Aller au contenu principal

Stress thermique : Bien concevoir son système de douchage pour vos laitières

Face au changement climatique, le douchage des vaches laitières peut être une solution à utiliser en dernier recours. Le pilotage en séquences et l’aménagement de la zone de douchage sont essentiels.

<em class="placeholder">bâtiment laitier où le douchage est installé près des cornadis</em>
Le douchage est souvent installé près des cornadis, notamment en traite robotisée.
© BTPL

Quand les journées et les nuits chaudes se succèdent, les vaches laitières subissent un stress thermique qui affecte leur bien-être, leur santé et donc les performances techniques et économiques de l’exploitation. Face au changement climatique, le douchage, très utilisé dans les pays chauds, notamment en Israël et Italie, peut donc être une solution.

« Mais avant d’en installer, il faut d’abord que les vaches aient suffisamment à boire, veiller à réduire le rayonnement direct et indirect du soleil dans le bâtiment, améliorer la ventilation naturelle et si nécessaire installer une ventilation mécanique, insiste Bertrand Fagoo, du service bâtiments d’Idele. Ce n’est que si toutes ces actions restent insuffisantes et que l'on constate encore une baisse de production en été et un inconfort des animaux, que l’on peut envisager le douchage, surtout en zone chaude et sur les troupeaux à haute production. »

Séquences de 45 minutes à 1 heure

À la différence de la brumisation, du cooling pad ou de l’arrosage de toiture, dont l’objectif est de refroidir l’air entourant les vaches, le douchage vise à rafraîchir directement les animaux. Le principe : arroser les vaches avec une pluie de grosses gouttes qui traversent le pelage pour atteindre la peau, puis les exposer au flux d’air généré par des ventilateurs pour faire s’évaporer l’eau et ainsi abaisser leur température corporelle.

 

 
<em class="placeholder">Boîtier de pilotage du système de douchage en bâtiment laitier</em>
Le boîtier de pilotage doit permettre de contrôler les différentes zones de douchage et de ventilation. © Idele

Un point essentiel est de disposer d'un boîtier de pilotage permettant de programmer des séquences de douchage. « Le douchage ne doit pas se faire en continu, mais en séquences de 45 minutes à 1 heure, avec pour chaque séquence 1 minute de douchage suivie de 5 à 15 minutes de séchage, précise Bertrand Fagoo. Il est donc indispensable d’avoir un boîtier permettant ce pilotage. » Le boîtier contrôle les différentes zones de douchage et de ventilation et programme plusieurs séquences journalières. D’autres options peuvent être utiles pour désactiver la ventilation et/ou le douchage à des moments spécifiques (paillage, animaux à l’extérieur, températures nocturnes plus basses...). Le pilotage peut être guidé par des sondes de température seules ou par des sondes de température et humidité, permettant un guidage par le THI (Temperature Humidity Index), qui reflète davantage le confort thermique.

Douchage sur l’aire d’attente ou à l’auge

Il apparaît important d’avoir une zone de douchage où les vaches peuvent être regroupées. « Une étude montre que si le douchage est libre d’accès, certaines vaches y vont plusieurs fois par jour, mais d’autres n’y vont jamais » rapporte Bertrand Fagoo. En traite manuelle, le douchage doit se faire en priorité sur l’aire d’attente, avec des gicleurs diffusant à 360 degrés pour une surface arrosée de 4 m² par buse. Il peut aussi se faire à l’auge, seul ou en complément, avec une buse pour trois vaches à l’auge, soit tous les 2,10 mètres. La projection se fait alors seulement à 180 degrés pour ne pas mouiller la ration. « Le but est d’arroser l’abdomen des vaches. La ligne de douchage doit être décalée de 30 à 50 centimètres par rapport aux cornadis et il faut vérifier que les buses sont bien orientées. »

En traite robotisée, le douchage se fait préférentiellement sur la zone d’accès à l’auge et sur l’aire d’accès au robot.

 

 
<em class="placeholder">Le douchage peut se faire en aire d’attente avant la traite</em>
Le douchage peut se faire en aire d’attente avant la traite ou en y poussant les vaches. © Idele

Une possibilité en traite manuelle est de programmer une séquence de douchage avant chaque traite en aire d’attente et une séquence à l’auge avant la distribution. S’il fait très chaud, on peut aller jusqu’à huit à dix séquences par jour, en aire d’attente avant la traite, à l’auge et/ou en poussant les vaches vers l’aire d’attente. « Il y a alors plus de travail, mais l’installation est moins coûteuse que si l’on doit aménager du douchage à l’auge. » Pour le douchage à l’auge, il faut s’assurer que les vaches sont présentes quand on douche en coordonnant distribution, repousse de fourrage et douchage. L’utilisation de détecteurs de présence est aussi possible, mais coûteuse.

Assurer du débit et une bonne ventilation

L’eau peut provenir du réseau ou d’un forage, avec une réserve tampon de 1 000 litres en cas de manque de débit, l’objectif étant un débit de 1-2 litres à la minute. Il faut abaisser la pression à 1 à 2 bars pour favoriser la formation de grosses gouttes qui pénètrent mieux le pelage. Les ventilateurs doivent être positionnés de façon à bien sécher les vaches. « Quand le douchage se fait à l’auge, il faut donc ventiler à l’auge et sur l’aire de couchage, ce qui implique d’équiper tout le bâtiment » analyse Bertrand Fagoo.

Les ventilateurs doivent pouvoir tourner à faible vitesse lors du mouillage, puis atteindre une vitesse d’air de 2 mètres à la seconde lors du séchage. « Les ventilateurs à flux horizontal à variation de vitesse de dernière génération atteignent ces objectifs. Ils doivent être installés au maximum tous les 12 mètres et être inclinés de façon à orienter le flux d’air sur les flancs des vaches. »

Coté éco

Les références sur le douchage sont encore assez rares. Une estimation est un investissement de 350 à 550 €/vache. S’y ajoutent la consommation d’eau (3,2 à 3,5 m³/VL/an avec boîtier de pilotage) et l’électricité pour les ventilateurs. Au final, le coût du douchage, incluant l’amortissement et les coûts de fonctionnement, varie de 100 à 160 €/vache/an.

En savoir plus

Un document complet sur le douchage est disponible sur le site Cniel-Infos.com

 

Les plus lus

<em class="placeholder">ragondin</em>
Avortement de génisse au pré : quand les ragondins entrent dans l’enquête
Chez les bovins, la leptospirose cause des troubles de la reproduction, notamment des avortements dans la seconde moitié de…
<em class="placeholder">David Cartron dans une parcelle de maïs impactée par la sécheresse</em>
Sécheresse : « La priorité, c’est de trouver du maïs et de préparer les stocks 2027 », en Vendée

En Vendée, la sécheresse et les périodes de canicule ont fortement impacté la constitution des stocks de fourrage. Pour tenir,…

Deux cas d'orthobunyavirus formellement détectés en Normandie

Jusqu'à présent principalement identifié dans l'Est de la France ainsi qu'en Suisse et en Allemagne, l'orthobunyavirus vient d…

<em class="placeholder">Éleveurs devant l&#039;installation de traitement des eaux de pluies </em>
« Nous traitons l’eau de pluie pour abreuver nos vaches », dans le Doubs

Le Gaec de La Vie, dans le Doubs, s’est équipé d’un système de filtration des eaux de pluie pour abreuver les vaches…

<em class="placeholder">Les quatre associés du Gaec de la Verne dans la stabulation</em>
Dérobées : « Avec l’association ray-grass et légumineuses couplée aux méteils, nos silos d’herbe sont remplis pour toute l’année dès le printemps », en Saône-et-Loire

Le Gaec de la Verne, en Saône-et-Loire, récolte depuis vingt ans des dérobées avant maïs pour sécuriser le stock d’herbe. Des…

<em class="placeholder">De gauche à droite : Florian et Stéphanie Morel avec Emmanuelle et Ludovic Billard.</em>
Congés : « Nous nous aidons entre éleveurs voisins et nous dégageons un week-end sur deux de repos et au moins quinze jours de vacances par an » dans les Côtes-d’Armor
Dans les Côtes-d’Armor, Emmanuelle, Stéphanie, Florian et Ludovic s’entraident entre leurs deux fermes pour pouvoir se dégager un…
Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 91,80€/an​ TTC
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Réussir lait
Profitez de l’ensemble des cotations de la filière Réussir lait
Consultez les revues Réussir lait au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters de la filière laitière