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Sécheresse : quelles conséquences et quelles aides pour les agriculteurs ?

Les dégâts causés par la sécheresse sur l’agriculture se précisent avec une forte inquiétude pour l’élevage. Marc Fesneau, ministre de l’Agriculture, annonce de premières mesures de soutien.

sécheresse agriculture élevage
© @jmagri57 compte twitter d'un éleveur laitier de Moselle

« La France connaît une sécheresse équivalente à celle de 1976 avec trois fois plus d’épisodes caniculaires », a déclaré cet après-midi Marc Fesneau, ministre de l’Agriculture et de la Souveraineté alimentaire, à l’issue d’un comité exceptionnel de suivi de la situation de sécheresse dans le monde agricole.
 

Restrictions d’eau : grande responsabilité du monde agricole

A date plus de 90 départements sont touchés par des restrictions d’eau et les agriculteurs jouent le jeu, selon le ministre de l’Agriculture et Bérangère Couillard, secrétaire d’Etat chargée de l’Ecologie auprès du ministre de la Transition écologique. Sur 7500 contrôles sur l’application des mesures de restrictions seuls 250 rappels à la loi ont été formulés. « Essentiellement des particuliers », souligne Bérangère Couillard. « Je veux saluer la grande responsabilité du monde agricole dans cette période de rationnement », a déclaré de son côté Marc Fesneau.
 

-18% de maïs grain et -21% de production d’herbe

Si quelques pluies sont intervenues la semaine dernière, le rechargement des nappes ne s’opérera qu’à partir de l’automne prochain. Le ministre de l’Agriculture chiffre à date les dégâts sur l’agriculture :

  • En grandes cultures : une baisse de production est attendue de 18% sur le maïs grain par rapport à août 2021, une stabilité de la production de tournesol (grâce à la hausse des surfaces) et en céréales à paille mais avec une grande disparité selon les régions
  • Une baisse de la production d’herbe dans les prairies de 21% à date.
  • En fruits et légumes : « une altération de la qualité visuelle ou gustative est observée pour certaines production (comme les concombres, courgettes et melons, ndlr) » ou « une hausse importante de la demande face à une production en retrait du fait des restrictions d’eau, sur le concombre par exemple », selon Marc Fesneau. Les récoltes en pommes et pêches sont « encourageantes » mais par rapport à une année 2021 marquée par le gel
  • En viticulture : la production est plus abondante par rapport à une année 2021 marquée par un gel très important.

Dans certaines régions les éleveurs puisent dans leur stock de fourrage depuis mai

« Nous avons des inquiétudes sur le maïs et l’approvisionnement herbager qui va mettre des éleveurs en situation de tension. Dans certaines régions, les éleveurs puisent dans leur stock de fourrage depuis mai. Le risque est de voir une décapitalisation », souligne Marc Fesneau.

Premières mesures de soutien

Face à cette situation, le ministre de l’Agriculture annonce plusieurs nouvelles mesures de soutien :

  • La mobilisation du régime de calamités agricoles pour les cultures éligibles. « Essentiellement les prairies », pointe Marc Fesneau.
     
  • Le renforcement des avances versées dans le cadre de la politique agricole commune (Pac) en octobre. Les avances d’indemnité compensatoire de handicap naturel se feront à hauteur de 85% contre 75% habituellement. Les avances pour les aides découplées habituellement à hauteur de 50% seront versées à 75%. Soit 1.5 milliard d’euros mobilisés en avance « pour répondre aux questions de trésorerie », selon le ministre.
     
  • La mobilisation des dispositifs de droit commun comme les exonérations de taxe sur le foncier non-bâti (dégrèvement opéré après détermination d’un taux de perte par zone géographique et par production sous la forme d’une diminution de la taxe proportionnelle à la perte estimée) et de cotisations sociales (dans le cadre d’une enveloppe annuelle de 30 millions d’euros d’ores et déjà prévue)
     
  • Des ajustements temporaires des cahiers des charges pour les appellations d’origine contrôlées (AOP) (déjà appliqués pour le piment d’Espelette et le Saint Nectaire


Pas de mesure généralisée pour les cultures dérobées

En revanche, le ministre n’a pas annoncé de mesure généralisée pour les cultures dérobées, comme le demandaient les syndicats agricoles. « Par voie dérogatoire, il y a des possibilités de faire des demandes individuelles de report des semis sur justification météorologique dans 50 départements », souligne Marc Fesneau.

Dans le cadre de la politique agricole commune, cette mesure doit restée « exceptionnelle et délocalisée », précisent Marc Fesneau et Bérangère Couillard. D’autres mesures dérogatoires pourraient être prises dans les jours qui viennent au niveau préfectoral pour lever l’obligation des semis si les conditions de levée des cultures dérobées n’étaient pas réunies.

Au-delà de ces mesures, « nous travaillons pour que le déploiement des retenues d’eau s’active » déclare Marc Fesneau. « On doit aussi travailler sur la réutilisation des eaux de station d’épuration », poursuit-il.

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