Le nettoyage aux ultrasons fonctionne très bien pour les accessoires de pulvérisateurs viticoles
L’usage des ultrasons se démocratise pour venir à bout des impuretés logées dans les buses, porte-buses et filtres. Une technique intéressante selon Alexandre Davy, chargé d’expérimentations à l’IFV de Blanquefort.
L’usage des ultrasons se démocratise pour venir à bout des impuretés logées dans les buses, porte-buses et filtres. Une technique intéressante selon Alexandre Davy, chargé d’expérimentations à l’IFV de Blanquefort.
Tout est parti d’une rencontre dans les vignes. « Je réalisais une journée de formation et un viticulteur est arrivé avec un pulvérisateur comme neuf alors qu’il avait déjà plusieurs campagnes, se remémore Alexandre Davy, chargé d’expérimentations à l’IFV de Blanquefort. Je lui ai demandé comment il l’entretenait et c’est là que j’ai entendu parler du nettoyage aux ultrasons. »
L’ingénieur a voulu s’assurer que ce procédé n’induisait pas de modifications de débit, ni d’usure des éléments, qu’il s’agisse des buses, des filtres ou des porte-buses. Pour ce faire, il s’est équipé d’un bac à ultrasons d’entrée de gamme Vevor, de 10 litres, à 100 euros HT. « Le principe est simple, décrit-il. Le bac fonctionne comme une friteuse. Il y a un panier grillagé dans lequel on dépose les éléments. Puis on met un liquide dans le bac et la machine crée des bulles qui vont venir décoller les impuretés. »
Pas de modification de débit ni d’usure
Dans la pratique, les résultats sont au rendez-vous. Le passage au bain à ultrasons ne modifie pas le débit et ne semble pas user les buses. Les éléments ressortent bien propres. Alexandre Davy recommande d’opter pour un modèle muni d’une résistance chauffante. « Néanmoins, ce ne sont pas des bouilloires donc le temps de chauffe est assez long, précise-t-il. Je recommande de chauffer le liquide à part et de le mettre déjà chaud dans le bac. » Il estime qu’une température de résistance de 60 ou 65 °C est bien adaptée.
Par ailleurs, il recommande d’employer un produit nettoyant, coupé ou non avec de l’eau. Un dégraissant tous matériaux ou un savon liquide fonctionnent bien. Alexandre Davy a opté pour la formule 50 % d’eau bouillante et 50 % de dégraissant tous matériaux, qui lui a donné entière satisfaction. « Mais je n’ai pas fait de comparatif précis et n’ai pas testé d’autres proportions, indique-t-il. Peut-être qu’un ratio 2/3-1/3 donnerait de très bons résultats. » À chacun de faire ses tests, en fonction des matériaux à nettoyer et des produits dont il dispose. En revanche, l’emploi d’eau seule n’est pas concluant.
Un cycle de 20 ou 30 minutes
L’ingénieur préconise de démarrer par un cycle de 20 minutes. « Selon l’état de salissure et d’humidité, on peut enchaîner sur un second cycle de même durée », poursuit-il. Un traitement de 30 minutes peut être une bonne alternative.
Au niveau de la fréquence d’entretien, Alexandre Davy recommande de s’équiper de deux jeux de buses, un sur l’appareil et un dans un seau avec un fond d’eau. Selon le type de produits phytosanitaires employés, il convient de démonter le premier jeu tous les traitements à tous les trois traitements et de le passer aux ultrasons. En sortie de bac, l’ingénieur ne préconise ni rinçage ni séchage, mais suggère de remettre le jeu de buses dans un fond d’eau, avant remontage.
Avant de s’équiper, il convient de réfléchir au dimensionnement, et donc au volume des objets que l’on souhaite nettoyer. De même, la fréquence des ondes émises est à regarder : elle peut varier de 20 à 170 kHz. « Plus elle est faible, plus le nettoyage sera agressif », décrypte Alexandre Davy. Pour autant, il estime qu’il n’est pas nécessaire d’opter pour un modèle perfectionné, doté d’un réglage de la fréquence. La présence d’une minuterie est un autre atout, ainsi que celle d’une résistance chauffante. Et évidemment, ce nettoyeur peut servir à tous types de composants, comme des carburateurs, des chaînes, des pièces mécaniques, etc. « Cela permet de nettoyer l’intérieur de certaines pièces sans avoir à les démonter. Mais si on insiste trop (plongée dans le bain durant 1 h 30 ou 2 heures), cela peut les abîmer », prévient Alexandre Davy.
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