Salon de l’agriculture 2026 : pourquoi le mouton Charollais ne sera pas présent cette année
Par solidarité avec l’élevage bovin, et afin d’adresser un signal de mécontentement aux instances politiques, l’OS Mouton Charollais annonce qu’elle ne participera pas au concours général agricole au salon de l’agriculture 2026.
Par solidarité avec l’élevage bovin, et afin d’adresser un signal de mécontentement aux instances politiques, l’OS Mouton Charollais annonce qu’elle ne participera pas au concours général agricole au salon de l’agriculture 2026.
« Présente sans interruption au Salon International de l’Agriculture de Paris depuis 1972, la race Mouton Charollais a pris la décision, pour la première fois depuis plus de cinquante ans, de ne pas présenter d’animaux cette année à Paris », déclare Denis Berland, président de l’OS Mouton Charollais, dans un communiqué publié le 9 janvier sur Facebook. Après l’annulation par toutes les races bovines de leur participation au Concours général agricole, sur fond de contexte sanitaire compliqué, c’est à la race ovine de s’exprimer alors que les organisateurs du Salon doivent prendre la parole ce matin sur la présence des animaux au SIA 2026.
La race Mouton Charollais s’appuie majoritairement sur des exploitations de sélection mixtes ovins/bovins
Si l’organisme de sélection ovine affirme que cette décision « n’est en aucun cas dirigée contre l’organisation du Concours Général Agricole », elle indique que « cette absence se veut un signal adressé au monde politique et aux instances décisionnelles, face à un sentiment de déconnexion croissante entre les politiques publiques et la réalité du terrain agricole ».
« La race Mouton Charollais s’appuie majoritairement sur des exploitations de sélection mixtes ovins/bovins, directement concernées par l’ensemble des difficultés qui touchent aujourd’hui l’élevage français, qu’elles soient sanitaires, économiques ou réglementaires » poursuit le communiqué de l’OS Mouton Charollais.
DNC : solidarité exprimée envers les éleveurs bovins
L’OS cite ainsi la FCO qui a lourdement touché les élevages ovins et dénonce un manque « d’anticipation des crises ». Elle pointe aussi « la gestion de la MHE qui engendre une lourdeur administrative excessive, avec un recours aux PCR pour chaque rassemblement d’ovins et lors de changement de zone sanitaire, ce qui freine considérablement les échanges ». Mais aussi la DNC : « si la DNC ne concerne pas directement la filière ovine, nous souhaitons exprimer notre solidarité pleine et entière avec nos collègues éleveurs bovins, d’autant plus que, comme évoqué précédemment, la majorité des éleveurs de Mouton Charollais possèdent un atelier bovin et sont donc également concernés par cette crise », écrit Denis Berland.
Prédation et Mercosur parmi les sujets de mécontentement
Et d’ajouter comme sujets de mécontentement la « question majeure de la prédation », « le contexte politique et commercial international » ou encore « le choix de mettre la race Brahman à l’honneur », l’année où se négocie l’accord UE-Mercosur. « Si la mise en lumière des territoires ultramarins est une initiative louable, la très forte présence de cette race sur le continent américain rend ce symbole particulièrement maladroit dans le contexte actuel », écrit l’OS.
Enfin l’organisme de sélection estime que « les animaux perdent progressivement leur place au sein du SIA ». « La présence croissante de grandes entreprises, notamment de la grande distribution, modifie profondément l’équilibre du Salon et contribue à lui faire perdre, année après année, l’âme agricole qui faisait sa singularité », peut-on encore lire dans le communiqué.