Stages vétérinaires tutorés : malgré « un satisfecit général », l’objectif du maillage territorial n’est pas atteint selon le CGAAER
Huit ans après la mise en place du stage vétérinaire tutoré en milieu rural dans les quatre écoles vétérinaires publiques, le CGAAER évalue dans un rapport l’efficience du dispositif et fait des propositions pour l’améliorer.
Huit ans après la mise en place du stage vétérinaire tutoré en milieu rural dans les quatre écoles vétérinaires publiques, le CGAAER évalue dans un rapport l’efficience du dispositif et fait des propositions pour l’améliorer.
Certains territoires ruraux doivent faire face à une désertification vétérinaire. Pour y remédier des stages tutorés en milieu rural (STER) ont été mis en place dans les écoles nationales vétérinaires afin d’inciter les jeunes diplômés à s'installer dans ces milieux et à y maintenir l'activité vétérinaire. Après une phase expérimentale lancée en 2013, le dispositif en place depuis l'année scolaire 2016- 2017 et soutenu financièrement par la direction générale de l’alimentation (DGAL), s’inscrit désormais à part entière dans le cursus vétérinaire.
Qu’en est-il aujourd’hui ? C’est à cette question qu’a voulu répondre le CGAAER dans son rapport de décembre dernier qui vient d’être rendu public.
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Un stage professionnalisant de 18 semaines
Le nombre d'étudiants ayant suivi un stage tutoré, qui a progressivement augmenté au fil des années, se stabilise autour de 100-110 étudiants par an avec un coût annuel d’environ 550 000 €. Le dispositif STER est un stage professionnalisant d'une durée de 18 semaines, réalisé en dernière année d'études vétérinaires. Il repose sur un tuteur vétérinaire praticien, qui doit se soumettre à une procédure de labellisation, et un tuteur enseignant de l'ENV (Ecole nationale vétérinaire) du stagiaire. Le pilotage global est assuré par l’ENVT (Ecole nationale vétérinaire Toulouse) , en lien avec les organisations professionnelles vétérinaires et des enseignants référents dans chaque école.
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Stages tutorés : le CGAAER note un « satisfecit général »
Selon le CGAAER, l’étude révèle « un satisfecit général » de la part des participants, que ce soit les vétérinaires (tuteurs) qui jugent « l'expérience très positive », les étudiants tutorés qui choisissent un STER afin de « gagner en autonomie et en confiance de soi », ou encore les enseignants qui sont convaincus que « les stages tutorés facilitent le passage de certains étudiants à la vie professionnelle ».
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Les zones rurales critiques demeurent peu attractives
Depuis 2017, la moitié des 1554 vétérinaires diplômés ayant choisi la sixième année d’approfondissement en animaux de production conservent une activité en médecine rurale, souligne le rapport. « On ne constate toutefois pas de différence significative entre les vétérinaires ayant suivi un stage tutoré et les autres ayant opté pour un approfondissement classique en animaux de production » admet le CGAAER. Selon lui, le stage tutoré ne semble donc pas « apporter de réponse évidente aux objectifs de renforcement du maillage vétérinaire ». Autre problématique : les zones identifiées comme critiques en matière d'accès aux soins vétérinaires restent, dans tous les cas, peu attractives.
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Intégrer les productions animales autres que bovines
Dans son rapport, le CGAAER formule plusieurs recommandations pour améliorer le dispositif, notamment d’étendre le système aux étudiants français formés à l’étranger. Il enjoint les écoles vétérinaires à informer le étudiants sur le dispositif le plus tôt possible lors de l’entrée à l’école et à revoir les modalités d’encadrement pédagogique des stages tutorés afin de renforcer les échanges entre vétérinaire tuteur et tuteur enseignant. Autre recommandation : revoir les critères de labellisation des structures vétérinaires d’ accueil pour intégrer les productions animales autres que bovines : ovins, caprins, volailles, porcs et équins.
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Simplifier la demande de labellisation des structures vétérinaires
Le CGAAER estime par ailleurs qu’il faut simplifier la procédure de demande et de renouvellement de labellisation des structures vétérinaires et envisager une validation pluriannuelle par simple déclaration si aucun changement n’a eu lieu. Selon lui, il faut aussi mettre en place une formation adaptée à l’attention des vétérinaires tuteurs pour doter ces professionnels d’outils pédagogiques propres à améliorer l’accueil des stagiaires et l’efficience du dispositif.