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Le tri de la vendange version haut de gamme

Depuis une dizaine d’années, plusieurs fournisseurs proposent des équipements de tri automatiques perfectionnés : optiques ou densimétriques. Tour d’horizon des principaux trieurs disponibles et des évolutions.

Les trieurs optiques et densimétriques après éraflage évoluent depuis dix ans vers plus d’automatisation, de précision, d’ergonomie et de facilité de nettoyage. © Pellenc
Les trieurs optiques et densimétriques après éraflage évoluent depuis dix ans vers plus d’automatisation, de précision, d’ergonomie et de facilité de nettoyage.
© Pellenc

Si les petits trieurs de vendange à rouleaux se démocratisent de plus en plus dans les caves, la vente de trieurs plus sophistiqués, à fonctionnement optique ou densimétrique, est plus confidentielle. Ces outils éliminent tous les déchets : végétaux, insectes, baies abîmées, raisins secs ou insuffisamment mûrs…, mais ils coûtent cher. Ils intéressent surtout les régions de vins rouges bien valorisées : le Bordelais en tête, surtout le Médoc et Saint-Émilion, ainsi que la Bourgogne.

Les trieurs optiques

Leur fonctionnement repose sur une caméra qui repère sur un tapis les baies et déchets non conformes en termes de couleur, de forme et de taille. Ceux-ci sont ensuite éjectés par un jet d’air envoyé par des buses ou par aspiration selon les modèles.

Les trieurs densimétriques

D’une technologie plus simple, ces équipements plongent la vendange dans un bain de moût ou d’eau sucrée sulfitée. Les baies les plus mûres restent au fond du bain tandis que les déchets et les baies moins mûres flottent à la surface. Un de leur intérêt réside dans leur polyvalence : suivant la densité du bain, on peut éliminer uniquement les déchets et les baies vertes ou séparer deux lots de vendange de maturité différente. Cela permet par ailleurs de laver la vendange éraflée ou entière. Ils ne conviennent pas aux cépages à peau fragile comme le malbec ou le pinot noir. Les bains doivent être changés souvent et leur densité est à surveiller car elle évolue au fur et à mesure du tri.

Le Selectiv’Process Vision 2 de Pellenc

60 000 € - Jusqu’à 12 t/h

Après un premier modèle en 2008, la version 2 de 2013 permet un nettoyage rapide annoncé en 15 minutes. Elle propose quatre niveaux de tri avec une utilisation et des réglages simplifiés. Le tapis est nettoyé en continu pour un meilleur repérage des déchets par la caméra. Le Vision 2 peut trier 2 000 corps à la seconde.

 

Le Delta Vistalys de Bucher Vaslin

110 000 € - Jusqu’à 10 t/h

Sorti en 2009, il a fait peau neuve cette année avec la version Vistalys HD. L’automate a été amélioré avec une caméra HD qui peut trier 8 700 éléments à la seconde et génère des rejets plus précis. Les réglages sont plus simples grâce à un écran tactile ergonomique et une caméra interne a été ajoutée pour mieux visualiser le tri en cours. Les anciens modèles Vistalys sont adaptables pour 15 000 €.

 

X-Tri de Defranceschi-Sacmi

de 90 000 € à 150 000 € - Trois modèles jusqu’à 15 t/h

Le X-Tri possède plusieurs caméras pour optimiser le tri. Il repère les déchets par plusieurs techniques : fluorescence pour la chlorophylle des déchets verts, infrarouge et luminescence. Il est bien adapté au tri des raisins rouges et blancs et repère des déchets de l’ordre du millimètre. Il repère des grains botrytisés même s’ils ont la même couleur que les baies saines.

 

Dionysos de Raytec Vision (Techn’Agro)

170 000 € - Jusqu’à 14 t/h

Raytec Vision, spécialiste italien du tri optique des fruits et légumes a sorti le Dyonisos en 2015 mais n’en a pas encore vendu en France. Il optimise la qualité du tri à partir de huit images différentes et une résolution au millimètre carré. Il peut être configuré avec trois voies de sortie : une pour les baies mûres, une pour les déchets et la troisième pour les baies à défauts mineurs réutilisables, par exemple les raisins secs.

 

L’Alien de CITF

110 000 € - Jusqu’à 8 t/h

Nouveau venu depuis fin 2018, l’Alien est disponible à la vente et à la location dans une version 2019 design et ergonomique. Contrairement aux autres trieurs, il élimine les déchets non par jet d’air comprimé mais par aspiration grâce à deux bras robotisés avec buse aspirante. Il est annoncé plus doux avec les baies que ces concurrents et plus précis pour éviter d’éliminer des baies saines avec les déchets. Le nettoyage prend 30 minutes. CITF n’a pour l’instant commercialisé que deux machines en Californie.

 

Le Densibaie de Socma

27 000 € - 4 t/h

Sorti l’an dernier, le dernier né des trieurs densimétriques est aussi le moins cher. Son fonctionnement est simplifié avec peu de maintenance et un nettoyage aisé. Les baies non désirées et les déchets sont évacués par un système de palettes ajourées.

 

Le Flotatrie de Trimoltech

35 000€ - 8 à 10 t/h

Le Flotatrie, mis au point par des vignerons bordelais en 2013, a évolué l’an dernier avec une augmentation du débit et surtout l’automatisation de l’évacuation des déchets et baies légères, auparavant réalisée manuellement à l’épuisette. Le nettoyage prend 20 à 30 minutes.

 

Le Delta Densilys de Bucher Vaslin

36 500 € - 4 à 6 t/h

Sorti en 2016, il élimine les déchets en continu par une vis sans fin. Au Sitevi en novembre prochain, Bucher présentera un nouveau modèle « double bande » avec deux convoyeurs pour augmenter son débit à 12 t/h. Coût annoncé : 52 500 €

 

Le Tribaie de Amos-Industrie

de 90 000 € à plus de 180 000 € - Trois modèles : 6 à 11 et 20 t/h

Depuis sa sortie en 2004, Amos annonce avoir vendu plus de 150 machines dans le monde. Plus sophistiqué, Tribaie cumule un tri par vibration, sur tambour et densimétrique, et un système de filtration du bain. La version 3, plus design, sortie en 2017, facilite l’accessibilité et le nettoyage, qui prend maintenant 30 minutes contre 2 heures auparavant. Le réglage de la densité du bain est automatisé grâce à la présence de capteurs qui commandent l’ajout d’eau ou de solution sucrée en fonction des besoins. Amos propose une solution sucrante non fermentescible à diluer dans l’eau pour régler la densité du bain.

 

Avis expert : Jean-Max Drouilhet, directeur production vin au Château Talbot, 110 ha à Saint-Julien dans le Médoc

« Satisfait à la fois du tri optique et du tri densimétrique »

« Nous avons deux réceptions de vendange, l’une équipée d’un trieur optique X-Tri depuis 2013 et l’autre d’un trieur densimétrique Tribaie depuis 2007. Et nous sommes contents des deux. Ils ont deux buts différents. On réserve le tri optique aux vieilles vignes de maturité assez homogène alors que les récoltes de maturité plus hétérogène sont orientées vers le tri densimétrique. L’X-Tri a remplacé avantageusement une table de tri manuel à huit postes après éraflage. Le Tribaie nous permet d’écarter environ 15 % de baies moins mûres qui ne vont pas dans le premier vin. Depuis, les tanins sont plus soyeux, on a pu pousser les extractions un peu plus loin tout en gagnant en finesse. Le X-Tri tourne à 6-10 t/h sans soucis depuis six ans. Quant au Tribaie, également à 6-10 t/h, nous l’avons changé pour sa version 3 en 2017. Le nettoyage, autrefois fastidieux est maintenant facilité, cela nous prend 45 minutes comme pour le X-Tri. »

 

À Château Margaux, le tri reste manuel et avant éraflage

Comment procède Château Margaux pour trier à la perfection ? C’est simple : « le moindre grain abîmé à la vigne reste à la vigne », résume Sébastien Vergne, le directeur d’exploitation. Pas moins de 250 vendangeurs-trieurs scrutent chaque grappe. Un « petit toilettage supplémentaire » est effectué au chai avant éraflage par quatre trieurs manuels. Et plus rien après éraflage. Le domaine a bien testé deux trieurs optiques, le Selectiv’Process Vision 2 et l’Alien, mais il ne les a pas retenus. « Le résultat n’est pas encore parfait : nous aurions éliminé certaines baies que la machine gardait et inversement nous aurions gardé certaines baies éliminées. Le réglage du tri uniquement sur trois critères, couleur, forme et taille, est restrictif. De plus, on augmente les pertes de jus en triant après éraflage ». Et à Margaux, le jus est précieux ! Quant aux trieurs densimétriques, ils n’ont pas été testés. « Ils effectuent une sélection uniquement sur la teneur en sucre alors qu’il y a d’autres paramètres de maturité. »

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