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Exportations 2023 de vins et spiritueux : cinq points à retenir

La Fédération des exportateurs de vins et spiritueux de France (FEVS) a présenté les résultats de la filière à l’exportation en 2023. La baisse des volumes inquiète. 

LECTURE DE L'INFOGRAPHIE : La grosseur des ronds indique le volume en caisses de 12 bouteilles des principales origines exportées. Elles sont classées de gauche à droite, de la plus forte baisse à la plus forte hausse.
© Fait avec Flourish

1 Le chiffre d'affaires à l'export est le deuxième meilleur résultat depuis 2009

Avec 16,2 milliards d’euros, les exportations 2023 de vins et spiritueux français enregistrent leur deuxième meilleur résultat en 14 ans. Et même s’il baisse de 5,9 % par rapport à 2022. Un résultat qui doit beaucoup à l’inflation. Rappelant les exceptionnelles années 2021 et 2022 post-Covid, la FEVS parle d’un « atterrissage en douceur ». Le recul est de 3 % pour les vins mais de 12 % pour les spiritueux, du fait de la baisse de 14,8 % enregistré par le cognac qui pèse 70 % de la valeur des exportations.

Lire aussi : Quelles sont les tendances à l'export selon le Wine Trade Monitor

2 Les ventes baissent de 10 % en volume 

En volume, la baisse atteint 10 % globalement. Pour le vin, le recul est de 9 %. Les ventes atteignent l’un des points les plus bas depuis 2009, a alerté Gabriel Picard, président de la FEVS. Et de citer l'impact de l’inflation sur le pouvoir d’achat des consommateurs, l’évolution rapide de leurs habitudes de consommation, la réduction des stocks sur certains marchés ou les aléas climatiques ayant réduit les volumes disponibles pour certaines appellations. « Nous devons adapter nos offres à la réalité de nos marchés. Il faut que l’amont et l’aval puissent travailler ensemble », a-t-il plaidé. 

Gabriel Picard, président de la FEVS souligne que toutes les régions viticoles sont concernées par la réduction des volumes à l'export en 2023. 

Les spiritueux accusent de leur côté une baisse en volume de 13,3 %, particulièrement marquée pour le cognac (-21 %), la vodka (-21,4 %) et les liqueurs (-17,6 %). 

3 La filière continue de dégager un excédent commercial très important 

Grâce à la stabilité des importations, l’excédent commercial atteint 14,8 milliards d’euros. C’est le premier excédent de la balance commerciale agroalimentaire. 

C'est même grâce aux vins et spiritueux que l'agroalimentaire dégage 6,7 milliards d'excédents. 

Mais les vins et spiritueux ne représentent plus cette année le second poste excédentaire de notre balance commerciale derrière l'aéronautique. Ils reculent au troisième rang laissant le second rang au parfums et cosmétiques qui affichent un solde positif de 16,4 milliards d’euros.

 

4 Les États-Unis, première origine de la baisse des exportations en 2023

En 2023, nos ventes de vins et spiritueux aux États-Unis ont diminué de 22 % en valeur. C’est avec le Canada (-13,9 %), le plus fort recul à l’export. Mais ce pays reste de loin notre plus gros client pesant à lui seul 3,6 milliards d’euros de chiffre d’affaires, soit plus d’un cinquième du chiffre d’affaires total export et plus du double de celui du Royaume-Uni qui est notre second client en valeur. 

Au sein du vin (-7,8 %), les mousseux (- 16 %) reculent fortement, toujours sur le marché des États-Unis. Les spiritueux, entrainés par le cognac, y perdent 36,6 % de chiffre d’affaires en un an.

La FEVS y voit avant tout l’effet d'une adaptation des stocks de la part des opérateurs qui ont eu tendance à surstocker les années précédentes. La concurrence d’autres produits ne doit cependant pas être minimisée.    

 

5 Les pays tiers représentent 74 % de l’export

Les trois quarts du chiffre d’affaires export se destinent aux pays tiers. D’où le vibrant plaidoyer de Gabriel Picard pour le libre-échange. « Le libre-échange n’est pas l’échange sans règle mais il faut faire en sorte que les marchés ne se ferment pas, par principe et par enjeu économique », a-t-il martelé. Une position de la filière à assumer au coeur de la crise agricole dans laquelle le libre-échange est plutôt identifié comme une menace. 

Deux épées de Damoclès planent cependant sur la filière : les taxes Trump (conséquence du conflit Boeing-Airbus) ont été suspendues mais jusqu'en 2026 et tout récemment, la Chine a annoncé engager une enquête vis à vis des eaux-de-vie de vin suspectées de dumping sur son marché intérieur. Le cognac est en première ligne. 

 

 

 

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