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Reprise d’exploitation : les trois erreurs à éviter pour son dossier bancaire

Lorsque l’on sollicite sa banque pour un emprunt bancaire, quelques erreurs sont à éviter pour mettre toutes les chances de son côté et convaincre de la solidité de son projet.

<em class="placeholder">Banques Crédit Mutuel et Crédit Agricole à Bricquebec dans la Manche. Secteur bancaire français.banque assurance. financement de la filière agricole. prêt pour ...</em>
Le taux d’endettement supportable pour une exploitation se fait en pourcentage de l'EBE, donc ce chiffre doit être le plus proche possible de la réalité.
© L'Agriculteur normand

Faire un prévisionnel économique trop optimiste

« Le prévisionnel économique doit être le plus réaliste possible en regardant la moyenne des cinq dernières années quand on a un historique », estime Amandine Bernard, conseillère agricole et formatrice indépendante. Pour elle, l’erreur fatale est de surestimer le niveau de rendement, car c’est notamment à partir des rendements que l’on détermine l’excédent brut d’exploitation (EBE). Le taux d’endettement supportable pour une exploitation se fait en pourcentage de cet EBE, donc ce chiffre doit être le plus proche possible de ce qui sera réellement réalisé. « L’idéal est de prévoir une marge de sécurité de 15 % pour l’EBE, préconise-t-elle. Le prévisionnel doit passer quatre années sur cinq. »

Ne pas établir de plan de trésorerie

« C’est un aspect trop souvent oublié en amont du rendez-vous bancaire », souligne Amandine Bernard. Le business plan et le plan de financement sont travaillés la plupart du temps avec le centre de gestion, mais les questions de trésorerie et de besoin de fonds de roulement (BFR) passent parfois à la trappe. « Il faut avoir en tête qu’un jeune agriculteur qui s’installe doit pouvoir financer un premier cycle de production », rappelle Arnaud Viandier, responsable du marché agriculture au Crédit mutuel. Crédit court terme ? Ou moyen terme amortissable ? Il faut s’interroger sur la manière dont on va financer ce BFR.

Trop parler par peur des questions

Il s’agit de ne pas esquiver des questions que l’on n’aurait pas envie d’entendre sur les éventuels points faibles de son dossier en monopolisant la parole. « Il est important d’être à l’écoute et de laisser parler le banquier », considère Pierre-Jean Moïa, expert-conseil agricole chez Fitagri. C’est en effet lui qui aura la main sur la décision de financement ou qui va présenter le projet à sa hiérarchie, alors autant s’assurer qu’il ou elle a bien compris celui-ci afin de pouvoir fournir des explications supplémentaires si besoin. Par ailleurs, une demande de financement bancaire est aussi une négociation, il faut donc avoir la maîtrise de sa parole.

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