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Quels fruits et légumes produire dans le climat de demain ?

Face au dérèglement climatique, le projet de recherche Climatveg propose des pistes de solution qu’il faut désormais mettre en pratique.

<em class="placeholder">serre détruite</em>
Parmi les résultats de Climatveg, un outil, ClimAléas, permet de diagnostiquer la vulnérabilité d’une exploitation.
© Cerafel

En 2070, il fera à Nantes les températures actuelles de Marseille, et à Saint-Pol-de-Léon celles de La Rochelle. Et cela avec des sécheresses, des excès d’eau et des aléas plus ou moins intenses. Dans ces conditions, comment continuer à produire et quoi ? Pour répondre à ces questions, un projet, Climatveg, mêlant observations de terrain, recherches et expérimentations a été mené de 2021 à 2025 en Pays de la Loire et Bretagne, piloté par Végépolys Valley et cofinancé à hauteur de 5,4 millions d’euros par les deux régions et par l’Ademe Bretagne.

« L’idée était d’avoir une recherche très proche du terrain et d’être un accélérateur de la transition », souligne Lydie Bernard, vice-présidente du conseil régional des Pays de la Loire. Quatre-vingts partenaires et 350 agriculteurs et acteurs économiques ont été mobilisés dans le cadre de vingt-quatre actions de recherche-expérimentation dans toutes les filières. « La dynamique collective a permis d’imaginer des approches mobilisant des leviers liés aux plantes, au sol et à l’irrigation », précise Flavie Delattre, présidente de Végépolys Valley.

Leviers techniques et agronomiques

Les travaux ont révélé une « méditerranéisation » des températures dans l’Ouest, avec, comme l’ont montré les quatre années atypiques du projet, une forte variabilité saisonnière et entre années. « On ne pourra pas continuer à produire tout ce qui se fait aujourd’hui, mais d’autres cultures deviendront possibles, le but étant de garder la capacité nourricière du Grand Ouest », résume Lydie Bernard. Avec la hausse des températures, la production de mâche pourrait ainsi devenir difficile en région nantaise, tout comme celle en maraîchage de haricots verts, petits pois, choux-fleurs… Mais d’autres fruits et légumes pourront s’y cultiver, comme la pastèque, la patate douce, le pois chiche, le gingembre

De nombreux leviers techniques et agronomiques sont aussi mobilisables, comme les équipements de protection des cultures, l’irrigation, l’adaptation des calendriers, les choix variétaux« L’enjeu est de continuer à produire avec le changement climatique », insiste Denis Laizé, président de la chambre d’agriculture du Maine-et-Loire. Au Caté, des travaux ont été menés sur le système racinaire du chou-fleur. Deux protocoles de phénotypage ont été développés : in vitro, sur les quinze premiers jours de croissance des plantules, et en rhyzobox sur des plantes d’un mois.

Réduire de 30 % l’apport en eau en tomates

« Les variétés les moins impactées par le stress hydrique sont celles qui ont les biomasses aériennes et racinaires les plus élevées en culture in vitro, rapporte Damien Penguilly, directeur du Caté. Nous avons transféré ces résultats aux sélectionneurs qui s’en sont saisis. » Des essais ont été menés aussi pour réduire de 30 % l’apport en eau en tomates. « En hors-sol, l’impact économique est très fort. L’économie d’eau doit passer plutôt par les variétés ou une réflexion sur l’origine de l’eau d’irrigation. En sol, les essais montrent l’intérêt de faire un plein en eau hivernal, avec des pistes d’amélioration par les sondes capacitives ou tensiométriques. » L’objectif désormais est de diffuser les solutions validées, qui sont disponibles en ligne. Un second programme, Climatveg 2, devrait aussi être annoncé prochainement.

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