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Mieux comprendre la dysgalactie post-partum chez la truie

Une enquête réalisée par l’Ifip analyse les pratiques des éleveurs dans 55 élevages concernés par le syndrome de dysgalactie post-partum qui affecte certaines truies en maternité.

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Le syndrôme de dysgalactie post-partum se caractérise par une production insuffisante ou une absence de lait chez la truie.
© D. Poilvet

Selon une enquête réalisée par l’Ifip auprès de 55 éleveurs confrontés à des degrés divers au syndrome de dysgalactie post-partum (SDPP), le nombre de truies par bande et le nombre d’élevages touchés sont très variables. Cette enquête basée sur des propos déclaratifs a cependant permis de rentrer dans le détail des pratiques réalisées par ces éleveurs pour lutter contre ce syndrome.

Lire aussi : Une truie au ventre vide met bas moins facilement

Des protocoles de contrôle de température variés

Parmi les éleveurs participants à l’enquête, 20 % ne contrôlent jamais la température des truies après la mise bas, tandis que 18 % contrôlent systématiquement toutes les truies. Le premier motif de contrôle de la température est la perte d’appétit. Viennent ensuite les problèmes de comportement (truies couchées, défauts d’allaitement) puis des mises bas difficiles. 

Lire aussi : Favoriser la consommation de lait limite les écrasements de porcelets

Les seuils de température déclenchant une décision de traitement anti-inflammatoire et/ou antibiotique varient d’un élevage à l’autre, avec 61 % des élevages utilisant le seuil de 39,5 °C. Plus d’un éleveur sur quatre utilise un seuil trop bas et risque donc de « surdétecter ». Les traitements anti-inflammatoire sont utilisés dans 96 % des cas et 23 % des participants utilisent deux seuils, avec une valeur plus élevée pour motiver un traitement antibiotique. La fréquence d’utilisation des antibiotiques varie selon les symptômes avec plus de recours en cas de fièvre ou d’écoulement purulent et un usage systématique pour les truies fouillées dans 30 % des cas.

 

 
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Trois groupes d'élevages selon leur taux de truies fortement atteintes par le SDPPPourcentage de truies sévèrement malades/an/ élevage © Ifip

Trois signes cliniques fréquemment observés

Les participants se sont exprimés sur la fréquence de cinq signes cliniques associés au SDPP dans leurs élevages. La fièvre, la perte d’appétit des truies et les porcelets décrochés sont les plus fréquemment observés, à chaque bande pour 64 à 74 % des enquêtés. Les mamelles gonflées et écoulements vulvaires anormaux sont plus rares (15 % des élevages) ou jamais observés (45 %). La fièvre peut être présente seule ou associée à un ou plusieurs symptômes. Les pertes d’appétit sont souvent associées à la fièvre et/ou aux écoulements vulvaires anormaux. Lorsqu’une truie présente au moins deux symptômes on peut parler de SDPP caractérisé ou sévère. À partir des réponses, les taux annuels de truies fiévreuses ont pu être estimés à 9 %, pour les problèmes d’appétit à 8 %, pour les problèmes d’écoulements à 5 % et les problèmes mammaires à 3 %. Le SDPP sévère est observé à chaque bande par 45 % des enquêtés, mais cela correspond en moyenne à 4 % des truies par an. Selon les élevages, le taux de truies malades varie fortement entre 0 et 20 % par an.

 

 
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Les contrôles de température concernent en priorité les truies sans appétitFréquence des motifs de contrôle de la température pour les 44 élevages réalisant ces contrôles. © Ifip

Des risques associés aléatoires

Les élevages de notre échantillon les plus touchés par un SDPP qualifié de sévère avaient plus de nés totaux que les autres. Quelques éléments de santé (boiteries, diarrhées néonatales…), d’hygiène (fréquence des raclages après la mise bas) et d’alimentation (soupe contre sec) étaient également plus fréquents parmi les élevages sévèrement atteints. Les données concernant les facteurs de risque d’apparition du SDPP n’ayant pas toutes été analysées, il est difficile de conclure pour le moment.

Gwendoline Hervé et Sylviane Boulot, gwendoline.herve@ifip.asso.fr

Étude financée par le plan EcoAntibio 2
 
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Les symptômes les plus cités dans l’enquête sont la fièvre, la perte d’appétit et la présence de porcelets décrochés.Les symptômes de SDPP déclarés par les éleveurs © Ifip

Une cause majeure de traitements antibiotiques

Le syndrome de dysgalactie post-partum (SDPP) chez la truie se produit dans les jours qui suivent la mise bas. Il se caractérise par une production insuffisante ou une absence de lait chez la truie. Ce syndrome est habituellement détecté par des signes d’alerte : anorexie ou comportement d’évitement de la truie par rapport à ses porcelets, dépérissement voire mort des porcelets. Il est parfois aussi associé à des écoulements vulvaires anormaux ou des engorgements mammaires. Il est généralement accompagné d’hyperthermie, et pris en charge par antibiothérapie le plus souvent. Le SDPP reste, d’ailleurs, une des premières causes de traitements antibiotiques chez la truie en France et en Europe. Ce syndrome entraîne des conséquences sur la longévité des truies puisque les troubles de la reproduction constituent plus d’un tiers des motifs de réforme et engendrent des pertes économiques de l’ordre de plusieurs centaines d’euros. Les causes du SDPP sont multiples (troubles hormonaux, troubles digestifs, infections génitales, mammaires ou autres troubles de la santé, stress important…). Cependant, les facteurs de risque principaux restent à définir, et les quelques pistes de préventions obtenues à l’issue de cette enquête sont à confirmer.

Détecter un SDPP n’est pas si simple…

 
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Sylviane Boulot, Ifip-Institut du porc © Ifip

Sylviane Boulot, Ifip-Institut du porc

« Cette enquête préliminaire a confirmé à la fois des risques de sous et de surestimation du SDPP en élevage. La détection des truies fiévreuses posera problème si le seuil est inadapté. Par ailleurs, le matériel utilisé et le moment de mesure sont importants. En effet, pendant la mise bas, à cause des contractions, la truie présente une hyperthermie « physiologique » normale. On évitera donc un contrôle trop proche de la fin de la mise bas. En ambiance chaude, on peut aussi détecter une hyperthermie non infectieuse. Finalement, l’observation des autres signes du SDPP (appétit, comportement, écoulements…) est très subjective, mais essentielle. »

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