Aller au contenu principal

PAC : L’intérêt financier de l’écorégime n'est pas toujours au rendez-vous pour les éleveurs de porcs

L’introduction d’une culture fixatrice d’azote afin de capter les primes écorégime n’est pas toujours une opération économiquement intéressante pour un éleveur « fafeur ».

Bertrand Couedic, conseiller entreprise des Chambres d’agriculture de Bretagne, a présenté à la journée Airfaf du 7 mars à Loudéac, dans les Côtes-d’Armor, deux exemples qui démontrent que la rentabilité économique liée à l’introduction d’une légumineuse (féverole) dans ses cultures est très variable selon la situation initiale de l’assolement.

Le calcul ne tient pas compte des investissements nécessaires au niveau de la Faf (silo supplémentaire, matériel de transfert…) et d’éventuelles variations de performance des animaux. Le résultat des simulations peut également varier selon les prix retenus des matières premières. Par ailleurs, il faut s’assurer que les volumes récoltés de la nouvelle culture soient suffisants et que son prix d’intérêt assez bas pour qu’elle puisse être correctement valorisée dans les formules d’aliments.

 

1-Un assolement de base favorable à la diversification des cultures

L’EARL X cultive 260 hectares de SAU, dont 120 de maïs, 112 de blé, 21 de colza, 4 de praires temporaire et 3 de jachère. Le maïs et le blé sont intégralement autoconsommés par l’élevage de porcs. Cet assolement ne permet d’obtenir que trois points écorégime (un point pour le blé, un pour le maïs et un pour le colza). Les surfaces en prairie temporaire et en jachère sont insuffisantes pour l’octroi de points (moins de 5 % de la surface totale). Dans cette configuration, le producteur n’a donc pas droit aux primes écorégime. Le remplacement de 5,5 hectares de blé par 5,5 hectares de féverole permet d’obtenir deux points supplémentaires, ce qui porte le total à cinq points. Avec l’écorégime, le producteur bénéficie alors d’une prime de 80 euros sur ses 260 hectares (20 800 €), ainsi que de la prime d’aide aux cultures de protéagineux de 105 euros pour les 5,5 hectares de féverole (577 €). La marge de la culture de la féverole est estimée à 1 000 euros par hectare (5 500 € au total). En charges, le producteur doit acheter en plus la récolte de 5,5 hectares de blé pour sa Faf, soit 10 312 euros (75 q/ha à 250 €/t). Au final, l’opération permet une belle plus-value de 16 565 euros par an.

 

 

2-Une configuration qui ne rentabilise pas l’introduction de protéagineux

Dans cette seconde simulation, l’assolement initial de l’EARL X est légèrement différent du premier exemple, mais cela change tout dans le bilan financier de l’introduction de la féverole. En effet, les 260 hectares de SAU sont composés de 120 hectares de maïs, 110 de blé, 17 de colza, 8,5 de prairies temporaires et 4,5 ha de jachère. Avec cet assolement, l’EARL peut déjà toucher une prime écorégime de 60 euros de l’hectare. Les quatre points sont apportés par le maïs (1 point), le blé (1 point) et par une surface suffisante en prairie temporaire et en jachère (5 % des terres arables) qui rapporte 2 points. Les 17 hectares de colza ne sont pas suffisants pour obtenir un point écorégime, car ils ne représentent que 6,5 % de la surface arable (il en faudrait 7 %). Le remplacement de 5,5 hectares de blé par 5,5 hectares de féverole apporte deux points supplémentaires, pour porter le total à six points. Il augmente ainsi la prime écorégime de 20 euros par hectare (5 200 €). Le producteur touche également les 577 euros de prime d’aide aux cultures de protéagineux (105 € par hectare de féverole). Dans ce cas de figure, la marge dégagée par la féverole (5 500 euros), à laquelle on déduit le prix d’achat de la récolte de 5,5 hectares de blé pour la fabrique d’aliment (10 312 €) ne permet de dégager qu’un solde net de +965 euros.

Les plus lus

truies en liberté dans des cases maternité en groupe de 6 truies, avec sevrage sur place
Truies en groupe et sevrage sur place, la maternité repensée

Sabine et Stéphane Demeuré ont mis au point leur modèle de maternité liberté qui associe truies en groupe et sevrage sur place…

<em class="placeholder">Jean-Marc et Stéphanie Langlais, éleveur de porcs</em>
« J’ai agrandi mon élevage de porcs pour avoir des salariés »

À Lamballe dans les Côtes-d’Armor, Jean-Marc Langlais a repris deux sites proches de son élevage pour atteindre une taille d…

<em class="placeholder">Steven Le Hir, éleveur porcin naisseur engraisseur et son équipe salariale</em>
« J’ai investi dans mon élevage porcin pour mieux accueillir des salariés »

Steven Le Hir, installé depuis octobre 2020 dans le Finistère, a souhaité très vite acquérir un autre site pour se…

<em class="placeholder">Un quart des 26 installations accompagnées par la Cooperl en moyenne tous les ans se font hors cadre familial</em>
Transmettre son exploitation à son salarié

Pour remplacer les éleveurs qui vont partir en retraite, les seules transmissions familiales ne suffiront pas. Les salariés…

<em class="placeholder">L&#039;éleveur Samuel Blaisot devant son nouveau bâtiment, entouré de Fabrice Collin et Philippe Delahaye de Cirhyo.</em>
« J’ai arrêté le naissage dans mon élevage porcin pour agrandir mon post-sevrage et mon engraissement »

En collaboration avec Cirhyo, Samuel Blaisot a arrêté le naissage et augmenté de 7 400 à 12 000 son nombre de…

<em class="placeholder">La directrice de l’exploitation, Jennifer Lassene, entourée par l’équipe enseignante, se mobilise pour que le lycée agricole de Roanne-Chervé se dote d’un ...</em>
Auvergne Rhône-Alpes : activer les leviers pour faciliter la transmission des élévages porcins

En Auvergne-Rhône-Alpes, l’interprofession porcine Interp’Aura a débattu de la question centrale du renouvellement des…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 108€/an​ TTC
Liste à puce
Version numérique de la revue Réussir Porc
2 ans d'archives numériques
Accès à l’intégralité du site
Newsletter Filière Porcine
Newsletter COT’Hebdo Porc (tendances et cotations de la semaine)