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Comprendre la démarche HVE

La Haute valeur environnementale et son acronyme HVE, conquiert la filière viticole. Mais de quoi s’agit-il vraiment ? Éléments de réponse.

Laurent Rousseau, des Vignobles Rousseau en Gironde a choisit d'être audité via l'option A. Le contrôle de la mise en place des mesures agroécologiques comme l'enherbement est donc un passage obligatoire.
En prenant l'option A, l'auditeur passe dans les vignes pour contrôler la mise en place des mesures agroécologiques comme l'enherbement.
© P. Cronenberger

En 2011, le ministère de l’Agriculture a créé une certification environnementale dédiée aux exploitations agricoles, et a introduit par la même occasion la notion de Haute valeur environnementale (HVE). Cette qualification est réservée à ceux justifiant le plus haut niveau de cette certification coconstruite avec les syndicats agricoles, les associations environnementales et la distribution. « C’est toutefois un niveau qui se veut accessible, destiné à faire évoluer la grande masse des agriculteurs, confie Laurent Brault, de l’association HVE développement. Certains diront qu’elle ne va pas assez loin sur certains items, mais il faut voir que l’idée est de placer l’agriculture française dans un standard environnemental global, ce qui n’est pas encore le cas. » Pour atteindre ce palier, il existe deux options. En prenant la voie A, le viticulteur doit justifier d’un certain nombre de points dans quatre grandes thématiques que sont la biodiversité, la stratégie phytosanitaire, la fertilisation et l’irrigation (voir tableau). Tous les items ne paraissent pas forcément pertinents pour chaque filière, mais il faut bien garder en tête que cette certification a été pensée pour l’agriculture dans la globalité et sa diversité.

Une démarche qui ne s’oppose pas à l’agriculture biologique

En prenant la voie B, l’exploitation doit pouvoir justifier que moins de 30 % de son chiffre d’affaires est dédié aux intrants, parmi lesquels l’électricité, l’eau, les charges réelles d’approvisionnement (phyto, engrais, carburant…) mais aussi les carburants, engrais et produits phyto liés à toute prestation de service. Par essence l’option A est plus particulièrement destinée aux filières végétales et l’option B à l’élevage, mais rien n’est cloisonné. Un point qui trouve sa logique dans la diversité de l’agriculture française, mais qui chagrine certains acteurs de la filière viticole. Ces derniers pointent en effet un risque d’injustice dans le cas où des domaines à très forte valorisation, dont la part de main-d’œuvre peut être un poste important du chiffre d’affaires, utiliseraient l’option B sans forcément agir pour l’environnement.

Par ailleurs, la certification HVE ne s’oppose pas à la certification bio ou biodynamie. Elle peut être une alternative, une étape préalable ou un complément. Terra Vitis, déjà reconnu en niveau 2, travaille dans certaines régions comme en Languedoc-Roussillon à intégrer le référentiel du niveau 3 de la certification environnementale. Vignerons en développement durable (V-DD) plus axée sur la RSE – responsabilité sociétale des entreprises –, prépare une évolution de son logo et de son nom qui sera dévoilée à Wine Paris. Selon Iris Borrut, directrice des opérations de l’association V-DD, « la HVE sera la norme à horizon 2 ou 3 ans. Ceux qui voudront trouver un levier de différenciation, se tourneront vers la RSE ».

lexique

Ne dites plus HVE 3 !

C’est un pléonasme. La dénomination Haute valeur environnementale peut être utilisée uniquement pour une exploitation ayant le niveau 3 de la certification environnementale du ministère. On peut donc être certifié niveau 2, mais on ne peut pas être « HVE 2 ».

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