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« J’ai renforcé la cohérence de mes bâtiments porcins pour produire plus à moins cher ».

À la SCEA de Kerroc’h, le nombre de kilos produits a progressé d’un tiers et le prix de revient a baissé de 0,16 euro le kilo de carcasse grâce à la construction d’un post-sevrage neuf et des places de maternité tampon pour avoir une chaîne de bâtiments cohérente.

Éleveur à Sizun dans le Finistère, à la tête de 480 truies naisseur engraisseur, en association avec son frère Michel au sein de la SCEA de Kerroc’h, Jean-Jacques Breton rentre pleinement dans la démarche de valorisation des données technico-économiques générées par la GTE et la GTTT proposée par son groupement Porc Armor Évolution. 

Lire aussi : Bâtiment post-sevrage : Une gestion optimisée pour 2 200 places de porcelets

C’est ce qui lui a notamment permis de passer en peu de temps de 820 000 à plus de 1,1 million de kilos de carcasse produits par an, uniquement en renforçant la cohérence de sa chaîne de bâtiments. « Avec mon technicien Thierry Boulet, nous nous étions rendu compte que quelque chose n’allait pas en post-sevrage », se souvient-il. Taux de pertes élevé, faibles croissances, hétérogénéité des porcelets à la mise à l’engraissement, forte médication… « Les chiffres traduisaient une surcharge du bâtiment, une dégradation des conditions de logement des animaux et du sanitaire. » Par ailleurs, les deux maternités de 36 places ne permettaient pas de sécuriser l’objectif de production de 500 porcelets toutes les deux semaines.

Retrouver de la cohérence

Suite à ce constat, décision est prise de construire un post-sevrage neuf de 2 000 places et deux salles de maternité tampon de huit places chacune, afin de retrouver de la cohérence entre le cheptel reproducteur existant et le nombre de places d’engraissement. Quatre ans après, le constat est sans appel. « Le nouveau post-sevrage nous a permis d’augmenter le poids de sortie des porcelets de 12 kg grâce à de meilleures performances techniques et l’ajout d’un module supplémentaire. Le poids d’abattage a progressé de plus de huit kilos. L’amélioration du statut sanitaire des animaux a engendré une baisse du taux de pertes sevrage-vente de 3 % et l’indice de consommation global s’est amélioré de 0,11 point. » Ces améliorations techniques se sont traduites par une nette baisse du prix de revient de 0,16 euro par kg de carcasse (de 1,991 à 1,828 euro le kilo), malgré une augmentation des annuités de 0,04 euro le kilo générée par la construction des nouveaux bâtiments (620 000 euros). La dilution des charges fixes grâce à l’augmentation du nombre de kilos produits a permis de baisser le prix de revient de 0,11 euro le kilo de carcasse. À cela s’ajoutent un indice de consommation en baisse qui réduit le prix de revient de 0,05 euro le kilo, un recul des dépenses de santé (-0,012 euro le kilo) et des économies d’énergie grâce à l’isolation renforcée et le système de chauffage performant du post-sevrage neuf. « Il ne faut pas oublier également un confort de travail nettement amélioré qui contribue à la fidéliser nos salariés sur l’élevage », se félicite Jean-Jacques Breton.

Résultats technico-économiques avant et après la construction du nouveau postsevrage

 20182022Écart
Indice de consommation global2,882,77-0,11
Age à 30 kg76 j73 j-3 j
Age à 115 kg180 j173 j-7 j
Pertes en postsevrage3,3 %2,3 %-1 %
Pertes en engraissement5,9 %4,1 %-1,8 %
Indice de consommation 8-30 kg1,741,48-0,26
Poids de sortie du postsevrage28,2 kg40 kg+11,8 kg
Indice de consommation 8-105 kg2,482,40-0,08
Poids de vente117,9 kg126,3 kg+8,4 kg
Poids de carcasse89,8 kg96,2 kg+6,4 kg
Source : GTE éleveur

Fixer des objectifs de production

Pour faire progresser ses résultats technico-économiques, l’éleveur exploite l’intégralité des moyens mis à sa disposition par son groupement. À chaque clôture, il reçoit un document (Tech-Évolution) grâce auquel il peut évaluer ses niveaux de performances par rapport à la moyenne du groupement, au tiers supérieur et aux 10 % meilleurs. Il peut aussi les comparer à ses objectifs de production. « Cette comparaison est essentielle », rappelle Thierry Boulet : « un objectif non atteint dégrade fortement la rentabilité de l’élevage. Mais un dépassement prononcé peut aussi provoquer une dégradation des performances techniques, du sanitaire, et à terme, du résultat financier ». À la demande des éleveurs de la commission technique, l’équipe technique de Porc Armor Évolution a également créé un document appelé Eco-Évolution qui permet à chaque éleveur de calculer instantanément son prix de revient ramené au kilo de carcasse à chaque clôture de GTE. « Nous sommes des chefs d’entreprise, nous devons avoir des objectifs de production et pouvoir comparer en permanence nos coûts de production au prix de vente de nos porcs charcutiers », conclut Jean-Jacques Breton.

Repères :

Une chaîne de bâtiment cohérente après construction

54 IA pour 41 mises bas par bande
2 x 44 places en maternité (7 % de places tampon)
5 x 480 places en post-sevrage
8 x 480 places en engraissement

Côté éco

Les conséquences du renforcement de la cohérence de l’élevage sur le prix de revient :

Gain de 0,11 point d’IC global : -0,053 €/kg de carcasse
Réduction des dépenses de santé : -0,012 €/kg
Dilution des charges opérationnelles (+ 35 % de kilos de carcasse vendus) : -0,10 €/kg
Annuité en plus liée à la construction des bâtiments : + 0,04 €/kg
Amélioration du prix de revient : -0,16 €/kg

Jean-Jacques Breton, SCEA de Kerroc’h

« La priorité, c’est le volume »

 
<em class="placeholder">Jean-Jacques Breton, SCEA de Kerroc’h</em>
Jean-Jacques Breton, SCEA de Kerroc’h © D. Poilvet

« Il est parfois nécessaire de faire un bilan de son élevage et de regarder ce qui ne va pas si les objectifs de production ne sont pas atteints. Évaluer la cohérence des bâtiments, mesurer les surfaces disponibles, analyser pourquoi certains critères techniques ne sont pas bons sont nécessaires pour, ensuite, prendre les bonnes décisions afin de produire le maximum de kilos de carcasse permis par son outil de production. Ensuite, la finalité est de vendre aux abattoirs ce que veulent les consommateurs. Notre exploitation est labellisée Haute valeur environnementale (HVE) grâce à une part importante de nos terres exploitées en productions biologiques. Ce label est valorisé par notre abattoir et nous permet d’obtenir une plus-value à la vente. »

Thierry Boulet, responsable des études économiques Porc Armor Évolution

« Tout ce qui est mesuré peut être amélioré »

 
<em class="placeholder">Thierry Boulet, responsable des études économiques Porc Armor Évolution</em>
Thierry Boulet, responsable des études économiques Porc Armor Évolution © D. Poilvet

« Au groupement Porc Armor Évolution, 70 % des élevages sont suivis en GTE et GTTT. Avec la commission technico-économique composée de dix éleveurs et présidée par Jean-Jacques, nous avons créé de multiples services qui permettent de valoriser les résultats technico-économiques et d’accompagner nos adhérents à améliorer leur prix de revient. Nous avons également créé sept groupes de progrès sur l’ensemble de la zone du groupement qui permettent aux éleveurs de se comparer entre eux et échanger sur leurs projets ».

Un suivi instantané des volumes produits sur un calendrier

À chaque sevrage, Jean Jacques Breton note sur un calendrier le nombre de porcelets sevrés à la date du sevrage + 20 semaines, soit 160 jours d’âge.

 

 
<em class="placeholder">Le nombre de porcelets sevrés est noté à chaque sevrage sur un calendrier.</em>
Le nombre de porcelets sevrés est noté à chaque sevrage sur un calendrier. © D. Poilvet

« Je peux ainsi anticiper des baisses du nombre de porcs vendus afin de mieux gérer ma trésorerie », fait-il remarquer. « En rapportant ces infos sur les fiches traçabilité, cela me permet aussi d’anticiper mes annonces et optimiser les poids et le pourcentage de porcs dans la gamme. »

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