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Changement climatique : comment adapter la protection phytosanitaire de la vigne

Le climat affecte les ravageurs et le cycle de la vigne. Son évolution, combinée à d’autres facteurs, fait de la lutte phytosanitaire un exercice en pleine mutation. Dès lors, comment faire pour s’adapter ? Enquête sur l’impact du changement climatique sur nos pratiques.

Les traitements phytosanitaires seront probablement aussi récurrents à l'avenir, mais les cibles différentes.
Les traitements phytosanitaires seront probablement aussi récurrents à l'avenir, mais les cibles différentes.
© Réussir SA

« De mémoire de vigneron, on n’a jamais vu ça. » C’est une phrase que l’on aurait pu entendre dans le vignoble alsacien en 2021 à propos de la pression mildiou. Ou encore, cette même année, de la présence de vers de la grappe en pleines vendanges sur le vignoble languedocien. Mais aussi de l’oïdium qui sévit de plus en plus fréquemment dans les vignes les plus septentrionales de la France… S’il n’est pas la cause de tous les maux, le dérèglement climatique semble créer des situations inédites, parfois davantage propices aux ravageurs, d’autres fois à contre-courant de nos habitudes.

Faut-il se préparer au pire, et commencer à s’armer dès maintenant pour une lutte phytosanitaire de plus en plus intensive ? Pas forcément, si l’on en croit la science. Lors du projet Laccave 2.0, piloté par l’Inrae et destiné à tisser des liens entre la vigne et le climat de demain, la chercheuse Chloé Delmas a eu la charge d’une méta-analyse pour essayer de faire une projection des pressions biotiques dans le futur.

Vers une pression mildiou moindre

« Nous avons recensé 150 articles scientifiques qui traitent du sujet, explique-t-elle. Les conclusions varient d’une étude à l’autre, il n’y a rien de véritablement tranché. » La plupart des publications concernant le mildiou déduisent toutefois un effet du changement climatique positif pour la profession (moins de pression). À l’inverse, elles sont plus nombreuses à conclure que l’oïdium devrait gagner en intensité, ce qui ferait de lui le ravageur principal de la vigne. « Le facteur essentiel pour les maladies cryptogamiques reste les précipitations. Et les modélisations futures pour la France sont toujours floues à ce sujet », complète Benjamin Bois, maître de conférences en viticulture et climatologie à l’université de Bourgogne.

Il n’en reste pas moins que les spécialistes du climat nous annoncent des évènements de plus en plus intenses. Et à climats extrêmes, situations extrêmes. Il faut dorénavant être prêt, sur le plan de la protection phytosanitaire, à des millésimes de plus en plus variés, du plus facile au plus complexe jamais vu… de mémoire de vigneron.

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