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La Faf partielle évolue au rythme de l’élevage Porcs Joly

Jeune installé sur l’exploitation familiale, Jonathan Aubry a réinvesti dans la Faf simplifiée destinée à l’alimentation des porcs charcutiers avec l’objectif de mieux maîtriser le coût alimentaire et gagner en autonomie.

Jonathan Aubry, du Gaec Porcs Joly a investi dans une cellule à blé de 414 tonnes et a construit un local soupe en tôle et bardage isolés.
Jonathan Aubry, du Gaec Porcs Joly a investi dans une cellule à blé de 414 tonnes et a construit un local soupe en tôle et bardage isolés.
© A. Puybasset

Les nouveaux investissements réalisés sur la Faf du Gaec Porcs Joly sautent aux yeux dès l’arrivée sur le site d’élevage de 220 truies naisseur-engraisseur situé à Buléon dans le Morbihan : à savoir, une cellule extérieure de plus de 12 mètres de haut pour stocker quelque 360 tonnes de blé et un vaste local pour accueillir la machine à soupe et le maïs stockeur neufs.

Ces investissements se sont faits dans la continuité des travaux engagés sur l’exploitation depuis l’installation en 2019 de Jonathan Aubry, associé avec sa mère Lydie. « Nous avons commencé par reconstruire un post-sevrage, puis enchaîné avec la construction de 500 places d’engraissement en soupe et la rénovation de 500 places supplémentaires, pour atteindre une capacité de 1 600 places de porcs charcutiers », a-t-il expliqué à l’occasion d’un rallye Faf organisé par son groupement Evel’up.

Solène Launay et Thierry Lahaye d’Evel’up entourant Jonathan Aubry, lors du Rallye Faf : « L’écart de coût matière entre un aliment Faf et complet n’a jamais été aussi élevé. »
Solène Launay et Thierry Lahaye d’Evel’up entourant Jonathan Aubry, lors du Rallye Faf : « L’écart de coût matière entre un aliment Faf et complet n’a jamais été aussi élevé. »
© A. Puybasset

« Je me suis installé avec la reprise de 42 hectares de cultures, permettant de doubler notre capacité foncière. Investir dans la Faf était une suite logique pour répondre à l’augmentation des volumes d’aliment à fabriquer, tout en améliorant la valorisation de nos céréales et en maîtrisant notre coût alimentaire. »

100 % du blé et du maïs stocké à la récolte

La fabrique d’aliment partielle a démarré en 2009 avec la valorisation du maïs humide, stocké en silo couloir extérieur. Jusqu’à présent, les éleveurs valorisaient leur blé en le stockant chez un fabricant d’aliment, avec une prestation de livraison et de broyage (coût de 22 euros la tonne).

Avec la nouvelle cellule Privé, installée depuis juillet 2020, ils stockent désormais à la récolte la totalité de leurs besoins annuels en blé, produit sur l’exploitation et complété par un approvisionnement local acheté en prix ferme. C’est aussi le cas du maïs humide, grâce aux trois silos couloirs représentant 500 tonnes équivalent sec. La Faf produit la totalité des aliments pour porcs charcutiers (croissance et finition), soit 1 200 tonnes par an à partir d’un complémentaire à 30 %.

 

Un chargement à débit élevé dans la cellule à blé

 
Le maïs stockeur (à droite) avec racleur dans le fond a été réhaussé par l’éleveur pour gagner une tonne de capacité de stockage. © A. Puybasset

 

Pour le chargement de la cellule à blé équipé d’un venticône, l’éleveur a fait le choix d’une vis mobile permettant de gros débits (jusqu’à 100 tonnes par heure). « Il faut compter 15 minutes par remorque. » La fabrique est très simple. Le blé est broyé chaque soir par un broyeur à marteaux à un débit d’une tonne par heure puis est stocké dans un silo tampon équipé d’un système de récupération des poussières. Le maïs, est versé 4 à 5 fois par semaine dans le maïs stockeur de 2,2 tonnes. Le mélange se fait dans une machine à soupe cubique Big Dutchman.

Ces nouveaux équipements ont coûté 124 000 euros (traité en 2019), dont 65 000 euros pour le stockage du blé et 23 000 euros pour le local soupe, en tenant compte d’une part élevée d’autoconstruction et de la récupération de la charpente d’un ancien bâtiment.

Les annuités ont été évaluées à 9,8 euros la tonne, un montant qui n’intègre pas le coût de la machine à soupe et qui tient compte du dernier silo couloir pas encore amorti. « À partir de ce chiffre, le coût de la Faf est calculé à 24,7 euros la tonne puis à 19,4 euros après 7 ans », chiffre Solène Launay, conseillère nutrition et matières premières d’Evel’up. Ce coût intègre 9,40 euros de charges de fonctionnement (broyage du maïs par un prestataire) et 5,50 euros de main-d’œuvre (15 minutes par tonne, surtout liées au chargement du maïs dans la trémie de stockage).

Un écart de coût d’aliment qui se creuse

Evel’up a estimé le coût matière des aliments croissance-finition, avec une formule comprenant 43 à 50 % de maïs et un complémentaire à 30 % (soja, colza, orge, minérale) et dans le cas où 100 % des céréales sont stockées à la récolte. « Calculé en prix spot au 1er février 2022, l’écart de coût matière est de 59,80 euros la tonne, soit 35,40 euros la tonne de coût d’aliment (coût de Faf inclus), par rapport à un aliment complet à gamme d’aliment identique. »

Cela représente un gain potentiel sur l’année de 43 000 euros à l’échelle de l’élevage Porcs Joly. « L’écart de coût matière à tendance à augmenter avec le temps. Avec l’inflation actuelle des matières premières, il n’a jamais été aussi important, constate Thierry Lahaye, technicien Faf d’Evel’up. Une évolution à mettre toutefois en parallèle avec la hausse du prix de l’acier qui va également impacter le coût de la fabrique d’aliment.

 

 

 

L’éleveur a par ailleurs pu bénéficier d’une subvention PCAEA de 50 000 euros (Gaec à deux, majoration JA), certains travaux liés à construction de bâtiment et la fabrication de l’aliment à la ferme étant éligibles. Son prochain projet d’aménagement porte sur la création de silos couloirs maïs sous un hangar couvert de panneaux photovoltaïques.

Un écart de coût alimentaire estimé à 35 euros la tonne

 

 
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