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Hydrogène sulfuré : anticiper les risques pour protéger les travailleurs en élevage porcin

L’hydrogène sulfuré est un gaz sournois pouvant provoquer de graves problèmes de santé. Des mesures de prévention sont essentielles pour protéger les travailleurs dans les élevages porcins.

<em class="placeholder">Effluents d&#039;élevage. Fosse à lisier. </em>
Un malaxage régulier du lisier évite la décomposition anaérobie et le risque de création de poche de gaz.
© D. Poilvet

Un éleveur ou salarié en élevage porcin exposé à des fortes concentrations en hydrogène sulfuré (H2S), supérieures à 500 ppm, peut en mourir.

En effet ce gaz inhibe la production d’énergie des cellules humaines induisant la mort cellulaire. Il a également des effets physiopathologiques sur le système nerveux pouvant entraîner des séquelles. Aussi, à plus de 100 ppm de concentration, ce gaz bloque l’odorat de la personne exposée. Le travailleur en élevage ne sentira donc pas le danger. En élevage porcin, ce gaz est produit dans les fosses de stockage ou les préfosses. Étant plus lourd que l’air, des poches d’H2S se forment et restent au fond du volume de lisier. Mais lorsqu’il y a une intervention, les poches de gaz se brisent et libèrent une quantité plus ou moins importante de ce gaz.

La libération d’H2S peut se faire à distance

Lors des opérations de pompage/malaxage, plusieurs opérations peuvent augmenter le risque ou la durée d’exposition : les difficultés à ouvrir la porte d’accès à la fosse, la manœuvre du tracteur à l’approche ou la panne d’équipements de travail (malaxeur, tuyau de pompage, tonne à lisier). Il existe deux types de risques : soit l’intervenant est posté trop près lorsque les gaz se libèrent soit la libération des gaz se fait à distance suite à des défauts de conception.

Moins de poches de gaz en malaxant le lisier

Pour éviter les risques liés à l’exposition à l’hydrogène sulfuré en élevage porcin, il faut tout d’abord que la fosse à lisier soit bien protégée : Elle doit être entourée d’une barrière, d’un mur ou d’une clôture de 2 mètres de haute. L’entrée est à verrouiller en permanence (cadenas, clé, code), avec un point d’intervention sécurisé pour le pompage/malaxage (accès, hauteur, couverture). Un panneau d’avertissement est à mettre en place : risque de chute, risque d’intoxication ou encore accès réservé. Enfin, une butée est à installer pour le tracteur. Dès la conception, il est nécessaire en mettre en place une couverture de fosse (simple ou méthanisation passive) et un malaxeur électrique programmable. En effet, le malaxage évite la décomposition anaérobie et le risque de création de poche de gaz. L’organisation du travail doit être sereine. Le brassage/malaxage à la dernière minute est à éviter. Aussi, une programmation de l’homogénéisation de la fosse est à faire régulièrement. En cas de travaux, il ne faut absolument pas faire d’intervention en surplomb de la fosse ou à proximité. Si une intervention d’urgence doit être réalisée, il faut composer le 18. Les pompiers sont formés et équipé pour cela. Si une vie humaine est en jeu, même si le travailleur est formé et équipé, il ne faut jamais intervenir seul mais toujours en binôme à distance avec un téléphone au minimum. L’équipement à utiliser est une protection respiratoire avec adduction d’air neuf (ARI) ainsi qu’un détecteur multigaz.

Du matériel adapté dans les bâtiments

Dans les bâtiments, une surveillance visuelle régulière et organisée de l’état des caillebotis est à réaliser. Pour lever les caillebotis, le travailleur peut utiliser « un bras d’Hercule ». La surveillance lors du vide sanitaire et des travaux de lavage est à programmer. Enfin il est important de prévoir le coût des changements réguliers dans les investissements. Dès la conception, il vaut mieux privilégier des caillebotis et structures en matériaux imputrescibles et résistants au poids des animaux (structure plastique, inox ou fibre de verre). L’évacuation fréquente des déjections permet de limiter la production d’H2S. Enfin, il est nécessaire de prévoir une conception qui empêche les reflux dans le bâtiment s’il y a brassage de la fosse principale.

Solène Lagadec, solene.lagadec@bretagne.chambagri.fr

Côté web

Lien vers le webinaire organisé en mars par le réseau REPRAN ici

REPRAN, un réseau pour sensibiliser aux problèmes respiratoires

Le REPRAN (Réseau Pathologies Respiratoires Agricoles National) est un réseau national situé à Besançon. Il est dédié aux travailleurs et travailleuses agricoles (salariés, non-salariés, employeurs) confrontés à des problèmes respiratoires. Il offre également des informations précieuses sur les risques et les maladies respiratoires qui peuvent se développer pendant leur activité professionnelle. Le REPRAN joue par ailleurs un rôle essentiel dans la sensibilisation des professionnels de la santé aux risques respiratoires liés à l’agriculture. Fruit d’un partenariat entre les caisses MSA et les équipes des CHU, ce réseau est piloté par une équipe composée de la CCMSA, de la MSA de Franche-Comté, du CHRU de Besançon et de l’ASEPT FCB.

Plus d’info sur ce réseau en cliquant ici 

Solène Lagadec, chambre d’agriculture de Bretagne

Solène Lagadec Ifip

« Des mesures préventives pour prévenir les risques »

L’hydrogène sulfuré est un gaz sournois dont la libération est hétérogène. La mise en place de solution que ce soit au niveau de la fosse de stockage ou de la préfosse permet de prévenir les risques liés à ce gaz et de travailler sereinement.

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