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[Ravageur] Le charançon Lixus de la betterave, un insecte en expansion

Du sud vers le nord, le charançon Lixus se propage sur la culture de la betterave. Dans le Centre Val-de-Loire, la majorité des parcelles sont touchées.

L'adulte est brun à grisâtre avec un liseré blanc à la base des élytres.
L'adulte est brun à grisâtre avec un liseré blanc à la base des élytres.
© C. Gloria

Bien diagnostiquer les dommages causés par le charançon

De grosses galeries creusées dans la racine de la betterave : l’auteur peut être la larve du charançon Lixus juncii, surtout si ces symptômes ont été observés dans les régions au sud de Paris, voire en Champagne. Les attaques de ce ravageur commencent avec l’arrivée des adultes, à partir de mai.

Ce coléoptère présente une tête prolongée par un rostre, un corps allongé d’1 à 1,5 cm et des élytres bruns à grisâtres bordés d’un liseré blanc à la base. Les femelles pondent dans le pétiole des feuilles (ou dans les hampes florales dans les betteraves semences). Bien visibles, les trous de pontes (piqûres) peuvent se compter par dizaines pour une seule plante.

 

 
Chaque pétiole peut compter plusieurs piqûres de pontes.
Chaque pétiole peut compter plusieurs piqûres de pontes. © ITB
Après éclosion, les larves creusent des galeries dans les pétioles puis dans les racines. Dans ces dernières, les parties endommagées peuvent être contaminées par des champignons secondaires si les conditions s’y prêtent, comme Rhizopus qui génère une pourriture.

 

Comment prévenir les dégâts et combattre le charançon Lixus

Variétés : Les composés organiques volatils (COV) pourraient engendrer des attractions différentes du charançon selon les variétés. Une étude est en cours pour tester l’hypothèse.

 

 
Les galeries creusées sont une porte d'entrée pour des champignons qui y provoquent une pourriture.
Les galeries creusées sont une porte d'entrée pour des champignons qui y provoquent une pourriture. © ITB
Surveillance : En 2022, un outil sera mis en œuvre pour le suivi du ravageur : Alerte charançons. Alimenté par les données Vigiculture, il prédira les pics de vols.

 

Biologique : Des produits de biocontrôle et des plantes de service vont être testés pour réduire les attaques de charançons. Les blettes sont particulièrement attractives pour cette espèce. Leur utilisation permettrait de les attirer à l’extérieur des parcelles tout en permettant de mieux connaître les dates d’arrivée des adultes et d’améliorer leur suivi. Les adultes arrivent par les bords de champ : leur entretien régulier limiterait les infestations.

Chimique : La stratégie insecticide consiste à traiter au moment des vols de charançons, dès l’observation des adultes ou des premières piqûres sur les pétioles, pour limiter les pontes dans les betteraves. Dans la plante, les larves sont hors d’atteinte. Seuls deux produits à base de pyréthrinoïdes sont homologués selon l’ITB : Karaté Zéon et Decis Expert. Mais leur efficacité est limitée avec un effet très partiel sur la réduction du nombre de galeries dans les racines.

 

 
La larve creuse des galeries dans le pétiole puis la racine.
La larve creuse des galeries dans le pétiole puis la racine. © ITB

 

Sources : ITB, Fnams, BSV, lixusdefrance

Quatre points clés sur le Lixus

Betteraves semences, potagères, fourragères, sucrières ou sauvages : le charançon Lixus s’attaque à toutes les betteraves. L’espèce est inféodée au genre Beta. Sur les productions grainières se situant au sud de la France, les dégâts peuvent être importants.

Les pertes de rendement sont comprises entre 5 et 10 % de la racine sur des plantes présentant des galeries développées. Elles peuvent dépasser 50 % avec une contamination par Rhizopus.

 

 
Les racines peuvent perdre entre 5 et 10 % de leur matière.
Les racines peuvent perdre entre 5 et 10 % de leur matière. © ITB
Le charançon a été signalé à partir de 2013 sur betterave industrielle en Limagne. Il s’est ensuite propagé dans la région Centre Val-de-Loire où, en 2020 et 2021, une grande part des parcelles suivies étaient touchées par ce ravageur (piqûres sur pétioles). Dans plus de la moitié des sites, plus de 50 % de plantes étaient atteintes.

 

Les températures élevées sont propices au développement de ce ravageur. Les conditions de sécheresse facilitent son développement et l’attaque des racines. En 2021, les dégâts ont été limités grâce aux conditions météo qui ont permis au bouquet foliaire de perdurer dans le temps et de limiter la présence des larves dans les racines.

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