Les douze meilleures pratiques du concours Welfarmers pour le bien-être des porcs
Le concours européen Welfarmers a pour but de mettre en avant des initiatives d’éleveurs permettant d’améliorer le bien-être des porcs.
Le concours européen Welfarmers a pour but de mettre en avant des initiatives d’éleveurs permettant d’améliorer le bien-être des porcs.
Les organisations d’éleveurs de huit pays Européens (FNP pour la France) ont élu les gagnants du projet Welfarmers qui vise à promouvoir des bonnes pratiques mises en œuvre en élevage sur quatre thématiques : la fin des cages pour les truies en maternité, l’élevage de porcs sans coupe de queue, la suppression de la douleur à la castration, la densité et le type de sol en engraissement.
Parmi les 83 candidatures proposées par les éleveurs, douze meilleures pratiques ont été retenues par le jury. Elles ont été évaluées sur les aspects scientifiques, économiques et environnementaux.
Patrick Chevillon, patrick.chevillon@ifip.asso.fr
Plus de liberté en maternité
1-Une case permettant un accès facile aux porcelets. (drapeau Danemark)
Ce concept de case danoise initié au début des années 2 000 consiste à placer le nid des porcelets à côté du passage des opérateurs afin de garantir une manipulation à moindres risques. Cette disposition est maintenant très largement utilisée dans les élevages porcins. Dans cet élevage, la surface de la case de mise bas est de 4,6 m² dont 0,92 m² pour les porcelets.
2-Une lactation libre pour les truies et les porcelets mélangés (Irlande)
La pratique de cet éleveur irlandais consiste à confiner temporairement les truies autour de la mise bas puis à socialiser les porcelets en maternité en présence des mères jusqu’au sevrage. Les truies disposent chacune de 6,5 m2 et les porcelets de 1,3 m2.
3-Le dispositif anti-écrasement Mama Guide (Danemark)
Cette pratique offre un outil d’aide à la décision. Il permet de visualiser les avantages et inconvénients d’un système d’aire de mise bas avant son utilisation afin d’éviter des investissements non adaptés. Ce même élevage a instauré une case de mise bas de 6,9 m² dont 1,2m² est réservé aux porcelets.
Réduire les risques liés à l’arrêt de la caudectomie
1-Happy tail offre un environnement favorable aux porcs (Italie)
Dans cet élevage italien qui ne pratique pas la caudectomie, les porcs sont logés sur litière profonde. Ils disposent de 30 % d’espace supplémentaire par rapport à la norme européenne. L’environnement et les émissions gazeuses sont contrôlés par une surveillance constante de la température, de l’humidité, du CO2 et de l’ammoniac. Un suivi des morsures est réalisé tous les six mois par un vétérinaire et un manuel technique de gestion décrit la procédure à appliquer en cas de caudophagie. Le porc mordeur est isolé avec du matériel d’enrichissement et le porc mordu est placé dans une infirmerie.
2-Un outil d’évaluation des risques de caudophagie (Danemark)
Des éleveurs danois disposent d’un outil d’évaluation des risques de caudophagie au sein de l’élevage. Cet outil propose des recommandations sur les conditions optimales de fourniture pour l’eau, l’alimentation, les matériaux d’enrichissement, le climat, la santé et la gestion des animaux. Il recense les points de l’élevage à contrôler et une méthodologie pour un suivi quotidien. La création de cases test avec des animaux à queue longue est proposée pour déterminer la meilleure technique à mettre en œuvre avant son application généralisée à tout l’élevage.
3-Plus de matériaux pour divertir les animaux (Danemark)
Dans cet élevage de porc à queues longues, dès que l’éleveur observe des traces de coups de dents sur les queues ou des queues qui pendent, il apporte des matériaux d’enrichissement (paille et granulés de betterave) en plus grande quantité : 200 grammes de paille et un kilo de granulés de betterave sont distribués par jour dans chaque case de post-sevrage de 20 places. Cela permet de réorienter les comportements en favorisant le comportement de fouille.
Éviter la douleur à la castration
1-L’immunocastration pour des porcs de 144 kg sur litière (France)
Cet éleveur français pratique l’immunocastration sur des porcs abattus à 144 kg de poids vif. Les porcs mâles élevés sur litière sont vaccinés dans un couloir à 15 et 19 semaines d’âge. L’élevage garantit la conformité totale d'immunocastration avec une troisième dose pour 5 à 15 % des porcs, deux semaines après la deuxième dose, après une observation minutieuse de chaque animal.
2-Rationaliser la pratique de l’immunocastration (France)
Un second éleveur français a été distingué pour la pratique de l’immunocastration, grâce à l’organisation qu’il a mise en place pour la réaliser. Les porcelets sont sevrés et sexés à 21 jours. L’organisation de l’élevage permet de réaliser le même jour, et en une heure, les différentes injections sur trois groupes de 75 porcs de trois âges différents avec deux opérateurs. La première injection est faite à 16 semaines, et la deuxième à 20 semaines. Une troisième injection complète le protocole en cas de doute pour 13% des porcs.
3- Une anesthésie locale maîtrisée pour réduire la douleur à la castration (Danemark)
Lors de la castration des porcs mâles, cet éleveur danois procède à une anesthésie locale et administre un analgésique pour réduire la douleur, la mortalité et gagner du temps. Un temps d’attente de 10 à 25 minutes est respecté pour garantir l’action des produits. L’anesthésique local est administré avec une aiguille fine (0,5 X 16 mm). La castration est couplée avec des vaccinations et l’injection de fer.
Améliorer les conditions de logement en engraissement
1-Un sol propre grâce à un gisoir drainant (Danemark)
Dans cet élevage danois, le sol des salles d’engraissement est divisé en trois zones : une pour le confort des animaux (couchage), une en caillebotis avec des fentes représentant 18 à 20% de la surface et une zone constituée d’un gisoir drainant avec au maximum 10% d’ouvertures. Par cet agencement, le sol est propre, sec et antidérapant, il favorise le maintien de la thermorégulation des porcs et les empêche de se coucher dans des zones humides.
2- Un environnement maîtrisé pour une bonne allocation de l’espace (Italie)
Cet éleveur italien optimise l’isolation des bâtiments pour assurer le confort thermique des porcs lourds. Une ventilation transversale naturelle contrôle automatiquement l’ouverture des fenêtres en fonction de la quantité d’ammoniac et de CO2 présent dans le bâtiment. La densité animale est plus faible que la réglementation, avec 0,5 m2 par porc de 8 à 40 kg, et 1,25 m2 pour les porcs de 85 à 170 kg.
3-Nouveau et ancien bâtiments, les deux fonctionnent (Finlande)
Dans un engraissement construit en 2018, les cases de quinze porcs sont conçus en fonction du comportement des animaux : deux zones de caillebotis à l’avant et à l’arrière de la case, un sol plein au centre, et une auge longue pour réduire la concurrence alimentaire. Des morceaux de bois sont utilisés comme enrichissement. L’éleveur apporte tous les jours des petites quantités de sciure et de paille (porcs à queue longue). La ventilation est gérée pour que la partie pleine soit la plus confortable pour les porcs. La pratique et les résultats sont similaires dans une ancienne porcherie rénovée en 1997, où les porcs sont logés par huit sur caillebotis partiel. Des plots en béton sont positionnés sur le caillebotis en fond de case pour éviter que les porcs se couchent dans cette zone.
Un concours ouvert à tous les éleveurs
Un second tour de collecte de bonnes pratiques sur les mêmes thématiques est organisé jusqu’à janvier 2026. Si vous avez mis en œuvre une bonne pratique bénéfique au bien-être animal dont vous mesurez les impacts économiques et l’éventuel impact environnemental, n’hésitez pas à postuler pour le second tour du concours Welfarmers.