En Charente : « J’économise 1 000 euros par hectare de vigne avec la taille rase de précision »
Charles Lebecq, viticulteur sur 60 hectares à Criteuil-la-Magdeleine, en Charente, a converti 20 hectares en taille mécanique afin de réduire ses coûts. Il y voit beaucoup d’avantages.
Charles Lebecq, viticulteur sur 60 hectares à Criteuil-la-Magdeleine, en Charente, a converti 20 hectares en taille mécanique afin de réduire ses coûts. Il y voit beaucoup d’avantages.
« Il y a trois ans, j’ai demandé à Provitis une démonstration de taille rase de précision sur notre exploitation, car je cherchais un système pour gagner en temps de main-d’œuvre, afin de pouvoir faire le maximum par nous-même. Rien n’interdit la taille mécanique pour l’AOC cognac, il suffit de respecter le nombre d’yeux à l’hectare. Il existe déjà des systèmes en cordon haut non palissé qui répondent bien à nos attentes, puisqu’il est possible de gérer avec une prétailleuse et une retaille rapide. Mais on ne peut pas convertir les vignes déjà installées.
La démonstration de TRP m’a conquis : nous avons acheté la machine il y a deux ans et transformé 10 hectares de guyot double que nous avons attachés à plat. Il me faut deux heures pour tailler un hectare en TRP, ce à quoi il faut ajouter une repasse manuelle d’une quinzaine d’heures la première année et d’une dizaine ensuite. Avec une taille traditionnelle il faut compter une vingtaine d’heures pour tailler et une autre vingtaine pour le tirage des bois, sans compter le liage.
Une baisse de rendement à prévoir la première année
J’ai calculé que le système classique nous coûte 1 500 euros par hectare pour la taille, alors que celui en TRP revient à 500 euros par hectare. Une économie de 1 000 euros par hectare, c’est loin d’être négligeable. Maintenant que la crise nous rattrape, on ne regrette pas l’investissement, qui est déjà rentabilisé. D’autant plus que nous faisons un peu de prestation avec. Il faut tout de même prendre en compte une chute de rendement la première année, car on laisse les yeux les moins fructifères. Ce qui n’est pas très dommageable en ce moment vu les quotas en cognac. Mais les vignes s’adaptent rapidement. J’ai l’impression qu’il y a plus de grappes et plus petites, mais les rendements sont équivalents. Je ne constate pas plus d’entassement de végétation ni de maladie. Je trouve même qu’il y a moins de casse par le vent, et j’espère à terme avoir moins de mortalité due aux maladies du bois. L’autre intérêt, puisque c’est rapide, est de pouvoir retarder la période de taille sur les parcelles gélives. Pour moi c’est clair, toutes les nouvelles plantations seront adaptées à la TRP. »
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