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[Dossier] Le vitipastoralisme fait son chemin

Le Château Pré vert, à Razac-De-Saussignac en Dordogne, collabore avec un ami éleveur et laisse pâturer 100 moutons par hectare de vigne en hiver. Il expérimente ausis la méthode mi juin-début juillet. © CHATEAU PRÉ VERT

Les animaux dans les vignes ce n’est pas nouveau. Mais l’évolution des modes de culture de la vigne et de l’agriculture en général les en avait éloignés. La recherche de solutions alternatives au désherbage chimique ou l’envie de limiter les interventions mécaniques conduisent certains viticulteurs à réinviter des animaux dans leurs vignes. Certains sont aussi motivés par l’envie de retrouver une certaine biodiversité et jugent que l’impact est net sur la vie du sol. Hier vue comme passéiste ou fantasque, la démarche suscite aujourd’hui un véritable intérêt dans des domaines de toutes tailles. La communication est une motivation additionnelle, car les animaux dans les vignes c’est assurément photogénique et performant pour rassurer les consommateurs. Leur présence démontre de façon on ne peut plus synthétique que la vigne est un lieu hospitalier.

Mais au-delà de la jolie carte postale, quel est l’intérêt agronomique de la démarche ? Peut-on l’évaluer sur le plan économique ? Peut-elle s’intégrer dans le contexte différent de la viticulture d’aujourd’hui ? Comment la mettre en place ? Qu’en est-il du bien-être animal ? Ce sont quelques-unes des questions que nous avons souhaité aborder. Au fil des témoignages que nous avons recueillis, la démarche apparaît comme pas si bête pour contribuer à des objectifs agroenvironnementaux. Mais elle requiert des conditions bien particulières pour être mise en place. L’expérimentation sur le terrain tient lieu aujourd’hui de recherches et de documentation. C’est donc autour du partage d’expérience que nous avons construit ce dossier. C’est aujourd’hui un levier important pour que cette pratique puisse se généraliser et contribuer à des démarches alternatives viables. Entre vigne, viticulteur et éleveur, une nouvelle complémentarité est à construire.

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