Que faut-il retenir de la rencontre entre Emmanuel Macron et la profession agricole ?
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Après les grandes annonces de Gabriel Attal le 27 avril en faveur de la Ferme France, le président de la République a réuni les acteurs du monde agricole, syndicats, coopération, chambres d'agriculture, jeudi 2 mai à l'Elysée. Une réunion initialement prévue deux semaines après le Salon international de l'agriculture et qui aura mis plus de deux mois à se tenir.
Au terme de la réunion, Arnaud Rousseau s'est dit "ni déçu ni satisfait" de la rencontre qu'il juge comme étant la fin d'une séquence. "Après le temps des revendications cet hiver, il y a eu le temps du travail qui s'est achevé avec cette réunion", a-t-il jugé lors d'une conférence de presse avec Arnaud Gaillot, président de Jeunes agriculteurs. S'ils reconnaissent un certain nombre d'avancées, les syndicats majoritaires attendent désormais le troisième temps, celui de la concrétisation "qui questionne toujours un certain nombre de nos collègues", pour le patron de la FNSEA.
La présidente de la Coordination rurale s'est en revanche dite "déçue", comme elle l'a exprimé auprès de nos confrères du Figaro, même si elle ne s'attendait pas "à des annonces extraordinaires. Il est nécessaire d'aller dans le sens de la protection des agriculteurs", elle se dit favorable à "une exception agri-culturelle française. Il faut sortir du libre-échange, l'agriculture devrait bien être à part".
C'est la question posée par le chef de l'État aux syndicats présents. "Je n’irai pas seul faire un discours au milieu de la pampa", aurait-il prévenu en demandant si le travail devait être mené dès maintenant ou s'il devait attendre la fin des élections Chambre d'agriculture, prévues en janvier 2025. « Nous ne devons pas attendre », « il est temps d’agir », ont martelé les deux responsables de JA et FNSEA à l'issue de la réunion.
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Si le rendez-vous, de plus de deux heures, participait encore à "une phase d'écoute", comme le déclarait un membre du cabinet du ministère de l'Agriculture à l'AFP, Emmanuel Macron s'est engagé à tenir un discours "Rungis 2" à la rentrée, qui prendrait en compte les spécificités des filières et des territoires. Il fait écho à celui prononcé en 2017, le président ayant admis que l'agriculture française forte qu'il avait alors défendue avait connu "des effets de bord avec la guerre en Ukraine", a révélé Arnaud Rousseau lors de la conférence de presse. Emmanuel Macron aurait aussi affirmé ne pas "vouloir courir après la colère".
Devant le Premier ministre, présent au côté d'autres ministres à la réunion, Emmanuel Macron a indiqué que la loi EGAlim n'allait pas assez vite et a confirmé que Gabriel Attal continuerait de suivre la mise en œuvre des mesures annoncées.
Les prochains rendez-vous : la Loi d'orientation agricole sera examinée en séance publique à l'Assemblée nationale du 14 au 24 mai et le nouveau plan Écophyto, dont les contours seront annoncés par Marc Fesneau le 6 mai, devrait être voté à l'été.
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Dans un court communiqué, Dominique Chargé, président de La Coopération Agricole a affirmé attendre "désormais des mesures concrètes, simples et cohérentes sur l’organisation économique de la production et des filières, le soutien à la compétitivité, l’accompagnement des transitions, la concurrence déloyale et les capacités de reconquérir les marchés d’entrée et cœur de gamme."
Sébastien Windsor, président des chambres d'agriculture de France, porte son attention sur "le soutien à la montée en gamme, tout en maintenant un marché sur l'entrée de gamme, dans un contexte de crise et d'évolution de la consommation alimentaire des Français." Il salue les actions du gouvernement et l'appelle à poursuivre son accompagnement de la profession agricole : "L’État et le gouvernement doivent être aux côtés des agriculteurs, dans cette période de changement, dans une démarche de soutien et non pas de contraintes."
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