Sécheresse 2026 dans l’Allier : « Les pertes en céréales sont réelles, mais encore difficiles à évaluer sur mon exploitation »
Jérôme Farjaud est céréalier et éleveur de charolaises à Saint-Gérand-le Puy dans l’Allier. Il témoigne de l’impact de la sécheresse actuelle sur son exploitation et de sa recherche de solutions pour rebondir face à des aléas climatiques de plus en plus fréquents.
Jérôme Farjaud est céréalier et éleveur de charolaises à Saint-Gérand-le Puy dans l’Allier. Il témoigne de l’impact de la sécheresse actuelle sur son exploitation et de sa recherche de solutions pour rebondir face à des aléas climatiques de plus en plus fréquents.
À peine relevée d’une tempête qui a fortement endommagé en juillet 2025 ses bâtiments et son laboratoire de transformation de viande bovine, l’exploitation de Jérôme Farjaud doit à nouveau faire face à une année compliquée. « Sans irrigation, nous sommes très impactés par la sécheresse », explique celui qui travaille des sols très hétérogènes, avec une forte proportion d’argilo-calcaires superficiels.
Des céréales prometteuses mais décevantes au final
Fortes précipitations pendant l'hiver, épisodes de canicules à répétition, la campagne céréalière a été compliquée. « Après les 250 mm tombés en septembre, qui ont provoqué un début de dépérissement des céréales après la levée, puis les 35 jours de pluie enregistrés en début d’année, les cultures se sont bien reprises. Mais la sécheresse est ensuite arrivée trop tôt. »
Résultat, les orges d’hiver qui s’annonçaient prometteuses, n’ont finalement donné que 45 q/ha. Les blés tendres meuniers finissent eux un peu mieux, mais juste à la moyenne de l’exploitation à 58 q/ha. « Heureusement la qualité est là », se console Jérôme Farjaud. Les colzas ont été fortement pénalisés par le déficit hydrique. Certains ne sont toujours pas arrivés à maturité et seule une partie des parcelles a pu être récoltée. Il est encore difficile d’évaluer précisément les pertes, mais les rendements s’annoncent décevants.
Des maïs et des tournesols qui souffrent
Côté cultures de printemps, « les implantations ont été bonnes », mais là aussi l’exploitant s’attend à des pertes qui sont difficilement chiffrables aujourd’hui. « Les floraisons ont heureusement eu lieu juste après la canicule de fin juin, mais aujourd’hui on est dans l’inconnu. Dans les terres superficielles, les maïs jaunissent, certains ont des épis très petits voire absents. Dans les fonds, ils semblent résister un peu mieux. La situation est la même en tournesol, où il y a beaucoup de petites têtes. » Si des pluies devaient arriver, l’exploitant s’interroge sur un impact positif possible vu l’état actuel des cultures.
Les ressources fourragères tiennent pour l’instant car le troupeau est mené de façon extensive, avec un chargement à l’hectare très faible. « Cela me permet d’ouvrir progressivement les pacages mais il n’y a pas grand-chose dedans. Je vais devoir bientôt leur donner du vieux foin, puis ce sera de la paille car j’ai la chance d’en avoir beaucoup cette année. Je garde la luzerne pour l’hiver. » Pour l’instant, l’éleveur ne prévoit pas d’achat de fourrage mais tout va dépendre du retour des pluies à plus ou longue échéance.
Une nécessité de s'adapter face aux aléas
Ces aléas climatiques qui se répètent incitent Jérôme Farjaud à faire évoluer ses pratiques pour les prochaines campagnes, comme semer des variétés de blé plus rustiques, implanter plusieurs variétés de colza, et les semer le plus tôt possible… « Ici on ne s’attend pas à de gros rendements. On cherche plutôt des variétés régulières quelles que soient les années. »
L'exploitant a pour philosophie de « toujours trouver des pistes pour rebondir ». Transformation de la viande bovine, salle de panification, vente directe, création d’un parcours de découverte sur l’exploitation, sont autant d’initiatives qui lui permettent de dégager davantage de valeur ajoutée et de renforcer la résilience de son système.