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Un cas fatal de pyélonéphrite suite à une déchirure au vêlage

Le traitement d’une pyélonéphrite avec des antibiotiques et perfusion est souvent illusoire. Mieux vaut prévenir l’infection du rein en évitant les traumatismes au vêlage et la remontée de germes dans l’appareil urinaire.

Les urines sont teintées de sang et troubles.
Les urines sont teintées de sang et troubles.
© C. Fouquet

« Bonjour, il faudrait passer voir une vache qui bricole depuis le vêlage. Je me demande si elle n’a pas été un peu déchirée parce que le veau était gros, il a fallu l’aider. Mais ça fait déjà un bon mois, alors que faut-il lui faire ? » La même chose que d’habitude, c’est-à-dire l’examiner de près !

Cette multipare n’a ni un appétit, ni une production extraordinaires. Elle a 39,3°C de température. Elle a perdu un peu d’état depuis le vêlage, mais rien de catastrophique. Dans le mois qui suit le vêlage, l’acétonémie vient forcément à l’esprit mais avec la fièvre, s’il y a acétonémie, elle est plutôt la conséquence que la cause de la perte d’appétit. La vache s’était bien délivrée mais la queue est sale et portée de manière inhabituelle : elle est légèrement soulevée alors que celle de ses voisines vient bien se poser sur la vulve. C’est un indice important !

Des traces de déchirure

À la palpation transrectale, les bouses sont normales, la matrice a quasiment terminé d’involuer, tout est souple. L’extrémité du rein gauche est palpable mais seule une faible portion est accessible sur cette grande vache. À l’examen vaginal, on peut sentir les traces d’une déchirure datant probablement du vêlage. Il y a quelques écoulements sales et malodorants. Il est bien trop tard pour suturer la déchirure dont la cicatrisation est presque achevée. Il n’y a pas de gangrène de la vulve associée, mais cela peut suffire à expliquer la queue en cimier.

Il ne reste plus qu’à sonder la vache et à récupérer des urines. Celles-ci sont troubles, avec un peu de sang mais surtout des éléments flottent à l’intérieur, sans doute de la fibrine. L’éleveur n’a pas vu spécialement la vache uriner. Il faut essayer d’y prêter attention, car il est possible qu’elle se mette régulièrement en position pour émettre une petite quantité d’urine, de façon saccadée. On est très probablement face à un cas de cystite ou de pyélonéphrite : une infection qui remonte depuis l’appareil génital vers la vessie puis les reins.

Un avenir compromis

Pour différencier cystite (inflammation/infection de la vessie) et pyélonéphrite (infection du rein), une échographie est possible. Elle permettra de voir la paroi de la vessie qui est plus épaisse lors d’infection, l’uretère souvent dilaté lors de pyélonéphrite, et une partie du rein gauche. Malheureusement, cystite et pyélonéphrite sont parfois présentes simultanément.

Une prise de sang peut permettre d’affiner le pronostic : si les marqueurs du rein sont augmentés, cela signifie que plus 75 % des reins sont lésés. Il n'y a alors que peu d’espoir. Si ce n’est pas encore le cas, un traitement peut être tenté même si l’animal est souvent condamné en quelques semaines ou mois.

La fièvre empêche de l’envoyer à l’abattoir dans l’immédiat sous peine de saisie. Même en l’absence de fièvre, la présence de pus dans le bassinet rénal et la vessie, l’augmentation de taille du ou des reins, seront suffisantes pour provoquer la saisie de la carcasse.

L’administration d’un antibiotique peut parfois améliorer la situation mais souvent il y a rechute à l’arrêt du traitement et là non plus il n’est pas possible d’envoyer l’animal à l’abattoir à cause des délais d’attente sur la viande. La chirurgie avec le retrait du rein atteint ne sera envisageable que si l’on est certain qu’un seul rein est atteint, et seulement sur les animaux de forte valeur.

Malheureusement pour cette vache, malgré une prise de sang avec des valeurs dans les normes, malgré l’administration d’un antibiotique diffusant bien dans les urines et une perfusion importante, l’issue sera le camion de l’équarrissage : l’aspect des urines ne s’est jamais normalisé, l’appétit a fini par se dégrader et elle a dépéri progressivement.

À retenir

Les signes cliniques d’une pyélonéphrite :

]]> baisse d’appétit

]]> amaigrissement

]]> douleur abdominale

]]> queue en cimier

]]> douleur lors de l’émission d’urines avec du sang et/ou du pus

Les précautions à prendre au vêlage

]]> une bonne lubrification

]]> une intervention avec des mains propres et gantées

]]> dilatez suffisamment la vulve et le col pour éviter les déchirures

]]> recousez les plaies si nécessaires

]]> assurez un nettoyage et une désinfection des déchirures s’il y en a malgré les précautions prises

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