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La station porcine de Romillé passe aux maternités liberté

À la station expérimentale de l’Ifip, les maternités liberté équipées de cages ascenseurs ont permis d’augmenter le nombre de porcelets sevrés. Cependant, une phase d’adaptation et un changement des habitudes de travail ont été nécessaires.

En janvier 2019, la station expérimentale de l’Ifip entamait un plan de rénovation dans lequel, entre autres, les maternités standards (truie bloquée dans une case de 4,7 m²) ont été transformées en maternités liberté. La surface de la case est passée à 6,5 m² avec une niche à porcelets de 1 m² et une surface dédiée à la circulation de la truie de 4,4 m². Pour des raisons expérimentales, chaque case a également été équipée de cage ascenseur afin de permettre la réalisation d’essais répondant à différents objectifs (avec ou sans cage ascenseur ; truie libre ou bloquée).

Après plusieurs mois de fonctionnement, Didier Pilorget, le responsable de la partie naissage de la station, nous livre ses impressions. Le premier gros constat est que « la mise en service des cases liberté (ouverture des cages six jours après la mise bas) a conduit à une augmentation des pertes par écrasement. Elles sont généralement plus importantes le jour de la mise en liberté de la truie, puis se réduisent ». Cependant, les cages ascenseurs ont plus que compensé ces pertes, ce qui a permis de sevrer plus de porcelets. « Au final, nous sommes passés de 288 porcelets sevrés en routine à 310. Mais il convient également de considérer l’amélioration naturelle de la prolificité des truies au cours du temps. » Ces tendances seront à confirmer sur des essais dédiés à cette thématique conduits sur des lots d’animaux contemporains.

En effet, les particularités de la station ne permettent pas d’interpréter les résultats comme dans d’autres élevages. Certains essais pouvant améliorer ou dégrader les performances de l’élevage selon les contraintes demandées par les protocoles mis en place. A contrario, avec ce type de case, Didier observe qu’il est plus difficile d’avoir des lots d’animaux homogènes : « Les porcelets ayant plus de place, il est généralement plus compliqué pour les chétifs ou les splay legs de circuler de la tétine à la niche, ce qui peut occasionner des écarts de croissance. En case conventionnelle, il était plus facile de rattraper leur retard ».

Le comportement des truies plus imprévisible

« Ce changement d’aménagements a aussi occasionné des changements dans nos habitudes de travail », comme le précise Didier. Dans une case liberté le comportement des truies est complètement différent et bien plus imprévisible. Il ajoute que « par le passé, nous avons toujours eu à gérer quelques truies agressives autour de la période des soins aux porcelets mais les risques restaient minimes avec des cages bloquées. Maintenant, nous devons rester prudents dès que nous devons rentrer dans une case, car même des truies qui étaient calmes par le passé peuvent devenir dangereuses une fois en liberté. L’agressivité est désormais une cause de réforme ». De ce fait, une méthode a été mise au point pour intervenir en sécurité. Pour entrer dans une case, l’opérateur passe par le coin niche, rabat le bat-flanc pour contraindre la truie à s’aligner devant l’auge, puis passe à l’arrière pour la bloquer dans la cage. Il peut ensuite intervenir à sa guise dans la case. Didier ajoute que « pour les porcelets, les manipulations sont également plus compliquées car la case est plus grande et le nid ne permet pas de bloquer les animaux sous les lampes. Il faut donc intervenir à deux la plupart du temps ».

Des détails d’importance pour le confort des animaux et des hommes

La case maternité mise en place à Romillé a été conçue sur mesure pour la station car il était nécessaire de concilier à la fois les contraintes liées aux essais, et les exigences de bien-être animal et d’ergonomie au travail. Trois adaptations spécifiques ont été réalisées en concertation avec l’équipementier Calipro.

 
En période de mise bas, Didier peut utiliser les trappes papillons pour intervenir rapidement sur les truies sans avoir à enlever toute la cloison. © Ifip
Tout le sol de la case est au même niveau : l’objectif est de permettre à la truie de disposer d’un sol plat sur toute la surface de la case afin de faciliter ses déplacements et son couchage, en supprimant la surélévation du caillebotis fonte de la truie. Un réglage a été trouvé sur le mécanisme de la cage ascenseur pour répondre à cette requête. « Cela est bénéfique pour la truie mais peut parfois générer quelques difficultés pour les porcelets afin d’accéder aux deux rangées de tétines », constate Didier.
La cage de la truie a été modifiée pour s’adapter au système ascenseur. L’objectif était de trouver la meilleure configuration permettant de répondre à trois enjeux : fixer les pieds des bat-flanc de la cage sur le cadre ascenseur relativement étroit, laisser suffisamment de place pour le couchage des truies ayant les gabarits les plus importants lorsqu’elles sont bloquées et permettre un système d’ouverture de la cage pour ouvrir une zone de circulation rectangulaire à la truie une fois en liberté.
Les conditions de travail ont été améliorées : une réflexion a été menée sur les cloisons. L’objectif était de concevoir une case avec un maximum de cloisons de 0,5 mètre de haut pour avoir une bonne visibilité. Là où les cloisons devaient faire 1,2 mètre de haut, des trappes papillons ont été ajoutées afin de pouvoir réduire leur hauteur lorsque les truies sont bloquées. Par ailleurs, un travail a également été fait sur le positionnement des néons afin de limiter les ombres projetées au sol et ainsi assurer une luminosité correcte dans la salle. Enfin, Didier considère que « l’installation d’un cooling en entrée d’air et la présence de niches dans les cases permettant une régulation bi-climat sont un vrai plus. L’ambiance dans les salles est plus fraîche et c’est plus agréable d’y intervenir ».

Des tests pour améliorer la propreté des cases

L’Ifip a mené des investigations dans les nouvelles maternités liberté de Romillé afin de limiter le salissement de ce type de cases. L’objectif est d’inciter les truies à faire leurs déjections sur le caillebotis fil à l’arrière de la zone bloquée et éviter le salissement de l’aire d’exercice constituée d’un caillebotis plastique. Durant la première période de liberté qui va de leur arrivée en maternité jusqu’à la mise bas, les truies font leurs déjections dans plusieurs endroits de la case. Quand les truies sont libérées, après la castration des porcelets, les scores de propreté s’améliorent fortement, grâce au piétinement qui facilite l’évacuation des déjections. La contention des truies durant la première journée qui suit leur arrivée en maternité réduit la présence de déjections au niveau de l’aire d’exercice, à proximité du nid et au milieu de la case. Cependant, l’effet est limité et ne justifie pas nécessairement cette pratique. La mise en place d’une toile de jute ou d’une corde dans un coin de la case a, par contre, un effet inverse à celui recherché : cette zone est plus sale quand l’objet est présent, les truies ayant fait leurs déjections à cet endroit plutôt que sur le caillebotis fil à l’arrière de la zone d’alimentation. Cela traduit une faible utilisation ou intérêt de ces matériaux en dehors de la phase de nidification, les animaux ne salissant pas en général les zones attractives.

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