De la visite surprise d’Emmanuel Macron mardi 6 février dans le Doubs, les médias grand public ont surtout retenu son passage dans un bar-tabac de Roulans où il a discuté avec le patron des lieux et ses clients. Mais ce déplacement non officiel était aussi l’occasion pour le chef de l’Etat de répondre à l’invitation d’Arnaud Gaillot, président des Jeunes agriculteurs, de venir le rencontrer dans sa ferme de Bouclans, quelques jours après la mobilisation agricole.
Une visite de trois heures dans l’exploitation d’Arnaud Gaillot
Sur son exploitation de 140 hectares, avec un associé en Gaec Arnaud Gaillot, 37 ans, élève des vaches montbéliardes pour produire du 580 000 de lait par an destiné à la fabrication comté et du morbier.
Son but n’était pas de faire des annonces, mais d’avoir un échange post-mobilisation.
« Il voulait recueillir les réactions et l’avis des Jeunes agriculteurs que je représente au niveau national. Mais aussi commencer à se projeter sur l’avenir. Son but n’était pas de faire des annonces, mais d’avoir un échange post-mobilisation. Cela a quand même secoué le pays et le président Macron voulait rencontrer un des acteurs de ce mouvement des jeunes agriculteurs » a expliqué Arnaud Gaillot au lendemain du passage du chef de l’État sur ses terres à l’Est républicain.
« Quand un président de la République veut vous voir, on ne peut pas refuser » a encore expliqué au quotidien régional celui qui s’est affiché comme l’un des leaders du mouvement de contestation des agriculteurs.
Le compte à rebours avant le salon de l’agriculture
Cette visite présidentielle n’a pas empêché Arnaud Gaillot de rappeler quelques heures plus tard lors de l’assemblée générale de la fédération nationale bovine (FNB) dans l’Allier que les Jeunes agriculteurs attendaient du concret des annonces du gouvernement Attal à l’occasion du salon de l’agriculture.
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« Le compte à rebours est lancé jusqu’au Salon de l’agriculture où nous ferons un premier bilan des annonces du Premier ministre », a lancé le président des Jeunes agriculteurs en tribune.
Le compte à rebours est lancé jusqu'au Salon de l'Agriculture (SIA), où nous ferons un premier bilan des annonces du Premier ministre. Les prochaines échéances des élections 🇪🇺seront aussi un rdv à ne pas manquer pour porter nos revendications. Il faudra être présent» pic.twitter.com/BGxehOExfP
Une visite en catimini dénoncée par la Confédération paysanne
Cette visite surprise du chef de l’Etat n’a pas plu à tout le monde. Indiquant avoir appris comme le reste du monde « la visite en catimini du Président de la République dans le Doubs », la Confédération paysanne du Doubs et du Territoire de Belfort a dénoncé dans un communiqué un manque « d’égalité de traitement républicain » pour son organisation.
Cette visite ne répond pas avec la gravité imposée par la situation sur le terrain
« Cette visite du président de la République à un syndicaliste JA FDSEA ressemble plus à une visite entre amis et ne répond pas avec la gravité imposée par la situation sur le terrain.[…] Cette visite du Président de la République n’apporte rien non plus, à part confirmer que la question agricole est traitée avec une forme de mépris et une connivence qui ne sont pas à la hauteur des enjeux », déplore l’organisation syndicale qui indique attendre Emmanuel Macron sur une ferme paysanne à Saint Juan à l’occasion du Salon à la Ferme.