Prix des engrais azotés : une aide de 50 euros par tonne « pour tous les agriculteurs »
Le gouvernement français a abondé l’aide européenne aux achats d’engrais azotés pour le monter à 145 millions d’euros au total. Par exploitation, l’aide se limitera à 50 €/t ou 70 €/t d’engrais azoté simple et ne devra pas dépasser la moitié de la consommation 2025.
Le gouvernement français a abondé l’aide européenne aux achats d’engrais azotés pour le monter à 145 millions d’euros au total. Par exploitation, l’aide se limitera à 50 €/t ou 70 €/t d’engrais azoté simple et ne devra pas dépasser la moitié de la consommation 2025.
Le montant de l’aide pour l’achat d’engrais azotés a été porté à 145 millions d’euros (M€). Ministre de l’agriculture, Annie Genevard a annoncé ce montant à l’occasion d’une conférence de presse le 9 juillet. L’attribution aux agriculteurs français d’une aide de 107 M€ le 2 juillet prise sur la réserve de crise de la Commission européenne sera ainsi abondée de 38 M€ par des crédits nationaux. « Nous mettons en place un guichet d’aide simple et rapide pour soutenir les achats d’engrais azotés. Achetez vos engrais pour sécuriser vos semis grâce à cette aide complémentaire, lance Annie Genevard à l’intention des agriculteurs. Nous devons préserver nos capacités productives et sécuriser les récoltes 2027. »
Une aide jusqu’à 70 €/t d’engrais azoté simple pour les agriculteurs les plus concernés
La gestion de l’octroi des aides sera confiée à FranceAgriMer. Le montant sera de 50 euros par tonne (€/t) d’engrais azoté simple (ammonitrate, urée, solution azotée) à tous les agriculteurs. Il sera plafonné à hauteur de la moitié de la consommation 2025 pour chaque exploitation agricole et sera porté à 70 €/t pour les agriculteurs dont les engrais représentent plus de 10 % des charges. Un plancher de 750 euros sera appliqué pour le versement des aides.
Le guichet sera ouvert le 1er août 2026
L’aide concernera les achats d’engrais réalisés entre le 1er juin 2026 et Le 30 septembre 2026. « Au 1er octobre, un point d’étape sera réalisé sur la situation du marché des engrais », signale Annie Genevard. Le guichet d’aide sera ouvert à compter du 1er août 2026. Un formulaire sera à remplir avec diverses informations requises pour le droit à l’aide.
Diminuer de 50 % sa consommation d’engrais azoté minéral
Annie Genevard a tenu à faire un point également sur le plan national engrais qui sera mis en consultation prochainement. « La France a besoin de diminuer de 50 % sa consommation d’engrais azoté et d’augmenter de 50 % la production de ces engrais, pour réduire sa dépendance aux importations. L’optimisation des apports avec des outils d’aide à la décision doit permettre de réduire de 15 % l’utilisation d’engrais azoté, selon la ministre. Le développement de culture de légumineuses avec un objectif de 2,7 millions d’hectares d’ici 2030 devra permettre également de baisser cette consommation. Enfin, il faudra développer la production d’engrais organique à destination des cultures. 24 % des besoins en azote pourraient être couverts par cette ressource », estime la ministre qui souhaite également « restaurer la polyculture élevage, dans les zones intermédiaires notamment. »
Un plan d’investissement de 2 milliards d’euros pour l’industrie des engrais azotés
Le plan national s’accompagne d’un projet de développement d’une industrie productrice d’engrais. « L’État accompagne un programme d’investissement de 2 milliards d’euros sur dix ans (dont 620 M€ de soutien public) pour moderniser les capacités de production existantes (à Grand Quevilly et au Havre) et développer de nouvelles capacités de production d’engrais azotés décarbonés », annonce Sébastien Martin, ministre délégué chargé de l’industrie, qui accompagnait Annie Genevard à la conférence de presse. Il mentionne une nouvelle usine dans la Somme avec utilisation à 100 % d’hydrogène, « pour produire 20 % de nos engrais azotés d’ici 2032. L’investissement industriel doit construire notre autonomie. »