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« Je désherberai chimiquement juste autour des vignes avec mon porte-outils interceps »

Florian Brusseau compte utiliser son porte-outils comme support de désherbage chimique. Il n’appliquera ses herbicides qu’au niveau des pieds de vigne.

Florian Brusseau : « Cette solution combinant désherbages mécanique et chimique nous est apparue comme le meilleur compromis débit de chantier, efficacité et impact environnemental. »
Florian Brusseau : « Cette solution combinant désherbages mécanique et chimique nous est apparue comme le meilleur compromis débit de chantier, efficacité et impact environnemental. »
© L. Vimond

Vigneron à Jarnac-Champagne, en Charente-Maritime, en SARL avec son père Christophe, Florian Brusseau cultive une centaine d’hectares de vigne, auxquels s’ajoute de la grande culture. « Jusqu’à il y a encore peu de temps, je désherbais chimiquement en plein sous le rang, explique le jeune vigneron. C’était une solution facile qui permettait de traiter rapidement des grandes surfaces. »

En 2021, la SARL Brusseau et Fils se résigne tout de même à réduire la quantité de produits phytosanitaires sur l’exploitation. Le porte-outils traîné Emisol, qui travaille mécaniquement deux rangs complets à chaque passage, séduit l’exploitation, avec son débit de chantier intéressant. Destiné à travailler dans les vignes récentes plantées au GPS RTK, l’outil est construit par l’entreprise Forge Boisnier, distante de seulement huit kilomètres. Il dispose d’un système d’autocentrage assurant un positionnement optimal par rapport au rang et donc un travail efficace à proximité des ceps et des piquets.

L’autoguidage par GPS RTK pour gagner en efficacité

Le tracteur attelé à l’Emisol est également doté d’un autoguidage par GPS RTK, offrant une précision de 2 cm. « Plus qu’un équipement de confort, l’autoguidage est un vecteur d’efficacité, explique Florian Brusseau. Même avec un outil d’autocentrage, à vitesse élevée, un mauvais coup de volant peut générer de la casse. C’est vite arrivé : le fait de se retourner pour contrôler le travail réalisé nous fait dévier inconsciemment de la trajectoire. »

Malgré la précision de l’autoguidage et de l’autocentrage, et pour ne pas faire de compromis sur la vitesse de travail (6-7 km/h), la SARL Brusseau et Fils fait le choix de garder une distance de sécurité importante, « pour ne pas accrocher de vigne » et de faire installer un système de désherbage localisé autour du pied.

La cuve de 240 litres offre une demi-journée d’autonomie

 

 
La cuve de 240 litres, au centre de l'appareil, alimente quatre buses, positionnées au niveau de chaque palpeur.
La cuve de 240 litres, au centre de l'appareil, alimente quatre buses, positionnées au niveau de chaque palpeur. © L. Vimond
Forge Boisnier se sert du déclenchement des palpeurs d’autocentrage du porte-outils comme signal pour activer le désherbage chimique. Le système se compose d’une cuve de 240 litres au milieu du porte-outils, couplée à une petite pompe électrique 12 V : l’agitation est assurée par le retour de pression et la régulation est manuelle, avec un manomètre pour l’instant placé à l’arrière. Sur chaque support de palpeur, une buse à fente pulvérise de chaque côté 20 cm en amont et 20 cm en aval du pied ou du piquet, lors des premiers essais.

 

Livré l’été dernier, l’appareil, facturé 67 500 euros (désherbage compris) n’a pour le moment pas été testé avec des herbicides. « Nous nous sommes concentrés sur des tests avec de l’eau claire, afin de chercher quelle était la meilleure position des buses », explique Florian Brusseau. Les premiers résultats se montrent encourageants. De 90 litres par hectare en traitement en plein, la pulvérisation est descendue à moins de 30 litres, dans des vignes à 2,80 m d’interrang et 1,30 m entre pieds. Dans des configurations de plantation différentes, la réduction sera toute autre. « Mais cela m’assure une demi-journée de travail sans avoir à refaire le plein, apprécie le vigneron. C’était l’un de nos objectifs. »

Encore une grande marge de progrès

 

 
Le vigneron et le constructeur tâtonnent sur la position optimale et le type de buse.
Le vigneron et le constructeur tâtonnent sur la position optimale et le type de buse. © L. Vimond
La version du désherbage n’est pas définitive. « Le support des buses n’est pas encore rigide, le temps de trouver la position adéquate, explique Adrien Boisnier, le dirigeant de Forge Boisnier. Le principal défi concerne le choix de la buse. Difficile de trouver sur le marché une buse, dans nos objectifs de débit et pression, avec un angle suffisamment fermé pour ne désherber qu’une petite bande à distance. » Avec la buse actuelle, l’appareil traite 50 à 80 cm de large. « 30 cm suffiraient, précise Florian Brusseau, ce qui laisse une marge de réduction de volume à l’hectare considérable. » Impossible de rapprocher la buse du pied sans prendre le risque de l’exposer, elle et son support, au foisonnement de terre et à une casse assurée.

 

L’autre marge de progression, donc de réduction de volume, concerne le déclenchement des palpeurs. « Comme le désherbage chimique est activé dès qu’on sollicite le palpeur, la longueur de bande traitée dépend de la garde que l’on donne aux palpeurs, explique le vigneron. Moins on a de garde, moins on désherbe. »

En bout de rang, le vigneron constate que les palpeurs sont sollicités du piquet de tête à l’ancrage, ce qui permet une pulvérisation continue entre ces deux points. « Pas de risque de voir du liseron s’y développer. »

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