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Avec un hiver particulièrement doux, l’actualité se concentre sur le développement précoce de la vigne en Europe. Quelques rares parcelles méridionales montrent depuis début janvier des signes de réveil (bourgeons gonflés). Heureusement, cette situation reste, pour le moment, marginale. Les températures devraient revenir aux normales de saison à partir du 17 janvier, ce qui devrait arrêter le développement de la vigne. Il faudra surveiller les températures en février. Si la vigne débourre trop tôt, elle sera sensible au gel d’avril.
Dans le même, en plein hiver, la situation hydrique des sols reste inédite sur toutes les vignes de l’Aude et des Pyrénées Orientales. Cette sécheresse prolongée nous a poussés à prendre un peu de hauteur : quelles régions viticoles du monde subiront une accentuation des stress hydriques estivaux ? Et le résultat n’est pas très rassurant…
Le climat méditerranéen offre un environnement adapté à l’exploitation d’une grande palette de terroirs viticoles. La saison de croissance y est longue et ensoleillée. Cela permet à la fois un démarrage précoce de la végétation et des vendanges tardives. Le climat méditerranéen est également particulièrement favorable à des processus de maturation bien équilibrés et à une bonne qualité organoleptique (couleur, tannins et arômes). C’est pour cela que toutes les régions bénéficiant du climat méditerranéen sont connues pour leur production viticole : le pourtour de la Méditerranée, la Californie, le centre du Chili, la pointe de l’Afrique du Sud et l’Australie.
L’intégralité des climats méditerranéens se trouve aux latitudes moyennes (40° à 50° N et 30° à 40° S), généralement entre l’isotherme 10 et 20°C. C’est essentiellement là que l’on retrouve donc la production viticole. Il y a cependant quelques exceptions comme les vignobles chinois et d’Uruguay qui ne bénéficient pas d’un climat méditerranéen ou encore des vignobles périphériques bénéficiant de microclimats comme les vignobles de Champagne et d’Alsace.
D’après l’Atlas du GIEC, illustrant les évolutions anticipées du climat, pour un réchauffement de 2°C, l’ensemble des climats méditerranéens du globe verront les précipitations annuelles baisser de -5 à -30%. Cette baisse est notamment due à un assèchement de la période estivale et sera accentuée par une évapotranspiration à la hausse (pilotée par la hausse des températures). Ainsi, près de 90% des surfaces mondiales de vignes devraient subir des stress hydriques plus prononcés. Les vignobles chinois et d’Uruguay, hors climat méditerranéen, semblent épargnés par cette tendance. Il est important de noter que, contrairement à l’évolution de la température, les simulations d’impacts sur les précipitations sont beaucoup plus complexes. Pour ce paramètre, il existe encore d’importantes incertitudes dans les résultats de simulations des modèles exploités par le GIEC.
La zone méditerranéenne européenne est d’ailleurs décrite comme un « hotspot » du changement climatique par les climatologues. C’est la région viticole qui devrait, à priori, subir le plus d’évènements climatiques affectant la production du vin et nécessitant une évolution des traditions.
Le changement climatique ne signe pas la fin de la production viticole des climats méditerranéens. Les vignobles doivent apprendre à évoluer avec le climat :
L’évolution la plus marquante sera certainement l’évolution de la biogéographie des régions viticoles, c’est-à-dire l’aire de répartition de l’implantation de la vigne. En effet, la zone de production s’étend au nord et prend de l’altitude. D’ici 2050, il ne serait pas étonnant d’avoir un millésime belge ou anglais.
Production de fourrages : quel sera l’impact du changement climatique en 2070 ?
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