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Trois équipements pour vacciner les porcelets à hauteur

La chambre d’agriculture de Bretagne a recueilli trois témoignages d’élevages qui ont mis au point ou fait adapter un dispositif pour vacciner confortablement les porcelets.

 

1. Une rampe de vaccination à poste fixe

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L’équipement de vaccination de la SCEA Philippe Gallou à Pleyben, dans le Finistère, est l’aboutissement d’une réflexion entre l’éleveur, ses salariés et son vétérinaire Philippe Hamon. L’objectif était d’imaginer une solution pour vacciner à hauteur, le dos droit. La rampe est située dans le couloir allant de la maternité au post-sevrage. L’installation, très simple, n’a pas nécessité d’investissement particulier. Il s’agit de caillebotis plastique de récupération pour le sol et de planches en bois pour les cloisons, le tout monté sur des pieds métalliques. Le chantier est organisé en plusieurs tâches le jour du sevrage : sortie des porcelets de la maternité, vaccination, tatouage et pesée. Quatre personnes sont mobilisées, chacune à sa tâche. La mécanique est bien huilée puisque la rampe a maintenant 10 ans.

350 porcelets vaccinés par heure

Il faut compter à peine deux heures pour 700 porcelets. L’installation est équipée de deux cases. Les lots d’une trentaine de porcelets montent à 90 cm de haut sur une rampe à 15° de 2,5 m de long et 60 cm de large. Des tasseaux facilitent la montée et évitent les glissades. Ils sont maintenus dans une première case de 3 m de long, 60 cm de large avec une paroi de 35 cm de haut. Ils sont vaccinés puis transférés dans la seconde case pour y être tatoués. Les porcelets descendent ensuite par un toboggan sur un matelas en caoutchouc. Ils sont pesés avant d’être conduits en post-sevrage. Ici aussi, une astuce permet d’ouvrir le portillon opposé de la balance sans avoir à enjamber les porcelets. On gagne ainsi en efficacité et en confort de travail. L’endroit est bien éclairé. Une étagère sur le mur sert de support au matériel. L’équipement n’a pas évolué depuis sa création. Seul le tatouage a été différé, car il obligeait l’opérateur à porter le porcelet, ce qui engendrait une contrainte importante. L’équipement est lavé après chaque séance. Il est resté en très bon état.

 

2. La vaccicaisse se range au plafond

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Au Gaec de la Chaîne, à Saint-Martin-des-Landes, dans l’Orne, Christian Constantin a réfléchi à un équipement pour travailler à hauteur d’homme dans un couloir, sans avoir à se baisser Cet équipement devait être adapté à la vaccination de lots de 30 à 35 porcelets de 9 kg. Il fallait aussi trouver une solution pour ne pas encombrer le couloir du post-sevrage. L’idée d’une caisse mobile, qu’il élève grâce à un treuil et qu’il range au plafond, lui est venue lors d’une visite d’un élevage qui avait un équipement similaire. Ne désirant pas y consacrer un gros budget, l’éleveur opte pour un treuil de 4x4 branché sur une batterie alimentée par un petit chargeur. Ce matériel a l’avantage d’être assez bon marché et d’avoir la force nécessaire pour soulever l’ensemble. Le fond de la caisse, qu’il a appelé vaccicaisse, est en caillebotis fil. Les parois et les portillons sont en Trespa. Ils sont repliables pour le stockage au plafond. Le poids de l’ensemble a nécessité de renforcer la charpente sur laquelle il est fixé. Dans ce type d’équipement, une attention particulière doit être apportée aux éléments de levage afin d’éviter tout risque d’accident. L’éleveur estime avoir gagné un peu de temps grâce à cet équipement. "Mais l’intérêt porte surtout sur la baisse des nuisances auditives. C’est aussi moins de stress pour le porcelet. On le vaccine sans le manipuler. Ma cotte reste propre et sèche. J’ai gagné 15-20 minutes pas plus. Mais c’est parce que je suis un peu maniaque sur le nettoyage de la caisse. Une opération que je n’avais pas à faire avant." L’ensemble lui a coûté 750 €. Aujourd’hui Christian Constantin a cessé le naissage. La vaccicaisse pourrait donc vivre une deuxième vie dans un nouvel élevage.

 

3. L’élévateur à porcelets intégré au sol

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C’est lors la création de la maternité du futur en 2014, de la station porcine de Guernévez dans le Finistère, qu’ont été réfléchies les conditions de vaccination des porcelets. Le jour du sevrage, les porcelets sont pesés puis vaccinés par portée. Il fallait donc un système permettant de continuer à travailler à la portée. Un emplacement a été dédié à cette tâche près des maternités. Le choix d’un élévateur à air comprimé intégré au sol a été retenu afin de pouvoir s’adapter à la hauteur des travailleurs, qui sont nombreux car la station sert à la formation des futurs éleveurs et salariés d’élevage. Sa construction a été sous-traitée à la société Calipro. Il permet de vacciner deux portées à la fois. La longueur de la caisse est de 2,90 m pour une largeur de 60 cm permettant de vacciner à deux personnes, situées de part et d’autre de la caisse. Un emplacement de 80 cm a été réservé pour cela. L’ensemble tient dans un espace de 8 m². Les cloisons sont hautes de 40 cm, ce qui donne un bon accès aux porcelets et évite qu’ils ne passent par-dessus. Grâce aux deux séparations, les porcelets ne bougent pas trop, ce qui facilite la vaccination. À l’usage, il aurait été préférable d’en prévoir au moins trois pour mieux s’adapter aux différentes tailles de portées. Le fond de la caisse est en caillebotis plastique et les parois en Trespa, faciles à nettoyer. Après quelques années d’utilisation, lorsqu’on demande à l’équipe quelles améliorations pourraient être apportées au système, ils évoquent la faible vitesse du système d’élévation. Néanmoins, « avec un peu d’organisation, le temps de montée et descente de la caisse n’est pas perdu si on profite de ces moments pour changer les aiguilles et ouvrir les cases » commente Philippe.

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