous les vins hors mousseux et à certains spiritueux français et allemands, le 12 janvier 2021. Le président Joe Biden avait levé ces taxes en mars 2021, en arrivant au pouvoir.

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