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L’Europe fédère un guide du transport des porcs

La bonnes pratiques de transport et le respect de la législation européenne, c’est ce que vise à promouvoir le guide bien-être européen des porcs transportés. L’Ifip a animé son écriture avec le CRPA (1) italien.

L’objectif du guide bien-être du transport des porcs, proposé par la DG Santé de la Commission européenne, est que les animaux soient en bonne santé et en bonne forme à la suite d’un transport quel qu’il soit (vers l’abattoir ou vers un élevage de production, de longue ou courte durée). Le postulat est que les porcs partent en bonne santé et soient aptes au transport. La France n’est pas en retard sur ce point car un guide transportabilité Inaporc était en place dès 2009.

Ce guide cite les principaux risques pour les animaux en lien avec le transport : respect des besoins physiologiques, chargement de porcs inaptes au transport, durée de transport qui doit être limitée autant que possible, bon contrôle de l’ambiance climatique dans le camion, abreuvement permanent pendant le voyage (obligatoire dès que le transport dure plus de huit heures), arrêt et déchargement à des points d’arrêts pour des transports de futurs reproducteurs après 24 heures de route sur de très longues distances (transports de plus de 24 heures à l’export). Il donne aussi des outils pour évaluer le bien-être des porcs à la réception : pourcentage de porcs morts, animaux présentant de sévères boiteries, non ambulatoires ou qui ne se déplacent pas seul au déchargement, porcs qui glissent, qui tombent, qui sont prostrés et ne veulent plus avancer, porcs qui sont en hyperthermie la gueule ouverte, pourcentage de porcs qui font demi-tour au déchargement, porcs en mauvaises conditions physiques (maigreurs)… La propreté, les animaux malades à réception, la toux, les blessures sur le corps sont également contrôlés.

222 bonnes et meilleures pratiques sont listées !

Une bonne pratique est une pratique conforme aux exigences de la réglementation CE 1/2005 ou faisant consensus dans le groupe. Exemple de bonne pratique, la hauteur minimum des compartiments est un élément nouveau faisant consensus. Une meilleure pratique va au-delà de la réglementation actuelle. La mise en place de la ventilation dynamique par ventilateur dans les camions en plus des volets latéraux ouverts a été considérée comme une meilleure pratique sur les transports de moins de huit heures (au-delà de huit heures, cet équipement est obligatoire).

La densité a été largement débattue

Concernant la densité des animaux dans le camion, la bonne pratique est de se conformer à la loi de 235 kilos par mètre carré et de préparer un plan de chargement à respecter. L’objectif est que les animaux soient répartis également et que la densité soit prise en compte selon leur poids. Une meilleure pratique viserait à définir la surface minimale par porc selon le poids maximum des animaux. Cette pratique figure par ailleurs dans le schéma qualité QS Allemand. Concernant la préparation des porcs avant le chargement, la bonne pratique est de vérifier que ses équipements de chargement soient en bon état de fonctionner (portes, lumière, propreté, qualité du sol). La mise à jeun a été définie comme une meilleure pratique car non mentionnée dans la réglementation actuelle. Un consensus a été trouvé fixant la durée de mise à jeun selon la durée de transport prévue par la suite. Une large place du guide est consacrée aux conditions de chargement avec un consensus sur un quai de chargement type. Un chargement de moins de 30 minutes entre le premier et le dernier porc entré dans le camion est considéré comme une bonne pratique. Cependant, la présence d’un local d’embarquement n’est pas considérée comme une meilleure pratique et n’a pas fait consensus en Europe, du fait que hormis la France, très peu de pays en sont équipés. Le guide mentionne également des éléments de bonnes et meilleures pratiques concernant la manipulation des porcs (absence d’appareils de décharge électrique, aide au chargement), le confort thermique, le déchargement et les transports de plus de 24 heures.

patrick.chevillon@ifip.asso.fr(1) CRPA : centre de recherche sur les productions animales, Reggio Emilia Italie
En savoir plus

Quatre fiches de bonnes pratiques sont à disposition sur le site internet www.animaltransportguides.eu. Une vidéo pour s’informer et former les transporteurs aux bonnes pratiques est également disponible. D’autres guides ont été écrits également sur les espèces bovines, ovines, équines et la volaille.

Les camions de transport s’adaptent au bien-être

L’entreprise Guitton basée à Trémeur, dans les Côtes-d’Armor, fait évoluer sa gamme de camions bétaillères en tenant compte du bien-être des animaux. Dernière innovation en date, un pont arrière ultra-large (1,7 mètre) facilite l’embarquement des animaux. Ce pont s’adapte aux différentes largeurs de quai des élevages par un jeu de barrières amovibles en longueur et en largeur. Pour diminuer le stress des animaux lors du chargement, le plancher du pont est recouvert d’une matière en caoutchouc antidérapante. Le confort des porcs en cours de transport est aussi pris en compte avec des équipements souvent adoptés par les transporteurs, même s’ils ne sont pas imposés par la réglementation. « La brumisation est installée sur tous les camions, y compris ceux qui sont destinés à parcourir les routes bretonnes, affirme Patrice Hirel, le directeur commercial de Guitton. La ventilation forcée, obligatoire pour les transports de plus de huit heures, est quasiment systématique pour les camions qui prennent la direction du sud de la France. » L’entreprise propose aussi en option une désinfection automatique qui doit suivre le lavage de la caisse. Une pompe doseuse envoie le produit via le circuit de brumisation. Pour Patrice Hirel, la tendance actuelle va vers la généralisation des camions semi-remorques, qui tendent à remplacer les camions porteurs complétés d’une remorque. « Ils prennent moins de temps à être chargés, déchargés et nettoyés. Il devient aussi de plus en plus délicat de laisser une remorque sur une place de parking sans surveillance », souligne-t-il. Des éléments qui vont dans le sens d’une meilleure prise en compte du bien-être des animaux… mais aussi des chauffeurs.

 

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