La résilience n’a pas de modèle unique en élevage de porc
Une étude récente européenne montre que la durabilité économique des systèmes intensifs et extensifs ne suit pas une recette unique, et dépend surtout de la capacité à s’adapter et à gérer les risques.
Une étude récente européenne montre que la durabilité économique des systèmes intensifs et extensifs ne suit pas une recette unique, et dépend surtout de la capacité à s’adapter et à gérer les risques.
L’objectif est d’évaluer la capacité des élevages à résister aux chocs et à s’adapter, dans un contexte marqué par la volatilité des marchés et le renforcement des exigences environnementales et sociétales. Les résultats mettent en évidence des logiques contrastées malgré des niveaux de résilience comparables. Ils démontrent que la résilience économique ne se construit pas avec une recette unique, mais par des stratégies adaptées aux réalités propres à chaque système. Les élevages extensifs, malgré une productivité plus faible, peuvent être rentables grâce à des stratégies de différenciations (races locales, certifications). De plus, leurs besoins en infrastructures plus faibles facilitent l’innovation. Les élevages intensifs affichent une plus grande flexibilité dans les relations avec leurs fournisseurs et une organisation collective plus importante, leur conférant un pouvoir de négociations supérieur. Pour construire leur étude, les chercheurs ont défini la résilience économique des élevages à travers trois dimensions : résilience des ressources (modernité des bâtiments, capacité d’investissement, capital humain), entrepreneuriat (pouvoir de négociation, coopération horizontale entre éleveurs, etc.), propension à l’extensification (volonté ou capacité d’orienter l’élevage vers des pratiques moins intensives).
Lisa Le Clerc, lisa.leclerc@ifip.asso.fr
Côté biblio
Economic Resilience in Intensive and Extensive Pig Farming Systems. Giglio, L. ; Rousing, T. ; Łodyga, D. ; Reyes-Palomo, C. ; Sanz-Fernandez, S. ; Soffiantini, C.S. ; Ferrari, P. Sustainability 2025, 17, 7026.
S’adapter et gérer les risques pour résister
Lisa Le Clerc, Ifip-Institut du porc
L’étude souligne un résultat qui offre un parallèle intéressant avec la filière porcine française : la résilience économique des élevages ne dépend pas seulement du niveau d’intensification, mais surtout de leur capacité à s’adapter et à gérer les risques. En France, où l’élevage porcin repose majoritairement sur des systèmes conventionnels et solidement organisés en coopératives, cette structuration constitue un atout pour la stabilité. À l’inverse, les modèles extensifs — bio, plein air, AOP — restent très minoritaires mais peuvent offrir des voies de valorisation intéressantes, sur des marchés plutôt de niche. Dans un environnement soumis à une forte volatilité et à des exigences croissantes, renforcer les outils de gestion des risques et faciliter l’investissement permettra de soutenir durablement nos systèmes.