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Le chitosane, bon candidat au badigeonneage des plaies de taille de la vigne

L'Inrae a testé l'impact de 23 chitosanes contre les maladies du bois de la vigne. Les chlorhydrates solubles dans l’eau semblent particulièrement efficaces en badigeon.

<em class="placeholder">Plaie de vigne badigeonnée</em>
En séchant, le badigeon crée une protection physique qui protège les plaies de taille.
© Chapoutier

Le badigeonnage serait-il réservé aux adeptes de la biodynamie ? Rien n’est moins sûr au regard des derniers résultats concernant l’emploi de chitosane comme barrière fongique. L’Inrae, en collaboration avec Biolaffort et Almavitis, a en effet testé l’impact de 23 chitosanes contre Eutypa lata pour l’eutypiose et Phaeomoniella chlamydospora pour l’esca, au laboratoire et dans les vignes. Avec des résultats prometteurs.

​​​​​​Parmi les 23 formulations testées, sept chitosanes provenaient d’extraits de crustacés (OCe3, Ce20, Ca50, J80, S674 et deux chlorhydrates de chitosane, le HA et le HS), cinq de champignons (OF3, Fda30, LF43, le F329 et le chlorhydrate de chitosane H90) et quatre d’insectes (OY5, Y40, Y350 et Y903).

En laboratoire, une efficacité antifongique de certaines préparations

Les premiers résultats, obtenus en laboratoire, ont mis en avant la corrélation entre poids moléculaire et efficacité à inhiber la croissance mycélienne des deux champignons, les meilleurs résultats revenant aux préparations de faible poids moléculaire, voire de poids moyen, et notamment aux oligochitosanes. Ca50, LF43, OY5, OCe3, OF3 et Y40 ont ainsi eu plus de 50 % d’efficacité versus les deux champignons.

Sur le terrain, avantage aux barrières physiques

En revanche, sur le terrain, les résultats ont divergé. Le LF43 a « craquelé en séchant et son coût a découragé la poursuite des essais », indiquent les chercheurs. L’oligochitosane OCe3 n’a pas permis de réduction satisfaisante des infections. À l’inverse, le chlorhydrate H90 a donné des résultats encourageants, malgré une viscosité compliquant son application. Le chlorhydrate HA, de son côté, a eu une efficacité variable selon le mode d’application (pulvérisation ou badigeon) et le champignon considéré.

Les chercheurs ont alors scruté la profondeur d’installation des champignons pathogènes selon le chitosane et ont constaté « une efficacité totale de H90 et HS vis-à-vis d’E. lata et de P. chlamydospora, les produits empêchant les spores de pénétrer en dessous de la surface des plaies ». Les autres chitosanes ont montré une efficacité moindre. « Cette étude complémentaire a ainsi confirmé l’effet barrière des chitosanes de poids moléculaire moyen, et en particulier des chlorhydrates solubles dans l’eau, récapitulent les chercheurs. En séchant et probablement en s’agglomérant, le chlorhydrate semble capable de piéger les spores qui viendraient se déposer à la surface des plaies. Il agirait comme un pansement, son mode d’action serait donc principalement physique, plus fongistatique que fongicide. »

L’origine du chitosane (champignon, crustacé ou insecte) n’a pas semblé avoir d’influence sur les niveaux d’efficacité, que ce soit au champ ou au laboratoire.

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