Dans le Morbihan, « nos cuves d’élevage du vin en béton contiendront 15 % de coquilles d’huîtres »
Un néovigneron breton innove en intégrant des coquilles d’huîtres broyées dans ses cuves en béton. Une première expérimentale visant à relier la mer au vin, entre pari technique et ancrage local.
Un néovigneron breton innove en intégrant des coquilles d’huîtres broyées dans ses cuves en béton. Une première expérimentale visant à relier la mer au vin, entre pari technique et ancrage local.
Parce qu’il voulait allier armor (la mer) et argouat (la terre), Dominique Lamballe, propriétaire du Domaine Lamballe à Baden dans le Morbihan, s’est engagé dans un projet inédit : faire fabriquer des cuves d’élevage du vin en béton incorporant 15 % de coquilles d’huîtres. Un matériau local et renouvelable.
À l’origine de ce projet, une rencontre avec CLC France, lors d’une édition précédente du Vinitech. Entrepreneur et marin, Dominique Lamballe dont le domaine est situé à 500 m de l’océan, cherchait un lien entre ses futurs vins et la mer. Le constructeur de cuves a proposé de remplacer une partie des matières minérales utilisées dans le béton par des coquilles d’huîtres.
« C’est un pari que nous faisons, car à notre connaissance, personne n’a jamais essayé et nous n’avons aucune certitude sur l’impact qu’aura ce matériau sur la solidité des cuves et sur les vins », admet le néovigneron. En théorie, l’impact devrait être mineur et CLC a réalisé plusieurs tests, avec différents pourcentages d’incorporation pour vérifier la solidité du matériau obtenu.
8 cuves ovoïdes et 6 jarres en béton pour l’élevage
En recyclant un déchet local et biosourcé, l’impact environnemental des cuves doit être réduit. Le calcul sera réalisé lors du premier bilan carbone du domaine, prévu l’an prochain.
Le domaine Lamballe qui compte 28 hectares, dont 10 plantés en chardonnay pour l’instant, va réaliser ses premières vraies vendanges cette année. Le chai est actuellement en construction mais la cuverie de vinification en inox est déjà fonctionnelle. Les 8 cuves béton ovoïdes de 22,5 hectolitres et les 6 jarres béton de 3 hectolitres doivent être livrées en octobre, pour les premiers élevages. Le budget d’environ 100 000 euros inclut un léger surcoût pour l’incorporation des coquilles.
Ce printemps, 1,5 tonne de coquilles d’huîtres a été collectée chez deux ostréiculteurs du golfe du Morbihan. Les coquilles ont été expédiées à Bordeaux pour être lavées et broyées, puis acheminées en Italie, pour être ajoutées dans le procédé de fabrication des cuves.