Quels leviers pour réduire le risque de dysgalactie post-partum en maternité ?
Une enquête réalisée par l’Ifip dans 55 élevages souligne le caractère multifactoriel du syndrome de dysgalactie post-partum (SDPP). Elle détaille les actions de prévention mises en place par les éleveurs.
Une enquête réalisée par l’Ifip dans 55 élevages souligne le caractère multifactoriel du syndrome de dysgalactie post-partum (SDPP). Elle détaille les actions de prévention mises en place par les éleveurs.
Le SDPP se manifeste dans les jours qui suivent la mise bas par une baisse (dysgalactie) ou une absence (agalactie) de production laitière, souvent accompagnée de fièvre et/ou d’anorexie.
Les conséquences sont directes : porcelets affaiblis, croissances pénalisées, mortalité en hausse et recours fréquent aux traitements. Dans un contexte de réduction des usages d’antibiotiques, mieux comprendre les facteurs associés au SDPP devient stratégique pour la prévention.
Un syndrome clairement multifactoriel
Une enquête réalisée par l’Ifip dans 55 élevages met en évidence des associations avec plusieurs familles de facteurs comme la santé des truies. Les élevages les plus touchés déclarent davantage de boiteries, de morsures de vulve, de prolapsus ou de mamelles blessées. Ces éléments suggèrent un lien avec l’état inflammatoire global des truies. L’alimentation et la conduite semblent aussi corrélées à la sévérité du SDPP. Plusieurs pratiques ressortent :
À l’inverse, certains facteurs semblent associés à un moindre risque :
Certains facteurs de risque cités dans la littérature n’ont pas été identifiés dans cette enquête. C’est le cas de faibles débits d’eau, d’une entrée en maternité tardive ou de la constipation. Une sous-estimation de la constipation est possible, faute d’indicateurs suivis systématiquement. Mais ceci peut aussi être une conséquence favorable de la mise en groupe, de l’évolution de la conduite alimentaire des truies gestantes (fibres), de l’attention portée à l’abreuvement et plus généralement de l’amélioration des pratiques d’élevage. La distribution de soupe (gestation ou maternité) est plus fréquente dans les élevages fortement touchés. Plusieurs hypothèses sont avancées : défaut d’hygiène des circuits et de la soupe, distribution imprécise (quantité et homogénéité), impact sur le microbiote… Ces éléments méritent d’être approfondis, mais invitent déjà à vérifier le fonctionnement et l’entretien des équipements.
Vers une liste de bonnes pratiques
Si la taille de l’échantillon invite à la prudence, l’étude suggère des pistes de prévention à valider dans des situations d’élevages variées Elle souligne surtout l’intérêt d’une approche globale combinant une détection rigoureuse des truies malades (fièvre, perte d’appétit), la prévention des blessures et boiteries et de l’inflammation, une bonne conduite alimentaire autour de la mise bas (fibres, stabilité…), la maîtrise de l’état corporel, une hygiène renforcée et la surveillance et la prise en charge des mises bas difficiles. À l’heure où les maternités évoluent, notamment avec le développement des cases liberté, la détection précoce et la prévention du SDPP pourraient devenir plus difficiles. La formalisation d’une liste de bonnes pratiques apparaît aujourd’hui comme une étape clé pour sécuriser les performances tout en limitant le recours aux antibiotiques.
Gwendoline Hervé et Sylviane Boulot, gwendoline.herve@ifip.asso.fr
Côté web
Cette étude réalisée dans le cadre du projet Febril qui bénéficie d’un financement EcoAntibio a été présentée aux Journées de la Recherche Porcine en 2026.
"Une prévention exigeante"
Sylviane Boulot, Ifip-Institut du porc
© IfipCette étude nous rappelle que la prévention du SDPP est exigeante. En effet, comme tous les syndromes, le SDPP a une origine est multifactorielle, ce qui entraîne de nombreux facteurs de risque à maîtriser en lien avec les pratiques d’élevage. Pour tenir compte de l’évolution des élevages, il faudra donc mettre à jour la longue liste « historique » des bonnes pratiques. Les recommandations disponibles étaient en effet basées sur des études anciennes réalisées sur des truies moins productives qu’aujourd’hui. Enfin, la bonne détection des truies malades reste essentielle pour éviter sur ou sous-détection et permettre une bonne prise en charge.