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Le concours Trucs et astuces récompense la créativité des éleveurs

Cinq éleveurs, trois salariés et trois techniciens ont été récompensés au Space dans le cadre du concours Trucs et astuces en élevage porcin organisé par la chambre d’agriculture de Bretagne.

Les lauréats du concours lors de la remise des prix au Space. © A. Puybasset
Les lauréats du concours lors de la remise des prix au Space.
© A. Puybasset

Lancé début 2019, le concours « Trucs et astuces en élevage porcin breton » vise à récompenser des personnes ayant mis en place du matériel ou une organisation améliorant les conditions de travail. Leurs réalisations montrent la diversité des solutions imaginées par chacune d’entre elles pour faciliter le travail au quotidien. 17 trucs et astuces ont été présentés, puis jugés par un jury de techniciens, d’éleveurs et salariés. Les gagnants ont remporté des chèques vacances et des jours de remplacement pour les premiers, des paniers garnis pour les suivants.

Ce concours est organisé par la chambre d’agriculture de Bretagne, en partenariat avec la société Ceva santé animale, la Banque populaire du Grand Ouest, la MSA Armorique, les services de remplacement et le journal Terra. Il sera réédité en 2021.

Des arrivées d’eau raccordées à la descente de soupe

 

 
Laurent Coupé, éleveur à Pluduno, dans les Côtes-d’Armor, a installé des vannes d’eau dans toutes ses maternités pour pouvoir abreuver automatiquement les truies sans porter de seau. Pour chaque truie, le circuit d’eau est raccordé à la descente de soupe, ce qui permet également de la rincer à chaque distribution. L’éleveur a réalisé cet aménagement pour faciliter le travail. « Depuis deux trois ans, je distribuais de l’eau aux truies en leur apportant des seaux d’eau. Fin 2018, j’ai embauché une salariée d’une vingtaine d’années. Quand je l’ai vue porter les seaux entre le couloir et la maternité, je me suis dit que ce n’était pas sérieux, qu’on n’allait pas continuer comme ça. Je ne voulais pas d’un tuyau d’arrosage qui aurait traîné par terre et empêché de fermer les portes, et je voulais que ce soit facile : plus les choses sont faciles à faire, mieux elles sont faites. »

 

 

 
L’éleveur a donc aménagé une maternité de huit places, puis les suivantes. « Il faut prévoir une petite journée de travail par salle. Pour mes quatre maternités, soit 32 places, je compte un investissement de 1 000 à 1 500 euros de matériel. » Aujourd’hui, l’éleveur est très satisfait. « Maintenant, je mets de l’eau au moins deux fois par jour. C’est une vraie facilité dans le travail. »

 

Se libérer l’esprit avec des tableaux sur les portes

 

 
Yoann Bidan, du Gaec Porte es Clerc à Plédran, dans les Côtes-d’Armor, a peint des tableaux noirs sur les portes de toutes ses salles. Sur ces tableaux, il inscrit des aide-mémoire à la craie : plans de salle avec animaux à surveiller, tâches à réaliser, matériel à renouveler… Yoann Bidan a peint ces tableaux dès son installation, en 2015. « Avant de m’installer, j’avais travaillé dans de gros élevages. Le plus important, c’est de se donner les consignes et les bonnes. Si jamais il m’arrive quelque chose, le salarié ou mes associés peuvent me remplacer : ils ont toutes les informations. » L’éleveur considère que cette astuce lui libère l’esprit. « Si je vois un animal malade, je note dans quelle case il est : ça facilite la surveillance. »

 

 

 
La réalisation est simple et peu coûteuse : « j’ai acheté un pot de peinture pour tableau, et de l’accroche, pour environ 120 euros. Il faut quelques heures pour peindre toutes les portes ». Après quatre ans d’utilisation, les tableaux sont encore en parfait état.

 

Réduire la pénibilité avec un pont de vaccination

 

 
Salarié sur l’élevage de ses parents à Plougar, dans le Finistère, Fabien Guillerm a construit en 2018 un pont de vaccination déplaçable avec des matériaux de récupération. Objectif : limiter la pénibilité des vaccinations, et travailler à deux au lieu de trois. « Jusque-là, nous vaccinions les porcelets à 28 jours dans le couloir des salles de post-sevrages. Deux personnes portaient les animaux, et une les vaccinait avec une seringue double corps. » Pendant les ensilages de maïs, l’éleveur avait du mal à se libérer pour aider sa mère et la salariée à cette tâche. "J’ai donc cherché une solution : j’ai vu des ponts de vaccination au forum du groupement, puis chez un voisin, et j’ai décidé d’en construire un avec des matériaux de récupération. Ça m’a pris une journée."

 

Les hauteurs du fond et des côtés de la caisse ont été définies en fonction de la taille des personnes qui vaccinent : « je leur ai demandé de venir tester plusieurs hauteurs. Finalement, nous avons retenu un fond à 70 cm de haut, et des barrières de 50 cm d’un côté, 40 cm de l’autre. Ça permet à une personne de plus petite taille d’être à l’aise. » Le pont se compose d’un plan incliné, et de deux cases. Une barrière permet d’ajuster leur dimension. « Je ne voulais pas que les porcelets soient trop serrés. Le pont est suffisamment long pour que deux personnes puissent travailler côte à côte, sans se gêner. »

Aujourd’hui, ce pont de vaccination est un vrai motif de satisfaction. « Ma mère et le salarié n’ont plus besoin de se baisser, ils peuvent travailler à deux, et ont gagné une demi-heure. En plus, travailler dans le couloir permet d’être à une température plus agréable. »

Le palmarès

Catégorie éleveurs

1er : Laurent Coupé, du Gaec Coupé, à Pluduno (Côtes-d’Armor), pour ses vannes d’eau en maternité
2e : Yoann Bidan, du Gaec Porte es Clerc, à Plédran (Côtes-d’Armor), pour son pense-bête simple et économique
3e : Jacques Jagorel, du Gaec Ville Grasland, à Coetlogon (Côtes-d’Armor), pour son chapeau de cuve à maïs humide
4e : Michaël Aveline, de l’EARL d’Haureolo, à Saint-Alban (Côtes-d’Armor), pour son chariot à IA
5e : Sébastien Thomas, du Gaec Grande Tremblais, à Breal-sous-Montfort (Ille-et-Vilaine), pour son chariot à tout faire

Catégorie salariés

1er : Fabien Guillerm, salarié à l’EARL Guillerm Morizur, à Plougar (Finistère), pour son pont de vaccination
2e ex æquo : Damien Delourme, salarié à l’EARL du Domaine, à Guilliers (Morbihan), pour son chariot de soins et Louis Kerhardy, salarié au Gaec Porte es Clerc, à Plédran (Côtes-d’Armor), pour « pas de stress lors du tatouage »

Catégorie techniciens d’OPA

1er : Amélie Malabous, Triskalia
2e ex æquo : Philippe Bergot, Evel’Up et Estelle Renault, chambre d’agriculture de Bretagne
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