« Mon métier de salariée en élevage porcin est devenu ma passion »
Non issue du milieu agricole, Élodie Durand s’épanouit dans son travail au naissage associatif de La Landette. Son chef d’élevage a joué un rôle essentiel dans son intégration.
Non issue du milieu agricole, Élodie Durand s’épanouit dans son travail au naissage associatif de La Landette. Son chef d’élevage a joué un rôle essentiel dans son intégration.
Depuis l’été 2024, Élodie Durand travaille au naissage associatif de La Landette à Boussay, en Loire Atlantique.
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Très rapidement, et malgré son manque de connaissances de la production porcine, elle s’est intégrée à l’équipe de salariés et a rapidement appris le métier, épaulée en cela par Cédric Merlet, son chef d’élevage, et Éloïse Drouyer, technicienne au groupement Porc Armor Evolution. « J’avais postulé à une petite annonce parue sur le site Indeed, mais je ne connaissais rien du milieu de l’élevage », confie-t-elle. À 31 ans, sans formation, elle enchaînait les petits boulots peu qualifiés. « J’avais découvert que mon dernier employeur, un restaurateur en faillite, ne m’avait pas déclaré ! », se souvient-elle. Malgré son manque d’expérience, elle tente une reconversion dans l’élevage de porc. « Les principales motivations à ma demande d’embauche à la SCEA de La Landette étaient mon goût pour les animaux et la proximité géographique entre l’élevage et mon domicile ». Le premier contact a été particulier : « C’était durant l’été 2024, en pleine période de canicule. En arrivant à l’entrée de l’élevage, j’ai découvert une quinzaine de cadavres de truies mortes. Paniquée, j’ai immédiatement fait demi-tour ! » Un appel téléphonique de Cédric Merlet l’a ensuite rassurée sur l’origine de cette mortalité. « Les truies avaient été victimes d’un coup de chaleur, c’était un événement malheureux, mais exceptionnel », lui avait certifié le chef d’élevage.
Rigueur et approche animalière
Un second rendez-vous est pris et Élodie est prise à l’essai. « J’ai immédiatement craqué quand j’ai vu les petits porcelets en maternité », se souvient-elle. De son côté, Cédric a vite remarqué son côté animalier et sa rigueur. « Au début, je lui ai donné à faire des tâches simples : alimentation, soins aux porcelets… Progressivement, grâce à son implication, je lui ai confié plus de responsabilités ». Aujourd’hui, moins de deux ans après son arrivée, elle occupe le poste de responsable de la maternité. « Je m’attache à beaucoup observer les animaux. Dès que quelque chose ne va pas, je réagis ». Dans un premier temps, elle s’adressait systématiquement à Cédric. Désormais, elle est capable de prendre des initiatives et d’engager des actions correctives sans lui faire appel. « Dans la maternité, elle s’occupe de tout, de la préparation des salles jusqu’au sevrage », apprécie son chef d’élevage. Seul le lavage des salles est confié à ses collègues masculins. « La gestion des tâches pénibles et physiques est un point de réflexion important dans le projet de rénovation des bâtiments de l’élevage qui débute actuellement », souligne Éloïse Drouyer.
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Demandeuse de formations
Au cours de sa première année, Élodie a suivi une formation sur les basiques de la conduite d’élevage en maternité délivrée par Éloïse dans les bureaux du groupement à Étrelles (Ille et Vilaine). Elle a également assisté à la formation « référent bien-être animal ». Dans ses projets, elle voudrait approfondir ses connaissances sur les pathologies qui affectent les truies et les porcelets en maternité. Aujourd’hui, Élodie est pleinement satisfaite de son travail, à tel point qu’il prend parfois le dessus sur sa vie privée. « J’ai du mal à prendre plus de deux semaines de congé à suivre. Le cochon est devenu une passion ». Elle s’efforce cependant de ne pas rentrer trop tard à son domicile pour s’occuper de ses trois enfants. Elle bénéficie aussi du soutien de son environnement familial. « Ils sont très positifs et me posent beaucoup de questions sur mon métier, cela me conforte dans ma décision ». De son côté, Cédric Merlet envisage de la faire évoluer vers le poste de responsable adjointe du naissage, afin de l’épauler dans la gestion de l’élevage, notamment quand il prend ses congés. « Avec Élodie, nous avons trouvé la perle rare », conclut-il.
« Deux maîtres mots : bienveillance et passion »
Bruno Vinet, cogérant de la SCEA La Landette
« La bonne intégration d’Élodie dans l’équipe de l’élevage de La Landette a été une belle surprise pour nous. Elle est passionnée par son travail et s’épanouit auprès des animaux. Elle nous prouve tous les jours que, bien que n’étant pas issu du milieu agricole, un ou une jeune peut trouver sa voie dans un atelier porcin. De mon côté, je veille à maintenir un bon relationnel entre tous les membres de l’équipe. Je m’efforce d’être proche d’eux et je m’assure que chacun est à l’aise. Je leur demande de ne pas hésiter à m’appeler s’ils rencontrent un problème. Le rôle de Cédric en tant que chef d’élevage est également essentiel. Il a été un élément majeur de la réussite d’Élodie ».